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L’accélération de la convergence technologique, une révolution à ne pas rater

Selon Joseph Sifakis, Prix Turing 2007, directeur du Centre de Recherche Intégrative et professeur à l’EPFL, l’élément le plus significatif pour caractériser l’informatique des années post 2000 est probablement son caractère transversal. Il est aujourd'hui difficile de dessiner un périmètre autour des technologies logicielles, tant ces dernières sont présentes et indispensables à nombre de produits et d’applications de la vie courante. Cette généralisation de l’informatique induit ainsi de grands changements - véritables recompositions industrielles - qui touchent l’ensemble des différentes industries.
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L’accélération de la convergence technologique, une révolution à ne pas rater
L’accélération de la convergence technologique, une révolution à ne pas rater © DR

La convergence technologique que nous avons vécue pendant les dernières décennies prend une allure de plus en plus effrénée. Etant initialement définie comme l’intégration entre les technologies informatiques et les télécommunications, elle a vu son champ s’étendre pour englober tous les secteurs de l’industrie et des services. Aujourd’hui, la convergence technologique est un phénomène omniprésent manifesté par une intégration des appareils, des services et des réseaux.

Regarder la télévision, téléphoner, envoyer des messages, suivre son état de santé, ne peut se faire que par un seul appareil. Des appareils, souvent mobiles, offrent des packages de services multiples et variés. On va lentement mais sûrement vers une unification des réseaux allant des réseaux téléphoniques classiques, à l’infrastructure internet et aux réseaux domestiques et industriels. Enfin, la convergence technologique entraîne une convergence des secteurs économiques dans le contexte du développement global : convergence des problèmes, des intérêts et des solutions pour faire face à des défis mondiaux.

L’accélération de la convergence technologique observée est en grande partie due au rôle intégrateur des technologies du logiciel. Les grandes compagnies américaines du logiciel sont en effet les principaux acteurs de ce changement. Qu’on en juge. Leur stratégie a radicalement changé au cours des cinq dernières années. Elle ne se limite plus au développement de produits et de services informatiques, mais elle cherche à développer des solutions systémiques à des problèmes globaux. Par exemple, IBM a lancé il y a quatre ans le programme “For a smarter world”, et s’intéresse à la e-santé, aux villes intelligentes et à l’éducation.

la convergence technologique s’accélère

Google n’est pas en reste. Elle a acquis Motorola Mobility et affiche des projets très ambitieux dans des secteurs comme la santé, l’automobile et l’énergie. Microsoft vient d’acquérir Nokia pour devenir une société d'"appareils et de services". En parallèle, les principaux acteurs dans le domaine du matériel et des infrastructures manifestent un intérêt accru pour les applications et les services. Intel affiche l’objectif général "create and extend computing technology, to connect and enrich the lives of every person on the earth".

Il faut également souligner l’initiative récente pour la création d’un internet industriel et prédictible, qui pourrait être le précurseur de l’internet des objets, associant, entre autres, General Electric, Cisco, AT&T et Intel.  

Tous ces mouvements confirment l’accélération de la convergence technologique, dont les principaux acteurs sont, encore une fois, américains. Ils confirment également le rôle primordial des technologies du logiciel dans leur ensemble.

A Grenoble, nous avons depuis longtemps misé sur cette convergence, en fondant le pôle Minalogic sur le dipôle matériel/logiciel. Il était temps de tirer les leçons du changement observé. Minalogic, en élargissant ses thématiques au-delà du logiciel embarqué à l’ensemble de la filière logicielle, fait un excellent choix stratégique qu’il faut implémenter dans les meilleurs délais.

Joseph Sifakis, Prix Turing 2007, directeur du Centre de Recherche Intégrative et professeur à l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL)

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