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[Interview] Cloud, hardware, développeurs... Peggy Johnson, CEO de Magic Leap, expose sa stratégie

Entretien Peggy Johnson, nouvelle CEO de Magic Leap, était présente au salon Viva Technology 2021 pour partager sa vision de la réalité augmentée et de son rôle clé dans la prochaine étape de la transformation numérique des entreprises. L'Usine Digitale a pu s'entretenir avec elle à cette occasion pour faire le point sur sa stratégie pour repositionner l'entreprise, ainsi que sur la prochaine version du casque Magic Leap.
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Cloud, hardware, développeurs... Peggy Johnson, CEO de Magic Leap, expose sa stratégie
[Interview] Cloud, hardware, développeurs... Peggy Johnson, CEO de Magic Leap, expose sa stratégie © Inti St. Clair

L'Usine Digitale : Vous avez recentré Magic Leap sur les usages en entreprise. Quels sont les marchés verticaux sur lesquels vous vous concentrez pour le moment ?
Peggy Johnson
: Il y en a trois principaux : en premier lieu la santé, car les chirurgiens sont habitués à porter des écrans devant leurs yeux, puis le secteur public, et enfin la fabrication industrielle. Ce dernier secteur est celui qui a connu la plus forte croissance durant la pandémie de Covid-19, car les entreprises devaient continuer à faire tourner leurs usines mais avec moins de personnel, et nos solutions leur ont permi de mettre en place la collaboration à distance dans ces environnements.

Vous êtes en concurrence avec Microsoft et son HoloLens, ce qui n'est pas une mince affaire. Quelle est votre stratégie pour les battre ?
Notre partenariat pluriannuel avec Google est l'une des clés de notre stratégie. Nous avons la technologie et le hardware, et Google peut nous aider à la déployer sur le marché. C'est un partenariat autour du cloud, mais aussi des outils nécessaires pour accompagner les cas d'usage de réalité augmentée, ainsi que la Google Cloud Marketplace qui va nous permettre de distribuer des services partagés à l'échelle globale.

Cela inclut des solutions comme le "remote rendering" ?
Oui, nous travaillons notamment avec eux sur ce sujet.

Qu'en est-il du partenariat Cloud XR que vous avez annoncé récemment avec Nvidia ?
Nous collaborons de manière générale pour améliorer les expériences XR.

Côté matériel, est-ce que le Magic Leap 2 est toujours prévu pour le quatrième trimestre 2021 ?
Oui, pour notre programme d'accès anticipé. Un certain nombre de partenaires avec lesquels nous travaillons recevrons les premiers appareils en fin d'année. Ils nous aideront à le peaufiner avant la disponibilité générale au premier trimestre 2022.

Est-ce que ce Magic Leap 2 aura toujours un compute pack séparé du casque ?
Oui, car cela permet déporter le poids et la chaleur du casque. C'est l'un des éléments qui nous démarquent de la concurrence. Ce sera un appareil fait pour être porté tous les jours et toute la journée. Il sera deux fois moins volumineux que le Magic Leap One, 20% plus léger et son champ de vision sera deux fois plus élevé.

Et cette fois-ci le System-on-Chip sera fourni par AMD et plus par Nvidia ?
Oui, le Magic Leap 2 utilisera une puce "semi-custom", résultat d'un partenariat avec AMD. Elle aura une puissance de calcul trois à quatre fois supérieure à celle de notre premier système. Cela permettra aux entreprises de véritablement transformer leurs usages.

La pénurie de composants électroniques ne perturbera pas la sortie ?
Non, nous n'avons pas de souci de volumétrie, nous avons généralement été épargnés par ces problèmes.

Au niveau du prix, est-ce qu'on restera sur une tarification similaire à celle du Magic Leap One ?
Nous n'avons pas encore déterminé le prix.

Qui dit marché B2B dit partenariats avec des fournisseurs de solutions logicielles. Comment se développe votre écosystème, sachant que l'entreprise était jusqu'à l'année dernière plutôt concentrée sur les expériences grand public ?
Cela se passe très bien. Nous sommes désormais très concentrés sur les verticaux évoqués plus tôt. La collaboration avec d'autres entreprises se passe à merveille. Elles parviennent à souligner le retour sur investissement que permettent nos appareils pour ces marchés. Le marché grand public est beaucoup plus difficile à desservir, car l'appareil doit faire la bonne taille et doit avoir un écosystème beaucoup plus large. Il est préférable de prouver d'abord l'intérêt de la technologie sur le marché B2B.

Pouvez-vous me citer certains de ces partenaires ?
Brainlab est un excellent partenaire pour nous dans le médical. Talespin aussi pour l'assurance. Et il y a Taqtile pour le secteur manufacturier.

Combien en avez-vous au total à l'heure actuelle ?
Nous ne communiquons pas le chiffre, mais nous recherchons des ISVs qui ont déjà une solide clientèle. De manière générale nous voulons avoir un écosystème solide au lancement de Magic Leap 2.

Et concernant les clients finaux, quelle typologie d'entreprise recherchez-vous ? Plutôt des grandes entreprises ?
Des entreprises innovantes qui cherchent à se réinventer par la transformation numérique. C'est un peu comme ce fut le cas pour l'adoption du cloud. Nous cherchons des sociétés qui ont une appétence et des ressources pour travailler avec nous sur les solutions qui seront mises en place pour elles. La taille de l'entreprise en soit n'importe pas.

Est-ce que vous envisagez un retour sur le marché grand public à terme, et si oui, à quel horizon ?
C'est difficile à prédire, mais je pense que l'industrie du téléphone mobile est un bon indicateur. Ces appareils étaient volumineux et lourds au départ, et ils étaient surtout utilisés par les commerciaux itinérants qui travaillaient depuis leur voiture, car cela leur évitait d'avoir à trouver un téléphone quelque part. Cela a tiré le marché, ce qui a permis de réduire la taille des composants, jusqu'à arriver là où nous en sommes aujourd'hui. Nous en sommes encore au tout début de cette courbe avec la réalité augmentée pour l'entreprise. Si cela suit la même trajectoire que pour les téléphones, cela prendra pas mal d'années.

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