L'Allemand IDnow et la pépite rennaise Ariadnext veulent créer "l'Airbus de l'identité numérique"

IDnow et Ariadnext se rapprochent à travers une opération de fusion et souhaitent lancer une plateforme européenne de vérification d'identité numérique. L'objectif principal est de peser face aux solutions étrangères et de proposer un outil clé en main pour les acteurs réglementés nécessitant un système de vérification de l'identité en ligne. Une ambition qui s'inscrit dans le contexte de la crise économique et sanitaire très favorable à la digitalisation de certains services.

 

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L'Allemand IDnow et la pépite rennaise Ariadnext veulent créer

Le fournisseur allemand de services d'identification annonce ce mardi 29 juin la signature d'un accord pour l'acquisition de la start-up rennaise Ariadnext spécialisée dans l'identité numérique. Le contrat, dont le montant n'a pas été divulgué, doit encore être soumis à l'approbation des autorités réglementaires.

Ariadnext va conserver ses sites à Rennes, Paris, Madrid en Espagne, Bucarest et Iasi en Roumanie, Varsovie en Pologne, ainsi que l’ensemble de ses 125 employés.

Rivaliser avec les solutions étrangères
L'objectif de cette opération est de "fabriquer l'Airbus de l'identité numérique" capable de rivaliser avec les solutions étrangères en particulier américaines, explique Marc Norlain, CEO et cofondateur d'Ariadnext, à L'Usine Digitale. Cette jeune pousse bretonne a déjà conquis 300 clients en Europe parmi lesquels la Société Générale, le Crédit Mutuel, Lydia, Younited Credit, la Française des Jeux, Unibet, SFR et Bouygues Telecom.

A travers cette opération, les deux portefeuilles de solutions vont se combiner permettant de proposer une large gamme de services aux entreprises et organismes publics dont les activités nécessitent la vérification en ligne de l'identité de leurs utilisateurs. IDnow possède déjà plus de 670 clients internationaux dans divers secteurs, comme Western Union, UBS, Commerzbank, Sixt et Munich Re, N26, Solarisbank, wefox ou encore Tier mobility.

L'identité numérique, un service devenu indispensable
Comme l'explique Andreas Bodczek, PDG d’IDnow, "la vérification d'identité a connu un tournant majeur vers la numérisation au cours de la dernière décennie et cette tendance s’est encore accélérée par la pandémie. Il est désormais essentiel pour les banques, les assureurs, les télécoms, et autres de s’orienter vers des solutions sûres et automatisées".

C'est la raison pour laquelle la société allemande souhaite accélérer sur ce secteur et table sur une multiplication de ses revenus par trois en 2021 par rapport à 2019. Dans cette logique, elle a racheté en mars dernier Identity Trust Management AG qui fournit des services d'identification et de signature électronique qualifiée.

L'accélération de l'identité numérique s'explique également par un fleurissement de textes obligeant certains acteurs à vérifier l'identité de leurs clients, tels que les processus KYC (Know Your Customer) que les institutions financières doivent respecter.

L'Europe présente sa stratégie
Les acteurs publics s'intéressent également de près à l'identité numérique. Début juin, la Commission européenne a ainsi présenté sa stratégie visant à doter chaque citoyen d'un portefeuille européen d'identité numérique dans le cadre du règlement sur l’identification électronique et les services de confiance pour les transactions électroniques au sein du marché intérieur (eIDAS).

La France travaille également sur ce sujet avec l'application Alicem qui devra permettre à tout particulier de prouver son identité sur Internet à l'aide de son smartphone et de son titre d'identité (carte d'identité ou passeport).

Cependant, cette application est toujours en phase de test et n'a pas encore été largement déployée, contrairement à ce que le calendrier initial prévoyait. Ce qui fait dire à Marc Norlain que la stratégie employée par l'Etat français n'est pas forcément la plus adéquate. "Je ne pense pas qu'un Etat puisse être le garant et l'acteur" d'une solution d'identité numérique, explique-t-il. D'après lui, il faut favoriser les partenariats public-privé pour obtenir le meilleur équilibre possible.

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