Actualité web & High tech sur Usine Digitale

JO Paris 2024 : la business intelligence, le big data et les objets connectés sont les nouveaux dopants

Twitter Facebook Linkedin Google + Email
×

Tribune Lors des jeux olympiques de Londres, un demi-million de visiteurs étrangers ont dépensé en moyenne 1445 euros pendant leur séjour, générant un bénéfice de 853 millions d'euros pour la capitale anglaise. Plus qu’assez pour rendre la pelouse française plus verte que jamais, et il paraîtrait même que le big data, la business intelligence et les objets connectés ne seront pas en reste.

JO Paris 2024 : la business intelligence, le big data et les objets connectés sont les nouveaux dopants
JO Paris 2024 : la business intelligence, le big data et les objets connectés sont les nouveaux dopants © Graeme Pow

De nos jours, de grands volumes de données peuvent facilement être collectés pour mesurer les performances sportives : vitesse, nutriments, rythme cardiaque, ondes cérébrales et cycles de sommeil. En exploitant ces données à l’aide d’outils de Business Intelligence, il est possible de les interpréter pour déterminer les conditions optimales permettant à un athlète d’améliorer sa performance.

 

Les outils numériques boostent les performances des athlètes

Les derniers jeux olympiques à Rio nous en ont donné un exemple saisissant, avec l’équipe britannique qui a remporté trois médailles d’or et deux médailles de bronze en partie grâce à l’exploitation de données collectées lors des entraînements. En effet, les entraîneurs peuvent aujourd’hui analyser les données passées et actuelles pour comprendre le fonctionnement de chaque athlète et ainsi développer des entraînements et des équipements sportifs adaptés en conséquence. Cela décroit, par la même occasion, le nombre de blessures et le temps de récupération et de convalescence.

 

Mais pourquoi ne pas pas pousser plus loin la réflexion et imaginer que, demain, les chiffres générés par la Business Intelligence (BI) serviraient aux entraineurs lors de la sélection des athlètes ? La BI pourrait même être l'outil idéal pour définir les sports dans lesquels concentrer les investissements comme pour certains pays moins peuplés qui pourraient, dès lors, décider sur quels sports miser afin d’optimiser leurs chances de remporter des médailles d’or.

 

Les JO de Tokyo en 2020 prévoient, quant à eux, de révolutionner l'expérience des supporters en combinant Big Data et objets connectés. Ainsi, de nouveaux horizons s'ouvrent pour l’analytics avec, par exemple, la mise en place de capteurs placés dans les vêtements des sportifs. Si ces derniers seront bien utiles pour les juges, les fans pourront, de leur côté, visualiser en direct les rythmes cardiaques des coureurs ou encore chiffrer la vitesse des nageurs. Une nouvelle façon d’apprécier la préparation, le coaching et l'amélioration de la performance des athlètes.

 

La France a besoin d’un entraînement particulier pour suivre le rythme 

Au-delà de la visibilité sur les performances des athlètes, toutes ces nouvelles technologies pourront servir au pays qui reçoit les JO au niveau même de son fonctionnement, car n'oublions pas que 12 millions de franciliens continueront d’aller au travail quotidiennement pendant que les cyclistes remonteront les Champs-Elysées et que les Invalides seront investis par le tir à l’arc. Or, les embouteillages parisiens n’étant pas une légende, une analyse du transport public sera la bienvenue afin d’éviter le chaos constaté sur le réseau londonien durant les JO de 2012. Pour ce faire, il est nécessaire de collecter des données qualitatives et non plus seulement quantitatives, à l’instar de ce qui est fait dans le métro londonien où les usagers valident leur titre à l’entrée mais aussi à la sortie, permettant ainsi aux gestionnaires du réseau de mieux qualifier leurs déplacements quotidiens.

 

De plus, une coopération étroite entre les secteurs public et privé améliorerait le trafic, comme le prouve l’application Waze qui utilise les données partagées par des villes partenaires. La connectivité à bord fera également partie de l’équation pour analyser les embouteillages en temps réel. L’objectif est d’atteindre, d’ici 2024, la "Mobility as a service", déjà visée par certaines villes européennes comme Helsinki qui met en place un système d’information qui intégrera en temps réel tous les moyens de transport en circulation autour de la ville.

 

Modéliser et analyser les habitudes en termes de déplacement des usagers du réseau de transport urbain est d'une importance d'autant plus capitale pour Paris que la ville prévoit d'intégrer de nouveaux types de transport dans un futur proche tels que les vélos électriques, le covoiturage, les utilisateurs de Segway ou encore les voitures autonomes. Pourquoi ne pas s’inspirer du Japon, qui a déjà fixé la barre haute pour Tokyo 2020 ? Ce pays très ambitieux prévoit en effet de transporter les athlètes uniquement avec des taxis autonomes, et de les héberger dans un village Olympique fonctionnant à l'hydrogène avec des robots pour assurer le service.

 

De sérieux défis à relever

Pour mettre tout cela en place, Paris va devoir établir un réseau de routes dédiées aux déplacements liés aux Jeux Olympiques. Ne pas parvenir à anticiper et prédire les schémas de déplacement de la population pourrait s'avérer fatal, à la fois pour la performance globale et l'image qu'il en ressort, que pour certains commerçants parisiens. En effet, certaines routes commerçantes bloquées trop longtemps pourraient entraîner la fermeture de boutiques se trouvant dans l'incapacité de recevoir leurs livraisons.

 

Un autre défi pour le Big Data et la Business Intelligence sera la sécurité. Les JO représenteront une occasion pour la France de montrer sa force et de restaurer la confiance des citoyens après les terribles attentats qui l'ont frappée au cours des deux dernières années. Avec le Big Data vient l'analyse prédictive qui, grâce au Machine Learning et à l'exploration des données, pourrait largement aider à la détection de comportements et menaces terroristes. Elle est la meilleure arme pour déceler les ennemis.

 

le coup de feu est aussi donné Pour le secteur privé

De nombreuses opportunités sont à saisir avec l’étendue des investissements à venir. En plus des robots et des voitures autonomes, le futur semble tendre vers le développement de la 5G, les e-sports qui seront ajoutés à la liste des sports de Paris 2024, ainsi que la reconnaissance faciale qui remplacera peut-être l’usage des tickets et e-billets à l’entrée. Des secteurs propres à la Business Intelligence seront stimulés tels que le pari sportif. Les entreprises sont invitées à profiter des investissements technologiques publics et privés qui découleront de la préparation de l'événement.

 

Par ailleurs, l'analyse des données durant les Jeux Olympiques de Rio a donné une direction claire pour les entreprises : il faut qu'elles soient connectées et ce quelle que soit leur taille, sur les réseaux sociaux et accessibles depuis les smartphones et tablettes ! Elles devraient également s’équiper du e-paiement et du wifi gratuit avant l'ouverture des jeux, afin d’attirer les touristes lors de cette rencontre olympique. L'événement sera une excellente occasion pour les entreprises parisiennes de se moderniser. Qui a dit que les Jeux Olympiques étaient coûteux ? Paris 2024 est une vraie mine d'or et tout le monde devrait s’y essayer.

 

Robin DELASSUS, Consultant mc2i Groupe

Les avis d'experts et points de vue sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs et n’engagent en rien la rédaction.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

media

Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l'utilisation des cookies.OK

En savoir plus
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale