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L'échelon régional prépare aussi son application Maas

De la Nouvelle-Aquitaine aux Hauts-de-France en passant par l'Ile-de-France, les régions préparent leur service MaaS destiné à couvrir les besoins de mobilité des habitants sur la totalité de leur territoire pour faciliter leurs déplacements.
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L'échelon régional prépare aussi son application Maas
L'échelon régional prépare aussi son application Maas © Métropole Alsace Agglomération

"Notre objectif est de sortir le MaaS de sa zone de confort, dans les agglomérations, afin de l'étendre aux habitants des zones rurales et périurbaines, très dépendants de la voiture, et à un public en insertion professionnelle pour lui donner la mobilité d'accès à l'emploi et à la formation", indique d'entrée Eric Quiquet, directeur général de Hauts-de-France Mobilités. La Nouvelle-Aquitaine vise elle aussi à offrir à ses habitants "une mobilité multimodale sans couture sur la totalité de la région", selon Renaud Lagrave, président de Nouvelle-Aquitaine Mobilités. L'initiative de l'Ile-de-France comporte pour sa part un enjeu plus écologique : réduire la densité du trafic routier en incitant les automobilistes à se reporter sur des modes de transport alternatifs.

 

Pour construire un service MaaS adapté à leur objectif, les régions bénéficient déjà de compétences et d'outils adéquats. Autorités organisatrices de mobilités (AOM), elles ont la main sur l'information voyageur, la billettique et l'intégration tarifaire sur leurs réseaux de transport public (bus, tram, TER… ). Elles peuvent ainsi s'appuyer sur leur carte d'abonnement voyageur existante et interopérable entre leurs réseaux de transport en commun, pour proposer un bouquet de modes de transport associant des offres privées, dans une application mobile unique. "L'application de notre carte voyageur PassPass, propose déjà des vélos en libre- service et de l'autopartage auxquels s'ajoutera bientôt du covoiturage longue distance et domicile-travail" illustre Eric Quiquet.

 

Nouvelle-Aquitaine Mobilités inclut aussi dans l'application de sa carte voyageur Modalis des vélos en libre-service et du covoiturage. De même, Ile-de-France Mobilités (IDFM) intègre dans son passe Navigo des vélos en libre-service, du covoiturage domicile-travail, et bientôt des scooters électriques en accès libre.

 

Masse critique

Maîtrisant la diffusion de l'information-voyageur dans leur application MaaS, les régions passent au paiement en ligne. "Nous testons Navigo Lab qui permet d'acheter un titre de transport unique pour l'ensemble des transports publics et des modes de mobilité alternatifs", révèle Laurent Probst, directeur général d'IDFM. "L'abonné va bientôt pouvoir payer en temps réel, sur l'application Modalis, les divers modes de transport choisis de son trajet", ajoute Renaud Lagrave.

 

Mais l'offre d'un service MaaS régional ne semble pas toujours pertinente. C'est le cas de l'Alsace dont le projet a été abandonné au profit de celui de l'agglo de Mulhouse. "Le périmètre de la région était inadapté aux flux de déplacements beaucoup plus denses vers la Suisse, Belfort et la Franche-Comté, qu'à l'intérieur de l'Alsace", explique Christophe Wolf, le directeur Mobilités et transport. Et selon certains experts, les usagers des TER et des cars régionaux ne constituent pas toujours une masse critique suffisante pour que les services d'informations multimodaux régionaux aient une audience notable.

 

Bassin de vie transfrontalier : un cas complexe
Problème d’interopérabilité de la billettique, difficulté d’entente entre autorités organisatrices étrangères… Le fonctionnement d’un service MaaS transfrontalier peut se heurter à plusieurs problèmes. C’est le cas du projet Transfermuga, au Pays basque, entre la France et l’Espagne, porté par l’eurorégion Nouvelle-Aquitaine Euskadi Navarre et destiné à favoriser les modes de transport alternatifs par rapport à la voiture."La difficulté de l’interopérabilité des modes de paiement ne permet pas d’harmoniser la billettique", regrette Julien de Labaca, directeur de Transfermuga. De même, la vente en ligne des titres de transport du service MaaS d’Annemasse agglo sur le Grand Genève, entre la France et la Suisse, est complexe à mettre en place, "car la gouvernance et l’outil ne sont pas transfrontaliers", souligne Alain Letessier, conseiller délégué à la mobilité d’Annemasse agglo.
 
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