Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

L'AMF dit non à l'ICO d'Air Next, qui vend des billets de train et d'avion contre des cryptomonnaies

Levée de fonds La société Air Next, qui propose l'achat de billets de transport en cryptomonnaie, est désormais inscrite sur la liste noire de l'Autorité des marchés financiers. Sollicitant un visa dans le cadre d'une ICO, elle a transmis des documents falsifiés. 
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

L'AMF dit non à l'ICO d'Air Next, qui vend des billets de train et d'avion contre des cryptomonnaies
L'AMF dit non à l'ICO d'Air Next, qui vend des billets de train et d'avion contre des cryptomonnaies © Art Rachen/Unsplash

L'Autorité des marchés financiers (AMF) a émis un avertissement à l'encontre de la société Air Next, qui sollicitait un visa pour la préparation d'une ICO (levée de fonds en échange de cryptomonnaie). Basée à Paris, elle commercialise des titres de transport de train et d'avion qui peuvent être achetés par carte de crédit ou en cryptomonnaie. Sa levée de fonds doit se faire en échange de tokens AIRN, utilisables sur sa boutique.

Des documents falsifiés
"Les porteurs de ce projet ont transmis aux services de l’AMF des documents dont certains sont soupçonnés d’être des faux", écrit l'autorité française dans son communiqué publié ce jeudi 30 septembre. Elle a également transféré les éléments dont elle dispose au Parquet de Paris, comme la loi l'exige.

En l'absence de visa, la société Air Next n'a pas le droit de démarcher des investisseurs pour participer à cet ICO. Cette obligation n'a apparemment pas été respectée puisque de nombreux internautes font état de la réception de SMS à ce sujet. Air Next aurait eu accès aux numéros de téléphone via le vol des données de la start-up Ledger, spécialisée dans la sécurisation des cryptoactifs, d'après un tweet de CryptoReseau. En décembre 2020, un hacker avait publié l'intégralité des informations personnelles dérobées sur le web.

Un visa facultatif...
C'est la loi PACTE adoptée en mai 2019 qui a instauré un cadre pour les levées de fonds par émission de jetons et les prestataires de services sur actifs numériques (PSAN). Ce texte prévoit qu'une ICO peut faire l'objet d'une demande de visa.

Cette procédure facultative permet d'attester que l'AMF a vérifié que le document d'information de cette offre est complet et compréhensible pour les investisseurs. Il assure également aux investisseurs l’existence d’un mécanisme de sauvegarde des actifs et des fonds levés et la mise en place d’un dispositif de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. Le visa peut être retiré par l'autorité française si elle constate que le document initial n'est plus conforme ou que les informations diffusées par l’émetteur dépassent la portée de ce visa.

... qui n'est pas une assurance tous risques
A noter que même si l'entreprise a obtenu un visa, la participation à une ICO comporte des risques inhérents à ce type d'opération. En effet, aucune garantie ne peut être donnée quant à la possibilité de revendre ou d'échanger les jetons. Leur valeur peut également fluctuer.

L'AMF a délivré son premier visa à la société French-ICO, qui a développé une plateforme de financement de projets en cryptomonnaie, en décembre 2019. WPO, spécialisé dans la gestion d'actifs et de services liés dans l’éolien et le solaire photovoltaïque, et iExec blockchain tech qui a développé une plateforme permettant l’échange décentralisé de ressources informatiques, en ont également reçu un.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.