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Kone, Dalkia, Schneider Electric... comment ils connectent les bâtiments (enfin) intelligents !

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Cas d'école L’internet des objets investit le bâtiment. Pour les équipementiers, c’est une nouvelle chance de concrétiser le vieux rêve de domotique.

Kone, Dalkia, Schneider Electric... comment ils connectent les bâtiments (enfin) intelligents !
Kone équipe ses ascenseurs de capteurs pour anticiper les pannes.

Le bâtiment intelligent prend un nouveau départ, poussé par l’internet des objets, la banalisation des mobiles et le développement des technologies sans fil. "Le principal enjeu porte sur la réduction de la consommation d’énergie, car le bâtiment engloutit 40 % de la consommation énergétique globale", estime Jean-Nicolas Brun, dirigeant chez Accenture. D’autres objectifs concernent le confort, la sécurité et l’intégration dans des applications de smart city. Des équipementiers aux fournisseurs de services, toute la filière du bâtiment est embarquée sur ce marché de 76 milliards de dollars en 2020, selon Memoori. Certains acteurs en font le principal levier de leur transformation digitale. Illustration à travers la stratégie de quatre industriels.

 

1. Schneider Electric pilote avec le mobile

Schneider Electric a pris le virage de la connectivité internet dès 1997. C’est pourquoi son PDG, Jean-Pascal Tricoire, voit dans l’internet des objets une évolution et non une révolution. "Dès l’avènement du web, nous avons abandonné nos protocoles de communication propriétaires au profit des technologies internet. C’était osé à l’époque. Mais cela nous a ouvert le champ des possibles et nous a permis de tirer profit des avantages d’internet en termes de coût, d’innovation et d’interopérabilité." Aujourd’hui, 95 % des produits du groupe comportent une connectivité internet. Mais c’est l’omniprésence des mobiles qui est en train de bouleverser les usages. Un axe majeur de développement pour Schneider Electric, qui a commencé à intégrer la mobilité en 2011 pour le résidentiel et le petit tertiaire. Sur tablette ou smartphone, l’utilisateur peut vérifier s’il a oublié de fermer la porte, voir ses consommations d’électricité et piloter l’éclairage, le chauffage ou les alarmes de sécurité. Il peut aussi recevoir des alertes sur les risques d’incendie ou les coupures de courant alimentant les congélateurs.

 

L’autre évolution tient dans l’apparition des technologies sans fil, qui rend possible l’automatisation du bâtiment existant, sans travaux. Adepte de ZigBee, Schneider Electric s’ouvre à d’autres protocoles (Wi-Fi, Bluetooth, RFI…) et s’intéresse à la technologie LoRa dédiée à la transmission de données à longue portée et bas débit. À destination des établissements de retraite, elle propose un service de monitoring basé sur des capteurs de présence RFID. À partir d’une application de collecte et traitement des données sur le cloud Azure de Microsoft, des informations sur l’activité du pensionnaire sont envoyées sur les mobiles des proches pour les rassurer. Pour les grands bureaux, Schneider Electric lance une appli mobile qui permet de trouver une salle de réunion libre et de se faire guider. Pour conduire cette transformation, l’industriel a noué des partenariats avec d’autres acteurs comme Urmet dans les portiers vidéo, des start-up comme Verelec dans le chauffage et des entreprises du digital comme Cisco, IBM et Microsoft. Mais, pour Jean-Pascal Tricoire, l’internet des objets ne doit pas faire oublier la nécessité d’avoir de bons produits. "Sans cela, ça ne marche pas."

 

2. Kone anticipe les pannes des ascenseurs

Le groupe finlandais projette de connecter, d’ici à deux ans, tous ses ascenseurs, escaliers mécaniques et portes automatiques au cloud d’IBM. Soit un parc de près de 1,5?million d’équipements dans le monde. Objectif : surveiller en temps réel le matériel afin de diminuer les pannes. Les informations issues des capteurs remonteront au cloud d’IBM, où elles seront analysées avec le moteur d’intelligence artificielle Watson de Big Blue pour détecter les signaux faibles, annonciateurs de pannes. "Nous aurons ainsi une vue précise de l’état de fonctionnement du parc dont nous assurons la maintenance, prévoit Pierre Liautaud, le vice-président exécutif de Kone pour l’Europe de l’Ouest, l’Europe du Sud et l’Afrique. Nous pourrons mieux anticiper les pannes et même les réduire." L’équipementier teste plusieurs protocoles de connectivité, dont LoRa et Sigfox. Le choix n’a pas encore été décidé. Au-delà de l’optimisation de la maintenance, l’ascensoriste réfléchit au lancement de services améliorant la mobilité à l’intérieur du bâtiment. "On pourra appeler l’ascenseur depuis le smartphone, avoir un agent virtuel qui prévient la personne que vous venez voir et vous guide jusqu’à son bureau", confie Pierre Liautaud. L’ambition de Kone est de créer un écosystème de la mobilité à l’intérieur du bâtiment, à l’instar d’Apple dans les mobiles.

