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L'arrivée de Netflix est une véritable opportunité pour les opérateurs français

Rien de tel qu’un vent d’inquiétude pour élargir l’horizon technologique : Damien Lucas, CTO et co-fondateur d’Anevia, nous explique en quoi l’arrivée de Netflix représente une opportunité sans précédent pour les opérateurs et content providers d’enrichir le paysage audiovisuel français.

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L'arrivée de Netflix est une véritable opportunité pour les opérateurs français
L'arrivée de Netflix est une véritable opportunité pour les opérateurs français © DR

L’arrivée d’un géant américain sur un marché est rarement synonyme de repos pour la concurrence. Encore moins si le géant en question s’apprête à dérouler son propre tapis rouge, du jour au lendemain, sans passer par la case investissement. Les infrastructures sont là ; l’offre commerciale de Netflix en France sera donc agressive ou ne sera pas. Inutile de compter sur Frank Underwood, héros glacial de la série House of Cards, pour s’en émouvoir.

La question semble en revanche passionner l’acteur qui l’incarne à l’écran. Kevin Spacey s’est ainsi déplacé, en personne, au Festival international de la télévision d’Édimbourg l’an passé, histoire de rappeler à l’ordre les professionnels du secteur qui pensaient échapper à la théorie de l’évolution : s’adapter ou disparaître, telle est la question.

Oui, le public veut tout, tout de suite, partout. Et Spacey l’orateur d’ajouter : "si vous le lui proposez à un prix raisonnable, il n’aura plus envie de le voler".  L’heure est donc venue de rendre au public moderne ce qui lui appartient : le droit de s’adonner aux plaisirs décomplexés du "binge watching" - pratique qui consiste à regarder tous les épisodes d’une saison, dès sa sortie.

"crise" en vue pour le marché audiovisuel français ?

Oui, si l’on s’en tient à l’étymologie du mot "crise" : nos opérateurs et content providers sont bel et bien face à un "choix", et tout semble indiquer que ce choix, ils l’ont fait.

Ils ont choisi de rivaliser en quantité et en qualité, et ce faisant, d’enrichir le paysage audiovisuel français à vitesse grand V. Car si la question de la variété du contenu semble être au cœur de l’ "attaque", la riposte, elle, se joue sur un plan technologique bien plus large. Indissociable du contexte d’innovation dans lequel elle s’inscrit, la menace s’est donc transformée en super réacteur.

Les vrais différentiateurs

Chacun peut d’ores et déjà en témoigner : remplacer les magazines poisseux des salles d’attente de dentiste par le dernier Woody Allen, c’est bien. Ne pas être interrompu dix fois par le fameux message de "rebuffering" si cher à Netflix, c’est mieux. Quant à la possibilité de consommer de la vidéo sur n’importe quel support numérique ? Excellente nouvelle, à condition que la résolution suive.

Voilà donc ce que seront, par-delà le prix de l’abonnement et la variété du contenu, les vrais différentiateurs de l’offre de demain : la performance des plateformes matérielles et logicielles, la qualité de "livraison" qui en découle. Les opérateurs et diffuseurs français l’ont parfaitement compris. Et si la plateforme multi-écrans d’un acteur comme Canal+ devance déjà celle de Netflix à plus d’un égard, le groupe français maîtrise aussi ce qui relève, pour l’heure, du talon d’Achille de Netflix dans une Europe polyglotte : les technologies de support multilingue, de sous-titrage et d’audiodescription.

On notera par ailleurs l’émergence de plateformes de contenu dématérialisé comme TeVolution, ou encore la transformation du business model de Videofutur vers une plateforme de contenu "à la Netflix", par le biais d’une box. Autant de virages stratégiques motivés par le même défi : enrichir le paysage, encore et encore.

Netflix risque-t-il de s’octroyer une part de marché plus que généreuse sur le marché français ? Vraisemblablement. Mais toutes les tempêtes ne sont pas des ouragans, et n’en déplaise au héros de sa série culte, le marché français n’a rien d’un château de cartes. Il dispose, au contraire, de toutes les infrastructures et technologies nécessaires pour franchir sans attendre le triple cap du multi-écrans, du multiformat et du multilingue. Et le "binge watching" dans tout ça ? Déjà sur sur Canal+ avec Mafiosa.

Damien Lucas, co-fondateur et directeur technique d’Anevia

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