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L'empire Essilor contre-attaque les pure-players de la vente d'optique en ligne

Le fabricant français de verres correcteurs Essilor a annoncé, le 27 février, la signature d’un accord en vue d'acquérir l’un des principaux acteurs mondiaux de la vente d’optique ophtlamique par internet, Coastal.com.
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L'empire Essilor contre-attaque les pure-players de la vente d'optique en ligne
L'empire Essilor contre-attaque les pure-players de la vente d'optique en ligne © Essilor

Essilor assume enfin son virage numérique. Les nouveaux acteurs de l’optique ophtalmique sur internet, que le PDG du champion français de verres correcteurs désignait encore récemment comme "les cow-boys qui ne regardent pas l’intérêt du consommateur", sont désormais ses alliés.

Le 27 février, le groupe a annoncé la signature d’un accord en vue de l’acquisition de Coastal Contacts, éditeur du site de vente en ligne d’optique Coastal.com, l’un des leaders mondiaux du secteur. Pour 430 millions de dollars canadiens (282 millions d'euros), Essilor s'offre 5 millions de clients potentiels dans le monde, pour l'essentiel en Amérique du nord, Europe, Asie-Pacifique et au Brésil.

une posture anti-vente en ligne aujourd'hui contredite

Longtemps pourfendeur des nouveaux venus sur le marché du verre ophtalmique, Hubert Sagnières, à la tête d’Essilor depuis fin 2011, maniait les arguments pour attaquer les envieux de son quasi-monopole, les pure-players Sensee (créé par le web-entrepreneur Marc Simonicini), HappyView et Direct Optic en tête.

"Internet peut être approprié s’agissant de certaines catégories de produits, notamment les lentilles de contact, dont 15% sont vendues sur le web, ou les lunettes de soleil, mais pas pour les verres correcteurs complexes comme les progressifs de dernière génération", avait-il lâché lors d’une conférence de presse fin 2013.

Un protectionnisme… officiel. Car, en sous-main, Essilor a depuis quelques années commencé à mener une guerre d’attrition contre ses "ennemis" virtuels. En procédant à de petits investissements sur internet, aux Etats-Unis avant tout, avec le rachat de FramesDirect, EyeBuyDirect ou encore la plate-forme MyOnlineOptical, le groupe a ravi des positions à ces concurrents d’un nouveau genre.

une "croissance du marché" grâce au canal Internet

Avec le rachat du canadien Coastal.com (143 millions d'euros de chiffre d’affaires en 2013), le PDG d’Essilor assume désormais deux virages indispensables pour la pérennité de son groupe : la vente en ligne et le commerce BtoC, idéal pour supprimer les intermédiaires.

"Internet a un rôle incontestable à jouer (…). Dans notre industrie comme dans beaucoup d’autres, le processus d’achat se diversifie et le canal Internet, bien utilisé, peut contribuer à la croissance du marché en favorisant l’éducation du consommateur et en facilitant l’accès à la santé visuelle", concède aujourd’hui Hubert Sagnières dans le communiqué.

Après le rachat des distributeurs en ligne américains depuis 2010, le patron français se justifiait : "Vous n’y trouverez pas nos marques ni nos verres progressifs (Varilux, ndlr), mais cela satisfait des consommateurs qui ont envie d’une monture à 3 heures du matin".

Une ligne qui ne devrait pas être franchie après le rachat définitif de Coastal.com en avril assure aujourd'hui Essilor.

Elodie Vallerey

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