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Le sort de Huawei toujours suspendu aux négociations Chine/Etats-Unis, les défections se poursuivent

[ACTUALISE] Après avoir banni Huawei des Etats-Unis en début de semaine, Donald Trump a estimé que l’avenir du géant chinois des télécoms se jouera dans le cadre des négociations commerciales entre les deux puissances mondiales, tandis que les défections se poursuivent.
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Le sort de Huawei toujours suspendu aux négociations Chine/Etats-Unis, les défections se poursuivent
Le sort de Huawei toujours suspendu aux négociations Chine/Etats-Unis, les défections se poursuivent © Julien Bergounhoux

Actualisation (28/05/2019) : Les défections se poursuivent. Le géant chinois des télécoms Huawei a cette fois été banni de l’association SD, basée en Californie (Etats-Unis), et ses prochains appareils ne pourront donc dans pas bénéficier des compatibilités SD et micro SD à l’avenir. L’organisation a expliqué sa décision par sa "volonté de se conformer aux ordres" des autorités américaines. Une difficulté que devrait contourner Huawei grâce à ses cartes NM, développées en interne et officiellement lancées avec la sortie de son smartphone Mate 20 fin 2018. Il y a quelques jours, l’alliance Wi-Fi, basée au Texas (Etats-Unis), avait choisi de "suspendre de manière temporaire" le constructeur chinois. Si ce dernier pourra continuer d’exploiter la technologie de communication sans fil, il ne pourra en revanche plus participer à l’élaboration de nouveaux standards… et perdra nécessairement de l’influence dans le secteur des technologies.

 

C’est une situation de crise d’une ampleur inédite pour Huawei. Le géant chinois des télécoms, en difficulté depuis plusieurs mois suite aux accusations américaines d’espionnage, continue de faire les frais de l’annonce faite lundi par le président Donald Trump de son bannissement des Etats-Unis. Si ses produits étaient déjà interdits à la vente dans le pays, il devient également impossible pour Huawei de s’y fournir en composants électroniques ou en logiciels. Les groupes américains doivent désormais obtenir un feu vert de l’administration s’ils souhaitent commercer avec le géant chinois des télécoms.

 

"HUAWEI INCLUS DANS UN ACCORD COMMERCIAL"

Mais voilà un nouveau rebondissement : si le président Trump a estimé que "Huawei est très dangereux, quand on regarde ce qu’ils ont fait du point de vue de la sécurité ou du militaire", il n’exclut pas pour autant un retour de l’entreprise aux Etats-Unis… dans le cadre d’un accord commercial global avec la Chine. "Si on obtient un accord, j’imagine que Huawei sera inclus d’une manière ou d’une autre", a-t-il indiqué au cours d’une conférence de presse, ce jeudi 23 mai 2019.

 

La Chine n’a pas tardé à réagir après les annonces du début de semaine. Par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, Pékin a jugé que cette politique à peine voilée contre Huawei – le géant chinois des télécoms n'est pas explicitement nommé par les textes américains – faisait partie d’un processus de "harcèlement économique (…) destiné à entraver le processus de développement" du pays. Depuis plus d’un an, l’administration américaine met la pression sur la Chine en augmentant progressivement les droits de douane sur toute une série de produits. L’objectif : inciter le pays à se mettre à la table des négociations, Donald Trump ayant plusieurs fois estimé que les Etats-Unis sont aujourd’hui les grands perdants dans les relations commerciales bilatérales.

 

Les défections s'accumulent

Ces effets d’annonce constituent un coup dur pour le géant chinois des télécoms. Après avoir perdu le droit de faire tourner ses smartphones sous le système d’exploitation Android de Google, Huawei a dû encaisser la défection "contrainte" du constructeur britannique de composants électroniques ARM… sur l’architecture duquel il se basait pour développer ses puces en interne. Intel, Qualcomm, Xilinx et Broadcom avaient eux aussi indiqué se mettre en conformité avec les nouvelles règles américaines.

 

Les Japonais leur emboîtent désormais le pas. Le géant de l’électronique Panasonic a annoncé jeudi 23 mai 2019 la suspension de ses transactions avec les "68 sociétés affiliées à Huawei qui sont soumises à l’interdiction du gouvernement américain". Toshiba a pour sa part indiqué que le groupe a décidé de "suspendre" ses livraisons au géant chinois des télécoms le temps de procéder à de plus amples vérifications. "Nous les reprendrons au cas par cas quand nous aurons confirmé que nos produits n’utilisent pas de pièces produites sur le sol américain", a expliqué un porte-parole. La mobilisation des opérateurs téléphoniques prend également de l’ampleur. Les Nippons NTT et Yahoo Mobile ont annoncé mercredi 22 mai 2019 le report du lancement des nouveaux modèles de la marque au lotus, tout comme les Taïwanais  Chunghwa Telecom et Taiwan Mobile. En Europe, seuls les Britanniques EE et Vodafone ont pour l’heure fait part de leurs inquiétudes.

 

Microsoft devrait en toute logique rejoindre la mouvance. Dans un entretien à nos confrères de The Information, le directeur exécutif de la firme Richard Yu a laissé entendre que Huawei pourrait "ne plus avoir accès à Windows". Une décision qui affecterait directement la gamme d’ordinateur Matebook du constructeur chinois, bien que celle-ci soit moins populaire que ses smartphones. Richard Yu aurait par ailleurs avancé au média américain CNBC que le système d’exploitation maison de la marque au lotus pourrait être lancé "dès cet automne sur le marché chinois", dans l’éventualité où les OS de Microsoft et de Google ne seraient plus disponibles. Un changement radical de direction.

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