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Kinéis lève 100 millions d’euros pour sa constellation de 25 nano-satellites dédiés à l’IoT

Levée de fonds Kinéis a levé 100 millions d’euros dans le but de financer la production et le déploiement d’une constellation de 25 nano-satellites dédiés aux objets connectés. La spin-off du Centre national des études spatiales (Cnes) revendique là une première française, mais la concurrence s’organise à toutes les échelles… des opérateurs télécoms aux GAFAM.
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Kinéis lève 100 millions d’euros pour sa constellation de 25 nano-satellites dédiés à l’IoT
Kinéis lève 100 millions d’euros pour sa constellation de 25 nano-satellites dédiés à l’IoT © Hemeria

La start-up toulousaine Kinéis annonce lundi 3 février 2020 avoir levé 100 millions d’euros à l’occasion d’un tour de table mené par Bpifrance, via le fonds Sociétés de projets industriels (SPI) – financé par le Programme d’investissements d’avenir (PIA) et la Banque européenne d’investissement. Au-delà de ses actionnaires, Collecte Localisation Satellites (CLS) et le Centre national d’études spatiales (Cnes), de grands noms ont aussi participé à l'opération, parmi lesquels BNP Paribas Développement, Thales, Hemeria et Celad. Son objectif : financer la production, puis la mise en orbite d’une constellation de 25 nano-satellites pour connecter l’IoT. "Une première française", selon lui, malgré les velléités de son concurrent Eutelsat dans le domaine.

 

UN CARNET DE COMMANDES REMPLI

Ce projet repose pour partie sur les infrastructures du système Argos – Kinéis a pris sa suite à sa création, en 2019. Sept satellites sont déjà opérationnels et côtoient un prototype de nano-satellite, baptisé Angels et installé le 18 décembre. Ce dernier embarque les technologies développées par la jeune pousse et permettra à cette dernière de finaliser les réglages avant le lancement, courant 2022, de 25 autres engins. De quoi "compléter le service délivré par Argos depuis plus de 40 ans auprès des communautés scientifiques et environnementales".

 

L’entreprise assure qu’elle a "d’ores et déjà rempli son carnet de commandes et noué des partenariats commerciaux stratégiques forts". Bouygues Telecom et Suez, au titre de la Wize Alliance dont font également partie Sagecom et GRDF, compteraient parmi ses clients. De l’autre côté, Kinéis s’appuie sur un réseau de partenaires reconnus pour leur expertise dans le domaine du spatial. Thales Alenia Space sera ainsi architecte du système et responsable du développement des charges utiles, des stations au sol et du centre de mission, quand Hemeria se chargera des plates-formes satellites.

 

UN CONTEXTE INTERNATIONAL CONCURRENTIEL

Tout juste nommé président de Kinéis, Alexandre Tisserant a fait part de sa "fierté d’avoir franchi une étape majeure" et estimé que les fonds collectés permettront à son entreprise "d’avoir l’esprit libre pour se concentrer sur la fabrication des satellites et leur déploiement commercial". Pour sa part, Jean-Yves Le Gall, président du Cnes, s’est réjoui que la filiale de son établissement "prouve qu’il est possible de développer, fabriquer et lancer des satellites en deux ans et demi alors qu’il en fallait auparavant entre cinq et dix". Un investissement stratégique, pour "favoriser l’excellence de l’industrie française".

 

La concurrence s’organise en matière de nano-satellites, et particulièrement sur le créneau des objets connectés. Alors qu’Apple travaillerait à l’élaboration de services Internet par satellite afin de réduire sa dépendance aux opérateurs télécoms, Amazon a lancé la construction d’un grand site de production de satellites dans la banlieue de Seattle (Etats-Unis).

 

L’acteur le plus avancé dans le domaine reste néanmoins Starlink, l’entreprise d’Elon Musk, qui aurait déjà déployé 242 appareils à cette heure – sur un ambitieux objectif de 42 000 au total. A noter que, face à cette escalade, des scientifiques ont émis des inquiétudes quant à de potentielles collisions et, donc, une multiplication des débris spatiaux.

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