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Les autorités américaines intensifient leur enquête sur le système Autopilot de Tesla

Vu ailleurs La NHTSA, l'agence américaine en charge de la sécurité routière, poursuit son enquête sur la fonctionnalité Autopilot de Tesla et la question de savoir si les conducteurs sont suffisamment attentifs lorsque ce système avancé d'aide à la conduite est enclenché. Cette enquête, qui concerne 830 000 voitures Tesla commercialisées depuis 2014, fait suite à une douzaine de collisions impliquant des véhicules d'urgence stationnés.
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Les autorités américaines intensifient leur enquête sur le système Autopilot de Tesla
Les autorités américaines intensifient leur enquête sur le système Autopilot de Tesla © Unsplash - Tesla Fans Schweiz

L'agence nationale en charge de la sécurité routière aux Etats-Unis (la NHTSA) étend son enquête sur les accidents impliquant des Tesla. Elle concerne désormais 830 000 voitures (Model Y, Model X, Model S et Model 3) vendus à partir de 2014 par l'entreprise, soit la quasi-totalité des véhicules vendus par l'entreprise, et non plus 765000 comme annoncé initialement en août dernier.

Cette enquête qui concerne le système avancé d'aide à la conduite (ADAS) baptisé Autopilot fait suite à une douzaine de collision impliquant des véhicules d'urgence stationnés. La NHTSA réalise désormais une analyse technique ("engineering analysis"). Une étape nécessaire avant que l'agence ne puisse réaliser un éventuel rappel de véhicule, détaille Reuters.
 

17 collisions inspectées de près

La NHTSA ouvre ainsi la dernière étape de son enquête, et doit décider dans un délai d'un an si le véhicule doit être rappelé ou si l'enquête doit être close. Cela fait suite à une première enquête ouverte par la NHTSA en 2021 suite à 11 collisions avec des véhicules d'urgence. Depuis, l'agence a identifié six autres accidents survenus aux cours des deux dernières années.

Dans la plupart des cas, Autopilot a demandé au chauffeur de reprendre le contrôle du véhicule moins d'une seconde avant l'impact. Le système de freinage d'urgence est intervenu dans au moins la moitié des accidents. La NHTSA a également constaté que les premiers intervenants sur la route étaient été visibles par les conducteurs en moyenne huit secondes avant l'impact. Mais les données médico-légales ont montré qu'aucun conducteur n'avait pris de mesures d'évitement entre 2 et 5 secondes avant l'impact, même s'ils avaient tous les mains sur le volant.

Des conducteurs suffisamment attentifs ?

La NHTSA examine si les voitures Tesla garantissent de manière suffisante que les conducteurs soient attentifs. Dans la majorité des cas, il semble que les conducteurs se conforment aux normes mises en place par Tesla et gardent par exemple les mains sur le volant. Le fait que les accidents n'aient pas été évités soulève donc des questions sur le fait de savoir si la stratégie d'alerte de Tesla est suffisante.

La NHTSA, comme le précise Reuters, a déclaré que la mise à jour consiste "à étendre l'analyse de collision existante, à évaluer des ensembles de données supplémentaires, à effectuer des évaluations de véhicules et à explorer la mesure dans laquelle Autopilot et les systèmes Tesla associés peuvent exacerber les facteurs humains ou les risques de sécurité comportementaux en sapant l'efficacité de la supervision du conducteur."

L'importance des interactions homme machine

Au-delà des accidents précédemment évoqués, l'agence américaine s'est penchée sur 106 autres accidents impliquant Autopilot. Dans près de la moitié de ces accidents, le conducteur était "insuffisamment réactif". Cela viendrait mettre en avant le fait que si les conducteurs ont effectivement les mains sur le volant, ils ne sont pas suffisamment attentifs à leur environnement. Une étude menée par des chercheurs du MIT est venue mettre en lumière en septembre dernier le fait que les conducteurs de Tesla sont moins attentifs lorsque le système Autopilot est enclenché.

La manière dont un conducteur peut interagir avec un système embarqué, et inversement, est une considération de conception importante pour les technologies de conduite autonome de niveau 2. La NHTSA a ajouté que "l'utilisation ou la mauvaise utilisation par un conducteur des composants du véhicule, ou la conduite d'un véhicule de manière involontaire n'exclut pas nécessairement un défaut du système." Tesla doit apporter des réponses à l'agence américaine qui pourra ensuite décider si elle entend réaliser un rappel des véhicules ou non.

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