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"Jouer collectif", la stratégie gagnante des fintechs

La jeune banque mobile N26 propose désormais une offre de prêt personnel à ses quelque 100 000 clients français grâce à un partenariat noué avec la start-up parisienne Younited Credit. Cette stratégie de coopération articulée autour des API ouvertes est privilégiée par de plus en plus de fintechs. 

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Jouer collectif, la stratégie gagnante des fintechs
La banque mobile allemande a été créée en 2013 par Valentin Stalf (à droite) et Maximilian Tayenthal (à gauche). © N26

L'union fait la force et les fintechs l'ont bien compris. La néobanque allemande N26 annonce, ce mardi 12 décembre 2017, un partenariat avec la fintech française Younited Credit, spécialisée dans les prêts à la consommation.

 

Une réponse en 24 heures ouvrées

Grâce à ce rapprochement, la jeune banque mobile étoffe sa palette de services à destination de ses clients français (plus de 100 000) et réplique ainsi la stratégie qu'elle a mise en place sur son marché domestique. En Allemagne, N26 propose en effet une offre de crédit depuis plusieurs mois grâce à sa propre licence bancaire mais aussi via un partenariat noué avec la fintech Auxmoney pour répondre aux besoins des auto-entrepreneurs, des indépendants et des étudiants.

 

Concrètement, les utilisateurs français de N26 peuvent désormais souscrire à un crédit à la consommation allant de 1000 à 40 000 euros sur des durées de 24 à 72 mois, le tout depuis l'application mobile. "La réponse définitive à la demande est donnée en 24 heures ouvrées", promet la fintech allemande, réputée pour proposer une expérience utilisateur simple et rapide.

 

Développement en B2B2C

De son côté, Younited Credit entame, via cet accord, le développement de son activité en marque blanche. En septembre dernier, lors d'une levée de fonds de 40 millions d'euros, la start-up avait précisé vouloir utiliser cet argent frais pour déployer sa plate-forme sous forme d'API afin de la proposer en marque blanche à des partenaires, comme des assureurs, des opérateurs de téléphonie mobile... ou d'autres fintechs. "Cela nous permettra de toucher d'autres clients qui sont a priori plus captifs", avait expliqué Charles Egly, le cofondateur de Younited Credit.

 

N26 et Younited Credit ne sont pas les seules fintechs à coopérer en s'appuyant sur les API ouvertes. Lors de la conférence Fin&Tech Community, organisée le 8 décembre dernier par le pôle de compétitivité Finance Innovation, plusieurs binômes de fintechs ont partagé leur retour d'expérience à l'occasion d'une table ronde intitulée "Collaborations en vue chez les fintechs". C'est le cas par exemple des start-up Budget Insight et Paylead. "Nous fournissons des technologies d'agrégation de comptes à nos partenaires (une centaine, ndlr) pour produire des services innovants", explique Clément Coeurdoeil, cofondateur de Budget Insight. Paylead, de son côté, utilise cette technologie d'agrégation pour intégrer des offres de cashback contextualisées au sein des applications mobiles bancaires.

 

Des hubs d'API pour coopérer... et mieux se démarquer

Autre exemple avec la fintech Fundvisory, qui propose une solution de robo-advisor en B2B2C. Cette dernière utilise une API de la start-up Upsideo pour répondre à des exigences de conformité et de réglementation. "Nous avons tous un hub (qui permet d'interconnecter différents services grâce à des API ouvertes, ndlr). On se positionne en tant qu'utilisateur d'API tierces", explique Nicolas Gonzalez, CEO de Fundvisory. Pour lui, cette stratégie articulée autour d'un hub d'API est clé pour séduire les grands comptes. "Cela leur permet d'obtenir une solution globale en tapant sur une seule porte d'entrée mais aussi de diminuer leurs coûts d'intégration", détaille-t-il.

 

Ces API ouvertes, souvent présentées comme des briques de Lego, donnent aussi la possibilité aux différents acteurs de la banque (fintechs, opérateurs télécoms, acteurs traditionnels) d'étoffer plus rapidement leur éventail de produits et services pour répondre aux attentes des clients, tout en se concentrant sur leur cœur de métier. Résultat, le jeu de la "coopétition" semble désormais incontournable pour tirer son épingle du jeu à l'heure où la compétition dans l'industrie bancaire n'a jamais été aussi vive.

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