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L'avenir des objets connectés est dans la réalité augmentée, selon PTC

L'éditeur américain PTC s'est transformé depuis 3 ans en un apôtre de l'Internet des Objets. Il s'est forgé à coup d'acquisitions une panoplie de solutions couvrant toute la chaîne de valeur de l'IoT, des couches les plus basses jusqu'au cloud en passant (évidemment) par la case obligatoire de l’analyse des données et la maintenance prédictive. Pourtant sa botte secrète est toute autre. Il s'agit de Vuforia, une plateforme de réalité augmentée, avec laquelle il veut faire converger les mondes physiques et numériques.
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L'avenir des objets connectés est dans la réalité augmentée, selon PTC
L'avenir des objets connectés est dans la réalité augmentée, selon PTC © DR

A la conférence Liveworx 2016, qui se déroule à Boston du 6 au 9 juin, l’américain PTC a exposé sa vision du futur de l’Internet des Objets. Pour l’éditeur, la clé du succès se trouve dans la fusion du physique et du numérique, rendue possible grâce à la réalité augmentée.

 

PTC est historiquement un spécialiste de la PLM (gestion du cycle de vie du produit), mais il s’est réinventé en champion de l’IoT depuis 2013 au travers de rachats successifs : ThingWorx (2013), Adexa et Kepware (2014), ColdLight (2015) et Vuforia (fin 2015). Ce dernier fait figure d’exception, car son activité n’a pas trait à l’IoT mais à la réalité augmentée. Lorsque PTC l’a racheté à Qualcomm, Vuforia était de plus principalement utilisé pour créer des applications grand public. La logique de PTC est que la réalité augmentée apporte la dernière brique nécessaire au succès l’internet des objets, celle de l’interface homme-machine.

 

Ce mariage étonnant est le différentiateur clé de PTC face à la multitude d’entreprises (des plus grands groupes aux start-up les plus agiles) qui cherchent à s’imposer sur ce marché au combien prometteur mais qui n’en finit plus de naître. Jim Heppelman, le président et CEO de PTC, y croit suffisamment fortement pour avoir décidé de changer la marque de l’entreprise. La symbolique de son nouveau logo est forte : l’union du physique et du numérique. "Nous ne sommes plus le PTC d’il y a quelques années, c’est pour cela que nous avons changé d’identité visuelle, détaille-t-il. Nous voulons que notre marque soit synonyme de la convergence du physique et du numérique, car c’est là que se trouve la création de valeur."

 

Créer des expériences complexes sans code

Pas de surprise donc à ce que l’annonce phare de cette conférence Liveworx soit celle de Vuforia Studio Enterprise, un outil de création d’applications en réalité augmentée à destination du monde professionnel conçu pour pouvoir être utilisé sans avoir à taper une seule ligne de code. "Notre mission est de démocratiser la réalité augmentée auprès du plus grand nombre," n’a eu cesse de répéter Jay Wright, président de Vuforia et transfuge de Qualcomm, tout au long de l’événement. Pour lui, le principal frein à l’adoption de cette technologie était jusqu’ici la difficulté à créer les expériences.

 

 

A ce jour, plus de 25 000 applications commerciales ont été créées par 225 000 développeurs avec Vuforia, totalisant 250 millions d’installations. Mais pour Jay Wright, la statistique la plus intéressante concerne les applications qui ne sont pas listées sur les App Store, issues de projets pilotes en entreprise. Il y en aurait plus de 5000 aujourd’hui, et leur nombre a augmenté de 86% en 2015. Le signe pour le dirigeant qu’un intérêt réel existe de la part de ce marché.

 

La force de Vuforia Studio Enterprise tient en grande partie à son intégration avec la plateforme IoT ThingWorx et l’outil de CAO Creo de PTC. Il permet d’importer un modèle 3D existant (la plupart des formats du marché sont compatibles) sans avoir à le modifier et de l’associer à un objet ou à une partie d’un objet par simple "glisser-déplacer". Mieux, l’intégration avec ThingWorx permet d’attribuer les données de divers capteurs à des jauges virtuelles pour fournir des informations en temps réel à un technicien.

 

ThingMark, le QR Code 2.0

Le positionnement et l’affichage des informations en réalité augmentée sont déterminés par un ThingMark, un marqueur personnalisable (sorte de QR code amélioré) à coller sur l’équipement et à scanner. Ces expériences sont compatibles avec des tablettes iPad ou Surface, mais aussi depuis avril avec le casque HoloLens de Microsoft. Terri Lewis, VP Solutions and Technology de CAT, en a fait la démonstration sur scène avec un équipement de location utilisé sur des chantiers mais aussi d’autres types d’évènements comme des concerts.

 

 

Plusieurs expériences peuvent par ailleurs être attribuées au même ThingMark, le choix étant ensuite proposé à l’utilisateur. L’une peut par exemple être conçue pour effectuer la maintenance d’un appareil tandis que l’autre fait figure de manuel d’utilisation. Les informations qu’il est possible d’afficher vont du voltage à l’autonomie restante de la batterie en passant par le niveau de carburant, le nombre d’heures d’utilisation ou la dernière date de maintenance. De la même manière si un filtre à air doit être modifié, une alarme virtuelle peut le signaler immédiatement au technicien.

 

La même technologie ThingMark peut être utilisée pour faire des démonstrations. "Stocker tous nos appareils peut revenir très cher. En faisant des présentations en réalité augmentée avec des modèles grandeur nature dont différentes parties sont animées (ouverture des portes), on va révolutionner la vente et le marketing des produits." Si ses ambitions sont moindres en matière de réalité virtuelle, Vuforia permet par ailleurs de visualiser des contenus en VR avec Google Cardboard pour faire du "Design Review". Utile dans certains cas, comme par exemple un changement d’échelle pour inspecter l’intérieur d’un moteur.

 

Cloud-only

Les expériences sont stockées dans le cloud et sont téléchargées lorsque le ThingMark est scanné. Point crucial, l’utilisation du cloud implique des modèles très légers afin de limiter les temps d’accès. PTC se targue de pouvoir réduire le poids d’un set de données jusqu’à ce qu’il prenne 150 fois moins de place qu’à l’origine. Un fichier de 1,2 Go ne prend alors plus que quelques Mo. Le secret consiste à réduire le nombre d’éléments présents dans le modèle pour n’afficher que ceux qui sont strictement nécessaires. Au lieu de 3500 ou 4000, l’application n’en garde que 100, tout en s’assurant qu’il reste visuellement correct.

 

Interrogé sur la sécurité des données, Jay Wright se veut rassurant en expliquant que chaque marqueur est authentifié par un identifiant unique et que les communications sont chiffrées de bout à bout. Pas de réponse concrète en revanche concernant la possibilité d’un hébergement sur les serveurs internes d’une l’entreprise. "Le programme pilote est uniquement sur le cloud, et nous étudions d'autres options en vue de la sortie commerciale de Vuforia Studio Enterprise, prévue pour la fin d’année." A noter qu'il n'y a apparemment que 150 places pour le programme pilote, d’après un cadre de PTC détaché auprès des National Labs américains (équivalents du CEA en France), qui sont par ailleurs "très impatients de pouvoir mettre la main dessus".

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