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L’attribution des fréquences 5G divise les opérateurs

Analyse Alors que l’Arcep a dévoilé ses conditions d’attribution des fréquences 5G en juillet, certains opérateurs ont depuis exprimé leur inquiétude d’être lésés. En cause ? Les blocs de base de 40 MHz, jugés insuffisants par les acteurs les moins fortunés. Orange a, pour sa part, apporté son soutien au gendarme des télécoms, à quelques mois de la publication des résultats de l’appel à candidatures.
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L’attribution des fréquences 5G divise les opérateurs
L’attribution des fréquences 5G divise les opérateurs © Twitter @orangebusiness

Voilà maintenant deux mois que l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) a publié ses conditions d’attribution des fréquences 5G aux opérateurs. Si la procédure affiche la volonté de ne négliger aucun acteur du secteur pour consolider le marché, les "petits" ont émis des critiques, estimant que le gendarme des télécoms pourrait avantager les "gros" lors de la publication des résultats début 2020. "Par le passé, nous avons été accusés d'avoir fait la courte échelle à Free ou à d’autres, donc personne n'est dupe à ce sujet", a balayé d’un revers de main Sébastien Soriano, président de l’Arcep, interrogé par nos confrères de France Inter samedi 14 septembre 2019.

 

DES DéSACCORDS SUR LES FRéQUENCES

Ce que dénoncent Free et Bouygues Telecom, entre autres : le fait que l’Arcep garantisse "seulement" des blocs de fréquences de 40 MHz à prix fixe à chaque acteur… Un seuil minimal que les deux opérateurs jugent "insuffisant" pour lancer une offre commerciale digne de ce nom. Les autres fréquences mises en jeu seront, en effet, octroyées sur des critères purement pécuniaires. En d’autres termes, les plus offrants auront les meilleurs lots. Comme nous vous l’expliquions en juillet dernier, l’Etat avait pourtant fait le choix d’attribuer des fréquences à tarif fixe pour éviter les écueils de la 4G. Les opérateurs avaient alors fait monter les enchères, ce qui avait limité leur capacité d’investissement dans le cadre du déploiement de leurs réseaux. Pas sûr que la situation soit si différente cette fois-ci.

 

C’est pour éviter que SFR et Orange ne se taillent la part du lion que Free et Bouygues Telecom montent au créneau pour exiger des blocs de fréquences de 60 MHz minimum. Ces derniers peuvent compter sur le soutien de l’UFC-Que Choisir, qui estime que le projet du gendarme des télécoms "ne permettra pas à tous les consommateurs d’accéder au meilleur de la 5G et ouvrira la voie aux dérives marketing des opérateurs". L’association juge que dans le cas où un opérateur n’obtiendrait qu’un bloc de 40 MHz alors qu’un autre, plus fortuné, pourrait obtenir 100 MHz, "les débits maximaux pourront varier du simple au plus du double [entre eux], pour une technologie en apparence identique".

 

"Un bloc d’a minima 60 MHz chacun est essentiel pour avoir un appel d'offres équitable, surtout (…) pour le marché du B2B qui a besoin d'être dynamisé", a avancé Thomas Reynaud, directeur général d'Iliad (Free), début septembre. "Mathématiquement, les arguments avancés sont faux, a répondu ce lundi 16 septembre 2019 la PDG d’Orange France, Fabienne Dulac. Le modèle [de l’Arcep] en deux étapes est bien meilleur que le précédent où nous commencions tous à zéro et où nous étions dans des enchères permanentes pour acquérir les dix premiers mégahertz." Toujours est-il que le gendarme des télécoms a tenu à rassurer sur son impartialité. "Nous tenons à ces quatre acteurs que nous avons en France, ainsi qu'à la myriade de petits acteurs qui orbitent autour. Il est donc hors de propos et hors de question que l'Arcep sacrifie cette construction", a assuré Sébastien Soriano.

 

DES FORFAITS 5G AU PRINTEMPS 2020 CHEZ ORANGE

Si un opérateur ne doute pas, c’est bien Orange. Toujours au micro de France Inter, son PDG, Stéphane Richard, a dévoilé mercredi 11 septembre que l’entreprise entend lancer ses premiers forfaits 5G "au printemps 2020" – soit quelques semaines seulement après l’attribution des fréquences ! Pas de temps à perdre dans le cadre de l’exploitation de l’ultra haut-débit mobile…

 

Mais, côté usager, inutile de se ruer sur les toutes premières offres. Elles seront probablement chères et incomplètes, car la couverture réseau ne sera pas très développée au départ. Le nombre de terminaux compatibles restera, lui aussi, limité début 2020. Si Huawei et Samsung proposent déjà des smartphones 5G, Apple ne devrait par exemple pas dégainer un iPhone compatible avant la rentrée de septembre 2020.

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