Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

L’allemand Merck teste le médicament connecté pour deux de ses traitements injectables

Le laboratoire pharmaceutique allemand propose en France deux de ses médicaments avec un dispositif d’injection connecté à une plate-forme web. Un modèle dont il espère prouver les bénéfices thérapeutiques.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

L’allemand Merck teste le médicament connecté pour deux de ses traitements injectables
L’allemand Merck teste le médicament connecté pour deux de ses traitements injectables © Kuebi - Wikimedia Commons

Fini les comprimés accompagnés d’un verre d’eau ? Ce jeudi 4 décembre, c’est une combinaison bien différente que lance en France et dans plusieurs pays d’Europe le laboratoire allemand Merck : médicament, dispositif médical et services digitaux. Le groupe pharmaceutique expérimente le médicament connecté pour deux de ses traitements injectables : dans le déficit en hormone de croissance et dans la sclérose en plaques.

Dans cette dernière maladie, le médicament de Merck Serono (la division biopharmacie du groupe) était accompagné depuis 2010 d’un dispositif d’injection électronique. "Pour passer au connecté et mettre en place tout le schéma de la plate-forme web, sachant que c’est une solution qu’on développe pour le monde entier, il a fallu trois ans", confie Pierre-Henry Longeray, président de Merck Serono France à L’Usine Nouvelle.

Récupérer seulement des données anonymisées

Le laboratoir s'est associé au fabricant de dispositifs médicaux Flextronics pour proposer la solution MSdialog dans la sclérose en plaques, et Easypod Connect dans l’hormone de croissance. Les informations récoltées (fréquence de l’injection, ses paramètres…) sont transmises sur une plate-forme web sécurisée pour les patients et leurs médecins, et gérée par un tiers de confiance, le britannique Verizon.

Sujet d’inquiétude récurrent lorsqu’il est question de médecine connectée : que deviennent ces données ? "Nous n’avons pas accès aux informations échangées entre le patient et son médecin, assure Pierre-Henry Longeray. Mais seulement à des données anonymisées portant sur des cohortes, afin de montrer en quoi le dispositif est utile pour les patients."

Sanofi déjà engagé dans le traitement connecté du diabète

L’industriel espère bien prouver que ce type de dispositif peut permettre d’optimiser le traitement et la prise en charge des malades et de mieux les impliquer. Pour une pathologie chronique comme la sclérose en plaques, qui nécessite une injection trois fois par semaine, la solution pourrait ainsi mesurer l’observance du patient, c’est-à-dire le respect de la prise de son traitement. Et voir s’il faut modifier les paramètres de l’injection pour la rendre moins douloureuse, trouver une alternative thérapeutique, etc. C’est un moyen d’étudier l’impact du traitement sur la qualité de vie du malade.

Merck Serono se laisse le temps de mesurer "en vie réelle" les bénéfices thérapeutiques apportés par sa solution, avant de la soumettre aux autorités sanitaires afin d’obtenir un éventuel remboursement. En attendant, il la propose sans surcoût par rapport aux dispositifs d’injection habituels, qui coûtent environ 300 euros. Une façon de se différencier  de ses concurrents auprès des patients et des médecins. Ce type de solution est déjà en cours d’expérimentation dans une autre pathologie chronique : le diabète. Le français Sanofi, un des leaders du marché de l'insuline, a ainsi sorti sa gamme de lecteurs de glycémie connectés en 2011 et avait lancé des travaux sur une solution de télémédecine.

Gaëlle Fleitour

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale