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"Je suis persuadé que Bouygues va échouer dans l'internet des objets", lance Ludovic le Moan de Sigfox

Sigfox, qui ambitionne de devenir un acteur mondial de l'internet des objets, n'a pas vraiment peur du futur réseau concurrent, LoRa, soutenu par Bouygues Télécom. Ludovic Le Moan, patron de l'opérateur en plein boom, prédit même l'échec de son rival.

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Je suis persuadé que Bouygues va échouer dans l'internet des objets, lance Ludovic le Moan de Sigfox
"Je suis persuadé que Bouygues va échouer dans l'internet des objets", lance Ludovic le Moan de Sigfox

Sigfox a tous les atouts pour devenir un acteur global de l'internet des objets. C'est le message délivré par Anne Lauvergeon, présidente du conseil d'administration de Sigfox, et Ludovic le Moan, PDG de la start-up basée près de Toulouse, lors de la Connected Conference, le 29 mai à Paris.

La levée de fonds de 100 millions d'euros bouclée en février dernier a permis à l'entreprise tricolore de franchir un vrai cap. "Auparavant, les géants de l'IT avaient du mal à traverser l'Atlantique pour venir nous voir ; c'est beaucoup plus facile depuis la levée de fonds", confie le PDG. Ludovic le Moan a d'ailleurs laissé entendre que la levée de fonds du spécialiste de la communication bas débit aurait pu être beaucoup plus importante, de l'ordre de 500 millions d'euros, mais que le Français a voulu se montrer raisonnable et sélectif, privilégiant des partenaires industriels comme Engie, Eutelsat et Air Liquide.

pas peur de la concurrence

Et ce n'est pas l'incursion de Bouygues Télécom sur ses terres (l'opérateur français a annoncé le lancement d'un réseau concurrent, LoRa, dans les prochaines semaines), qui lui fait peur.  "Je suis persuadé qui Bouygues Télécom va échouer dans l'internet des objets. Je suis même prêt à le parier, a tranché, sans détour, le patron de Sigfox. Ils sont enfermés par leur histoire, leur héritage, ils ne peuvent pas aller vite pour réellement 'disrupter' le marché. Ce n'est pas la bonne approche. Si j'étais le PDG de Bouygues Télécom, je serais plutôt allé voir Sigfox plutôt que de m'en faire un rival."

Avec LoRa, qui s'appuiera sur les technologies de Semtech, Bouygues "n'a pas la bonne techno pour s'imposer globalement et sera trop dépendant vis-à-vis d'un seul fournisseur", juge-t-il sans ménagement. Anne Lauvergeon s'est amusée de cette pique à l'égard de la concurrence : "On dit de moi que je peux être agressive, mais je suis douce comparée à Ludovic."

start-up / grands groupes, le difficile dialogue

Au-delà du cas Bouygues Télécom, Ludovic Le Moan constate à quel point il est difficile de faire dialoguer start-up et grands groupes en France. "C'est un gros problème dans notre pays, c'est peut être psychologique, je l'ignore. En tout cas, il est très difficile pour des start-up de travailler avec de gros industriels en France, c'est un fait".

Sigfox a d'ailleurs signé des accords avec de nombreux opérateurs télécoms partout dans le monde (Telefonica, NTT Docomo ont même participé à sa levée de fonds)... mais pas en France. Il se pose pourtant en partenaire des acteurs télécoms davantage qu'en rival. Mais le message a du mal à passer sur ses propres terres. Et pas sûr que la stratégie de l'attaque frontale fonctionne, même si Anne Lauvergeon espère que les choses évolueront dans les prochaines années.

Sylvain Arnulf

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