L’armateur CMA CGM lance un appel à projet de 200 millions d’euros pour décarboner son activité

La compagnie maritime CMA CGM cherche des start-up proposant des solutions de décarbonation pour diminuer l'impact de son activité, très émettrice de gaz à effet de serre. Il lance pour ce faire un appel à projet doté de 200 millions d’euros.

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L’armateur CMA CGM lance un appel à projet de 200 millions d’euros pour décarboner son activité

L’armateur français CMA CGM lance un appel à projet destiné aux start-up et entreprises "développant des solutions concrètes" pour accélérer la décarbonation de la filière maritime française dans son ensemble.

Financé par le Fonds Énergies (1,5 milliard d’euros sur cinq ans), lancé par le groupe en septembre dernier en vue d’accélérer sa transition énergétique, cet appel à projet est doté de 200 millions d’euros. Une belle enveloppe qui n’est pas de trop au vu de l’ampleur du chantier.

3% des émissions de gaz à effet de serre, 17% d’ici 2050

En effet, le transport maritime représente 3% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Avec le doublement des flux de transport sur les mers d’ici à 2050, annoncé par l’Organisation maritime internationale (OMI), la pollution du secteur pourrait passer à 17%. Lors de la conférence mondiale pour le climat qui s’est déroulée en novembre 2022 à Charm El-Cheikh, plusieurs pays ont alors demandé à l’OMI d’être plus ambitieuse en visant le "zéro carbone" d’ici à 2050 plutôt que la diminution de moitié des émissions.

Avec cet appel à projet, la compagnie maritime CMA CGM attend des propositions de décarbonation dans tous les secteurs de l’économie maritime : le transport de marchandises évidemment (c’est le plus gros pollueur), mais aussi le tourisme, la pêche, les infrastructures, les industries navale et nautique et les énergies renouvelables.

La carburant, premier gros chantier

Il faudrait effectivement commencer par changer le carburant qui fait avancer les navires, notamment marchands : du mazout lourd, utilisé depuis la moitié du 19e siècle dans la majorité des cas. La décarbonation du transport maritime implique le passage à des carburants à faible émission de carbone comme l’hydrogène vert, les énergies renouvelables et les carburants de synthèse tel que le e-méthanol.

Les acteurs du secteur traînent des pieds à ce niveau, même si certains lancent des tests comme A. P. Moller-Maersk, premier armateur mondial. Il a annoncé qu’il mettrait en service une vingtaine de navires au méthanol entre 2023 et 2025. Le motoriste allemand Man Energy Solutions, qui équipe la moitié de la flotte mondiale, travaille quant à lui sur la conception de navires utilisant de l’e-ammoniac, produit à partir d’hydrogène et d’azote, pour 2025.

Le transport maritime est difficile à règlementer à l’échelle nationale

Selon l’OCDE, l’intégration de ces carburants de substitution implique des modifications dans les bateaux et dans les infrastructures qui les accueillent et c’est notamment pour ça que les choses n’avancent pas. Autre frein selon l’organisation : la règlementation du secteur maritime, difficile à mettre en place à l’échelle nationale. Il faudrait une règlementation transnationale, voire transcontinentale.

Outre les carburants, d’autres solutions émergent difficilement à l’instar des cargos à voile pour le transport de marchandise ou de l’intégration d’un matelas de bulles d’air sous les bateaux pour réduire les frottements et ainsi leur consommation de carburant (de 5 à 8%).

"Certains projets pourront faire l’objet d’investissements communs avec le secteur public"

Les candidats peuvent d’ores et déjà soumettre leurs projets sur la plateforme dédiée. Le groupe marseillais précise que les projets seront retenus selon leur impact concret pour la décarbonation de la filière, la maturité du projet et sa faisabilité économique.

"Certains projets pourront faire l’objet d’investissements communs avec le secteur public et d’autres acteurs privés", précise le communiqué. Dans le cadre de France Mer 2030, une démarche gouvernementale pour la décarbonation du secteur maritime, l’État a prévu 300 Millions d’euros d’ici la fin du quinquennat sous la forme de subventions, prises de participations et garanties publiques. Le gouvernement espère ainsi générer des fonds privés et enclencher un effet levier.

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