 

3. Accedia démocratise la télésurveillance

La mobilité, c’est le moteur de la connectivité des produits d’Accedia. Ce groupe de 250 personnes, spécialisé dans la sécurité (alarmes, contrôle d’accès, vidéosurveillance…), a commencé à s’y intéresser il y a cinq ans, mettant la télésurveillance du domicile à la portée des particuliers. "Plus besoin de passer par une société dédiée, estime Pascal Havet, chef des marchés intrusion et contrôle d’accès. Avec une appli mobile, n’importe qui peut voir sur son smartphone ce qui se passe chez lui." Tous les systèmes de détection d’intrusion d’Accedia sont aujourd’hui connectés aux mobiles. Depuis trois ans, le mouvement s’étend aux produits de vidéosurveillance. "Ils sont beaucoup demandés par les magasins et petits commerces pour prévenir les vols ou suivre le travail des employés, précise Pascal Havet. Nous n’arrivons plus à vendre de système de vidéosurveillance sans appli mobile." Pour des questions de normes et de sécurité, les alarmes incendie échappent à cette tendance.

 

Pas question de mettre en place une appli mobile qui pourrait être exploitée par des personnes malveillantes voulant altérer le fonctionnement de l’alarme. La société compte aujourd’hui une dizaine d’applis mobiles gratuites. Développées avec Altran, les deux applis des alarmes d’intrusion tournent sur le cloud d’Amazon web services. La PME veut tirer parti de la mobilité pour proposer des services payants, par exemple gérer à distance le code de l’alarme détectant une intrusion, sans faire intervenir un spécialiste. Dans ce développement, elle se heurte à une limite : le smartphone introduit une faille de sécurité parce qu’il peut être volé.

 

4. Dalkia étend sa relation aux usagers

Pour Dalkia, société de services de gestion énergétique à destination des bailleurs de bâtiment, la révolution de l’internet des objets offre la possibilité d’étendre son influence, en ciblant les occupants des logements. "Nous sommes aujourd’hui dans une démarche B to B, rappelle Clotilde Perraudin, la directrice stratégie et innovation. Nous voulons passer à une démarche B to B to C. Cela va nous aider à améliorer nos services et à être plus réactifs." L’entreprise récolte chaque jour 15 millions de données des 1,5 million de capteurs (compteurs, sondes de température, positions de vannes, états de batteries…) présents depuis dix ans dans les bâtiments qu’elle gère. Ces données sont analysées au centre de supervision pour optimiser le réglage des équipements et leur maintenance. "Ce qui est nouveau, c’est l’évolution technologique dans les capteurs, la collecte et le transfert des données à longue distance et à faible coût", note Clotilde Perraudin.

 

Dalkia a fait le choix de s’appuyer sur une dizaine de start-up. L’enjeu est si stratégique que leurs noms sont maintenus secrets. Le développement porte sur des capteurs, mais aussi sur des plates-formes de services à destination des occupants du bâtiment. "Nous proposerons des services mobiles via des QR codes sur le tableau d’affichage de l’immeuble, détaille Clotilde Perraudin. En scannant le QR code avec un smartphone, l’utilisateur accède aux informations du jour, au calendrier des interventions de maintenance et au lien de notre site web. Cela ne va pas transformer de façon radicale nos offres, mais va nous aider à les améliorer et les rendre plus compétitives et plus modernes." Il s’agit de gagner en agilité. "Nous n’avons plus d’applications pour dix ans, mais juste pour deux à trois ans, estime Clotilde Perraudin. Nous voulons acquérir la capacité de développer, non pas un gros système qui sera dépassé lors de sa mise en service, mais un système capable de s’adapter en permanence, en intégrant des briques toujours plus performantes." 

 

L’e-Lab, berceau des objets connectés de Bouygues

Créé en 2001, l’e-Lab constitue le fer de lance de l’innovation de Bouygues dans le numérique. Avec huit personnes et un écosystème de PME et de start-up, il mène des projets pilotes pour différentes entités du groupe. L’internet des objets occupe une bonne partie de ses travaux. Le casque de communication sans fil, développé pour Colas Rail, en est un exemple. Basé sur la technologie radio de la start-up toulousaine Adeunis RF, il permet aux agents sur un chantier de communiquer, les mains libres, avec six personnes simultanément. Il apporte jusqu’à 50 % de productivité, selon Étienne Gaudin, le directeur de l’e-Lab. Pour Colas, un capteur reposant sur un magnétomètre a été mis au point. Enfoncé dans la chaussée, il sert à détecter la présence de voitures sur les places de stationnement ou à compter les passages de véhicules. Autre développement : un objet renfermant, dans une pastille de 3 cm de diamètre, un accéléromètre, un modem sans fil LoRa et une pile. Il est destiné à suivre l’utilisation des petits équipements de chantier (marteau-piqueur, performateur, crochet de grue…) de façon à en optimiser la logistique. L’objectif est de parvenir à un dispositif bon marché, coûtant environ 10 euros. Le déploiement pilote est programmé pour cet été.

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