Isai lance un fonds de dette privée de 40 millions d'euros pour financer les start-up

Dans un contexte de ralentissement du capital-risque et de chute des valorisations, le recours au "venture debt" se développe dans le secteur technologique.

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Isai lance un fonds de dette privée de 40 millions d'euros pour financer les start-up

Le fonds d'investissement français Isai, un des financeurs historiques de la French Tech, annonce ce jeudi 1er septembre le closing d'un fonds de dette privée de 40 millions d'euros, voué à atteindre une taille de 80 millions d'euros.

Le véhicule est un FPCI (fonds professionnel de capital investissement), souscrit par des investisseurs institutionnels, Bpifrance, et des entrepreneurs. Il est destiné à financer à hauteur de 2 à 10 millions d'euros des start-up au modèle économique éprouvé, réalisant un chiffre d'affaires de 4 millions d'euros minimum et en croissance rapide.

une réponse à la situation économique actuelle

Isai appelle ce type de financement non dilutif du "growth lending", ou "prêt de croissance", mais on parle aussi de "venture lending" et de "venture debt". Selon Isai, il s'agit d'un "marché mature aux Etats-Unis", mais "qui émerge à peine en France". Le fonds de Jean-David Chamboredon explique que ces financements peuvent répondre "à des besoins variés : croissance organique ou externe, bridge vers un prochain tour de financement, une sortie ou la rentabilité, réorganisation actionnariale, etc".

Quel que soit le nom qu'on lui donne, ce type de financement se développe dans le contexte actuel, quand lever du capital devient plus difficile pour certaines start-up, qui sont par ailleurs encore trop jeunes ou trop peu rentables pour emprunter auprès des banques. Ne pas recourir à un financement en capital n'est pas forcément quelque chose de subi par les start-up.

En effet, les valorisations ayant baissé depuis plusieurs mois, certaines choisissent de recourir à la dette pour ne pas se faire trop diluer. Idem pour celles qui avaient prévu de s'introduire en Bourse et qui cherchent à tenir jusqu'à ce que les conditions de marché redeviennent plus favorables.

un marché en croissance

Les financements d'Isai prendront la forme d'obligations avec BSA (bons de souscription d’actions). C'est le même modèle que celui utilisé récemment par la start-up Navya. Les investisseurs sont rémunérés avec un taux d'intérêt supérieur à celui de la dette bancaire. "Dans le contexte actuel, nos souscripteurs apprécient l'espérance de rendement à deux chiffres de ce produit, couplé à un risque de perte en capital particulièrement faible grâce notamment à la séniorité des financements", indique dans un communiqué le directeur général d'Isai, Pierre Martini.

Aux États-Unis, le marché du venture-debt s'est élevé à 33,1 milliards de dollars selon Pitchbook, et le nombre de start-up y ayant recours a triplé ces dix dernières années. En août, The Information a révélé que le gestionnaire d'actifs Blackstone avait l'intention d'investir au moins 2 milliards de dollars dans la dette privée des start-up technologiques.

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