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Kejako simule l'oeil en 3D pour soigner la presbytie en "nettoyant" le cristallin au laser

A Saint-Etienne, la start-up Kejako, créée en 2018, entend soigner la presbytie et révolutionner l’ophtalmologie à partir d’un modèle 3D de l’œil paramétrique et un laser femtoseconde.
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Kejako simule l'oeil en 3D pour soigner la presbytie en nettoyant le cristallin au laser
Kejako simule l'oeil en 3D pour soigner la presbytie en "nettoyant" le cristallin au laser © Kejako

A partir de 45 ans, la presbytie commence peu à peu à affaiblir la vue. Le cristallin de l’œil perd de sa souplesse en vieillissant, impactant sa capacité à changer de forme pour s’adapter à ce qu’il regarde. Plusieurs solutions visent à résoudre cet inconfort dû à l’âge : le port de lunettes, de lentilles ou encore la chirurgie.

David Enfrun et Gilles Bos, fondateurs de Kejako et ingénieurs généralistes passés par les Arts et métiers, ont imaginé une nouvelle alternative. "Nous utilisons un laser femtoseconde avec un faisceau infrarouge pour désagglomérer la matière et redonner son élasticité au cristallin sans incision de la cornée. Nous le rajeunissons", détaille David Enfrun.

Avec ce procédé, la start-up Kejako souhaite traiter l’origine du problème plutôt que de le corriger afin de redonner une vision normale au patient pendant plusieurs années. "Les simulations et essais en cours montrent que l’on peut déjà traiter pendant trois ans la presbytie mais on veut apporter un maximum d’efficacité."

Un œil numérique
Avant d’aboutir à cette solution, les deux ingénieurs ont mené des études bibliographiques qui ont donné naissance à un modèle numérique avec les différentes parties de l’œil, incluant le cristallin mais aussi son système de ligaments, la rétine, le vitré ou encore la cornée. "Nous avons fait une représentation exacte de l’œil de patients, paramétré un jumeau numérique de chaque œil" précise David Enfrun.
 


Cet outil de simulation multiphysique intègre à la fois les fonctions mécaniques, fluidiques et optiques de l’œil. "Nous pouvons simuler l’accommodation visuelle, la capacité de l’œil à s’adapter, son vieillissement mais aussi simuler les solutions que l’on veut évaluer." Avec cet outil, la start-up planifie la procédure adaptée à chaque patient grâce à sa représentation numérique et dimensionne le traitement avant d’envoyer au laser le programme correspondant. "La simulation permet de diminuer la zone et le volume à traiter dans le cristallin et de garantir une performance minimale pour chacun en fonction de sa situation."

En route vers la commercialisation
Les deux dirigeants ont choisi de s’installer dans le bâtiment des hautes technologies de Saint-Etienne pour profiter de l’écosystème local incluant une école d’ingénieurs en optique, le Centre de l'innovation et des lasers en Ophtalmologie (CilO) du CHU de Saint-Etienne ainsi qu’un environnement économique susceptible d’accompagner la start-up jusqu’à l’industrialisation de son procédé. Alors que David Enfrun espère lancer la commercialisation de Kejako en 2024, il rappelle que la start-up vient d’initier une levée de fonds de 2,5 millions d’euros qui devrait aboutir avant l’été.

"Parallèlement, nous entrerons dans notre étude de sécurité début mars afin de montrer l’efficacité chez l’homme. Les résultats prévus fin juin participeront du résultat de la levée." Pour mener ces tests, la start-up a conçu son premier prototype de machine. "Kejako répond à un besoin du marché car on se rend compte que globalement les patients préfèrent une procédure efficace plutôt que l’inconfort lié au port de lunettes ou de lentilles dans le temps." Si la levée de fonds aboutit, la start-up prévoit de recruter entre trois et cinq salariés au cours de l’année.

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