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Kerlink, l'équipementier breton de l'internet des objets, entre en Bourse

L’équipementier breton de réseaux d’Internet des objets Kerlink compte lever 10 millions d’euros en Bourse. De quoi financer sa croissance sur un marché promis à un fort développement.
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Kerlink, l'équipementier breton de l'internet des objets, entre en Bourse
Kerlink, l'équipementier breton de l'internet des objets, entre en Bourse © LoRa Alliance

"La vague de l’Internet des objets s’apprête à déferler. C’est maintenant qu’il faut se positionner sur le marché et investir pour tirer parti de cette gigantesque opportunité. C’est-ce que nous voulons faire avec notre introduction en bourse." William Gouesbet, PDG-cofondateur de Kerlink, justifie ainsi le lancement de sa société sur le marché Euronext de Paris. L’opération est censée lui rapporter 10 millions d’euros (jusqu’à 15 millions d’euros en faisant jouant les options d’extension et surallocation). De quoi lui donner les moyens de conforter sa R&D et renforcer sa présence commerciale surtout à l’international.

 

Pionnier dans la technologie LoRa

Fondé en 2004 à Rennes par des anciens de Wavecom (une société de modules cellulaires rachetée par le canadien Sierra Wireless), Kerlink se présente comme un équipementier de réseaux d’Internet des objets en concurrence avec des acteurs comme Link Labs aux Etats-Unis ou Sagemcom en France. Son offre comprend non seulement des antennes mais aussi des logiciels de gestion des réseaux à destination d’opérateurs télécoms (Orange, Bouygues Télécoms…) et d’opérateurs privés (GRDF, SNCF, Transdev…). Depuis fin 2015, elle est étendue à des services technologiques visant à aider les industriels à rendre leurs produits connectés.

 

William Gouesbet revendique une avance sur le marché. "Nous avons été les premiers à prendre en 2011 le virage de l’Internet des objets de nouvelle génération, à lancer en 2013 un émetteur radio en technologie LoRa et à adhérer à l’alliance LoRa dès sa création début 2015", lance-t-il. Auparavant, sa société utilisait surtout les technologies cellulaires GSM, 3G et 4G, trop chères en exploitation pour favoriser un Internet des objets de masse.

 

Croissance de 40% par an

La PME bretonne, qui fonctionne sur un modèle fabless confiant la totalité de la fabrication à des sous-traitants en Bretagne, compte aujourd’hui 60 personnes, dont 30 en R&D. Depuis deux ans, elle jouit d’une croissance de plus de 40% faisant passer son chiffre d’affaire de 3,6 millions en 2013 à 7,4 millions en 2015. Mais elle reste encore déficitaire, avec une perte nette de près de 1 million d’euros en 2015. "Une situation due aux investissements consentis dans le renforcement des équipes commerciales et la mise en place d’un nouveau système ERP", explique Robert Clapham, directeur financier.

 

Dans l’Internet des objets de nouvelle génération, Kerlink a choisi de miser sur LoRa, une technologie qui offre, selon William Gouesbet, quatre avantages sur SigFox : la bidirectionnalité de transmission, la géolocalisation par triangulation, la capacité de passage à l’échelle, et l’ouverture. "Avec plus 300 membres au sein de l’Alliance LoRa, cette technologie est en train de s’imposer comme un standard de fait, estime-t-il. Ce n’est pas le cas de SigFox, qui contrôle tout depuis les modules de connectivité jusqu’aux services de réseau." Il recense 400 opérateurs télécoms dans le monde susceptibles de construire des réseaux LoRa d’ici 2020. De quoi offrir une opportunité de 3 milliards d’euros aux équipementiers.

 

50 réseaux Internet des objets en projet

"L’introduction en Bourse vise à accélérer notre croissance, confie le PDG. Nous voulons aussi devenir plus visibles et gagner en notoriété pour toucher plus facilement les opérateurs télécoms de premier rang comme Vodafone, T-Mobile, Orange, Verizon ou Telefonica." La société, qui revendique 120 clients actifs et un parc de 50 000 émetteurs radio répartis sur une centaine de réseaux, travaille aujourd’hui sur l’équipement de 50 réseaux d’Internet des objets pour des opérateurs télécoms. Elle compte allouer les fonds levés en bourse pour deux tiers au renforcement de la R&D et pour un tiers au développement commercial et de l’international. Une filiale sera ouverte en Amérique du Nord à la fin de 2016, en plus celle inaugurée à Singapour en 2015.

 

Selon l’analyse de MIDCAP Partners, Kerlink devrait devenir rentable en 2017 et dépasser les 100 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2022. L’essentiel de la croissance viendrait de l’International, dont la part franchirait alors le cap de 50% en 2022, contre 20% en 2015.

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1 commentaire

Cédric Giorgi
04/05/2016 17h37 - Cédric Giorgi

Le marché est grand, les opportunités nombreuses, donc bonne chance à Kerlink pour leur introduction en bourse. Mais il serait temps d’arrêter la désinformation sur SIGFOX. Pour retrouver notre écosystème international et ouvert, notamment sur la partie composants tout est en ligne: https://partners.sigfox.com/companies/chip-maker

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