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[Interview] La stratégie de Microsoft pour multiplier les déploiements d'HoloLens ? S'adresser au client final

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Entretien Microsoft a annoncé deux applications professionnelles de réalité mixte, Remote Assist (aide à distance) et Layout (aménagement d'espace), lors de la conférence Build 2018. L'Usine Digitale était sur place et en a profité pour s'entretenir avec Lorraine Bardeen, General Manager of Mixed Reality for Workplace, afin d'avoir plus de détails sur les projets de Microsoft en la matière.

La stratégie de Microsoft pour multiplier les déploiements d'HoloLens ? S'adresser au client final
Lorraine Bardeen sur scène lors de la keynote d'ouverture de Build 2018. © Microsoft

L'Usine Digitale : Remote Assist et Layout seront-elles disponibles en France dès le 22 mai prochain ? Combien de temps durera la période d'utilisation gratuite ?

Lorraine Bardeen : Oui, elles seront disponibles dans chaque pays où HoloLens est commercialisé. Concernant l'essai gratuit, cela va durer un petit moment. Nous avons eu une toute petite preview avec quelques clients. Nous avons passé trois à quatre mois à travailler dessus avec eux. Il nous faudra donc plus de temps pour peaufiner les applications avant la sortie commerciale.

 

Est-il possible de modifier ces expériences pour les adapter aux besoins spécifiques d'une entreprise ?

L. B. : Remote Assist n'est pas personnalisable. Mais il est possible d'importer n'importe quel document dont vous avez besoin, et nous allons continuer à augmenter le nombre de types de fichiers compatibles. Pour Layout il y a des possibilités d'extensions. Nous avons découvert qu'un grand nombre de personnes utilisent Visio pour créer des plans d'aménagement d'espace. Nous avons donc travaillé en collaboration avec l'équipe en charge de Visio et une extension sera bientôt disponible. Et nous allons continuer.

 

Pour apparaître dans Layout, les modèles 3D doivent être importés à l'aide d'un outil dédié. Quelles sont les limites de cet outil, quels types de fichiers peuvent être importés ?

L. B. : L'outil d'importation utilise la technologie Simplygon, une start-up que nous avons rachetée l'année dernière. Il réduit la complexité des fichiers et les convertit. Deux types de fichiers CAD sont supportés à l'heure actuelle.

 

À quel genre de business model doit-on s'attendre ? Comment ces applications pourront être obtenues ?

L. B. : Nous n'avons rien annoncé sur ce plan pour le moment. Nous voulons nous assurer d'offrir la bonne valeur au bon prix. Mais nous anticipons un modèle similaire à celui dont les clients acquièrent Office 365.

 

Lors de la keynote, vous avez parlé de deux autres cas d'usage majeurs : la formation et la collaboration produit. Vous avez aussi des projets en la matière ?

L. B. : Nous partagerons bientôt plus d'informations sur ces deux sujets, mais oui, nous y travaillons. Jusqu'à présent, nous avons aidé à concevoir de nombreuses solutions d'apprentissage sur-mesure. En travaillant avec ces clients, nous nous sommes aperçus qu'une bonne partie de ce que nous faisions était commune à toutes les applications. Nous allons donc nous concentrer sur la partie horizontale et laisser les clients gérer les aspects métier.

 

Il s'agira d'outils pour aider les entreprises à créer leurs propres modules de formation ?

L. B. : C'est ça.

 

Est-ce qu'il y a d'autres cas d'usage pour les "travailleurs sur le terrain" auxquels vous vous intéressez ?

L. B. : Bien sûr. Ceux que nous avons annoncés sont ceux pour lesquels nous sommes les plus confiants, mais il y en a beaucoup d'autres. On peut citer par exemple l'inspection de lieux, pour laquelle on peut combiner travail humain et données provenant de l'Internet des objets. Beaucoup d'entreprises nous demandent aussi de l'aide pour la fabrication industrielle. Elles ont besoin de s'assurer que les tâches sont bien effectuées et de mesurer l'efficacité de leurs processus. Aujourd'hui tout ça est fait sur papier. Et c'est aussi positif pour les travailleurs, qui veulent montrer qu'ils font du bon travail. Il y a également tout ce qui touche à la visualisation. Beaucoup de choses sont faites du côté de la préparation avant chirurgie, avec des échographies en 3D par exemple.

