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L’Allemagne monte au créneau pour protéger son électronique des prédateurs chinois

A l’instar des Etats-Unis, l’Allemagne tente de préserver ses intérêts industriels en électronique. En une semaine, Berlin a opposé son veto au rachat de deux sociétés dans le secteur, Aixtron et Ledvance, par des investisseurs chinois. Un message fort pour Pékin.

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L’Allemagne monte au créneau pour protéger son électronique des prédateurs chinois
Equipement de production de semiconducteurs d'Aixtron © Aixtron

Les Etats-Unis ne sont pas le seul pays à défendre leur électronique face à la Chine. L’Allemagne le fait aussi. En une semaine, Berlin est monté au créneau pour opposer son véto au rachat de deux sociétés allemandes dans le secteur par des investisseurs chinois. Des décisions qui traduisent la détermination du gouvernement d’Angela Merkel de mettre un coup d’arrêt à ce qui est perçu comme une politique de Pékin de pillage des intérêts industriels outre-Rhin.

 

Aixtron, une pépite des équipements de production de semiconducteurs

La première société est Aixtron. Créée en 1983, près d’Aix-La-Chapelle, elle construit des équipements de déposition de matériaux en couches minces, l’une des étapes critiques dans la fabrication de LED, écrans plats ou panneaux solaires photovoltaïques. Elle emploie environ 750 personnes et réalise un chiffre d’affaires annuel de 200 millions d’euros. En mai 2016, elle a accepté de se faire racheter à 100% par le fond chinois Fujian Grand Chip pour 670 millions d’euros. Après avoir donné son approbation le 8 septembre 2016, le ministère fédéral de l’économie et de l’énergie a fait volte-face le 21 octobre 2016. Ce sera définitivement « nein ».

L’autre société est Ledvance. Née en avril 2015 par essaimage d’Osram, elle rassemble l’activité d’éclairage du groupe avec 9000 personnes et un chiffre d’affaires annuel d’environ 2 milliards d’euros. En juillet 2016, Osram a conclu un accord pour la vendre à un consortium d’investisseurs chinois formé par IDG, MLS et Yiwu pour 400 millions d’euros. Le verdict de Berlin est tombé le 27 octobre 2016. Cette fois-ci, ce sera, sans hésitation, "nein".

 

Les Etats-Unis aux avants-postes

Depuis 2015, la Chine est engagée dans un vaste programme d’acquisitions à l'étranger pour réduire sa dépendance dans les semiconducteurs. A la clé, une enveloppe d’investissements de plus de 160 milliards de dollars sur 10 ans selon Bloomberg.  Les Etats-Unis ont été les premiers à lui mettre des bâtons dans les roues en s’opposant au rachat de Lumileds, l’activité du groupe néerlandais Philips dans les LED. Ils se sont également opposés à l’entrée de Tsinghua Unigroup, le bras armé de Pékin dans les semiconducteurs, dans le capital de l’américain Western Digital, premier constructeur mondial de disques durs et l’un des principaux fabricants de mémoires Flash au monde.

Face à la vigilance de Washington, les investisseurs chinois ont redéployé leur effort d'acquisitions vers l’Europe. C’est ainsi qu’ils sont entrés dans le capital du français Soitec, leader mondial des plaques de silicium sur isolant, ont convenu de racheter le finlandais Okmetic, fournisseur de plaques pour la fabrication de Mems, et ont conclu un accord pour reprendre au néerlandais NXP ses semiconducteurs standards.

 

La main de Washington?

Si le veto de Berlin concernant Aixtron se comprend par le côté sensible et pointu de l’activité en jeu (possibilité d'utiliser sa technologie pour la réalisation de lasers, circuits radiofréquences et autres composants électroniques militaires), celui touchant Ledvance soulève des interrogations. Cette société réalise des lampes LED et des lampes traditionnelles, tout ce qu’il y a de banal comme produits électriques. On voit mal ce que sa cession à des investisseurs chinois représenterait comme risque pour la sécurité nationale. Certains medias outre-Rhin voient la main de Washington dans le revirement du gouvernement allemand sur le dossier d'Aixtron. Mais une chose est sûre : il sera doréavant plus difficile pour les investisseurs chinois de s’emparer de pépites allemandes.

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