 

Et du côté des employés de bureau ?

L. B. : Nous regardons aussi ce qui peut être fait du côté des "information workers", c'est juste que les "firstline workers" ont un besoin plus urgent d'obtenir des solutions adaptées à leurs besoins. L'avantage c'est que nous pouvons tester ces usages sur nous-mêmes. L'un des exemples qui me vient en tête est celui de la collaboration interdisciplinaire. Certains problèmes nécessitent la collaboration de plusieurs métiers qui ne travaillent pas souvent ensemble. Cela leur permet de prendre de meilleures décisions. Ford appelle ça "jeter l'info par-dessus le mur". Ils ont découvert que les choses vont beaucoup plus vite de cette façon. Je pense qu'on va voir de plus en plus de collaboration de ce type à l'avenir.

 

Est-ce qu'on arrive enfin dans une phase de déploiement massif d'applications HoloLens en production ?

L. B. : C'est exactement ce que nous essayons de faire. Beaucoup d'entreprises ont fait des proof-of-concept ces deux dernières années. Certaines n'ont pas été plus loin, beaucoup d'autres l'ont fait mais en se spécialisant sur leurs besoins. Et elles nous disent qu'il y a certaines parties qu'elles ne veulent pas concevoir elles-mêmes.

 

Microsoft vient d'annoncer une nouvelle version de Kinect. Est-ce que votre équipe s'y intéresse ?

L. B. : Oui nous regardons ça. Nous faisons beaucoup d'efforts pour assembler diverses technologies dont dispose Microsoft pour nos clients. Nous essayons de porter la voix de nos clients en interne. Mais il faut aussi savoir fournir le bon service au bon client. Dans le cas de Kinect for Azure, l'intérêt se trouve dans les scénarios riches avec les services cognitifs. Par opposition, ThyssenKrupp Aerospace, dont nous avons parlé à la conférence, n'a besoin que de capteurs très simples.

 

Avec ces applications, ne risquez-vous pas d'entrer en concurrence avec vos partenaires du HoloLens Partner Program ?

L. B. : Nos partenaires m'importent à titre personnel. Oui, il est possible que nous entrions en conflit avec certains produits sur le marché. Mais nous nous sommes assurés qu'ils aient l'information les premiers. Nous avons mené une session de présentation détaillée avec eux la semaine dernière. Par ailleurs, nous essayons de nous concentrer sur la création d'une offre à l'échelle de Microsoft, et avec nos produits existants. C'est là que nous pouvons apporter le plus de valeur et qu'il est plus efficace que nous agissions contrairement à eux. Le but est d'être complémentaire.

 

Est-ce que vous travaillez aussi sur la réalité virtuelle ? Elle présente un gros potentiel pour le lieu de travail, par exemple pour le design, mais vous ne semblez pas très actifs sur ce plan…

L. B. : Nous n'avons pas d'application purement VR pour le moment. Nous regardons les cas d'usage. Il faut que ça ait du sens. Pour Remote Assist, par exemple, cela n'a pas d'intérêt, mais ça serait utile pour la formation. Et c'est pour ça qu'il y a un volet VR dans Layout. Nous ne l'avons pas juste inclus pour montrer que ça marche, c'est une fonctionnalité à haute valeur ajoutée. Les clients ont besoin d'avoir le scénario sur site, en réalité augmentée avec HoloLens. Mais il arrive fréquemment qu'il y ait des délais, qu'ils ne puissent pas se rendre sur les lieux au moment prévu. Utiliser la réalité virtuelle dans ce cas de figure permet de continuer à travailler malgré tout.

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