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L’Etat, fortement incité à passer au cloud, avec à la clé 12 milliards d’euros d’économies en 5 ans

Avec son livre blanc "Faire de la France la première nation du cloud", le syndicat professionnel EuroCloud presse l’Etat de passer son informatique sur le cloud. A la clé, deux grandes promesses : l’amélioration des services rendus aux citoyens et des économies estimées à 12 milliards d’euros en 5 ans.

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L’Etat, fortement incité à passer au cloud, avec à la clé 12 milliards d’euros d’économies en 5 ans
Le livre blanc "Faire de la France la première nation du cloud", a été remis à Mounir Mahjoubi le 25 octobre 2017, © Elysée.fr - capture Dailymotion

Le 25 octobre 2017, EuroCloud France, l’association qui regroupe quelque 200 entreprises du cloud computing en France, a remis à Mounir Mahjoubi, secrétariat d'Etat au Numérique, son livre blanc "Faire de la France la première nation du cloud".  Le rapport propose 10 recommandations pour développer le recours au cloud dans les services de l’Etat central mais aussi les collectivités locales et le secteur public. Certaines figuraient déjà dans les conclusions rendues en 2014 du plan "France industrielle" sur le cloud copiloté par Octave Klaba, PDG d’OVH, et Thierry Breton, PDG d’Atos. D’autres sont nouvelles.
 

Effet d'entrainement sur le secteur public

Le livre blanc presse l’Etat de donner l’exemple en passant son informatique dans le cloud. "Cela donnerait de la confiance à ce modèle informatique en France et aurait un effet d’entrainement sur l’ensemble du secteur public, qui représente près de la moitié du PIB, estime Alban Schmutz, vice-président d’OVH en charge de la stratégie de développement, et président de la commission affaires publiques d’EuroCloud. Cela aurait ensuite un effet de levier important pour le développement de l’industrie du cloud en France avec de forts impacts en termes d’investissement, de construction de datacenters, de créations d’emplois et de rentrées fiscales."

Selon  Alban Schmutz, Etat central possède 120 datacenters et certaines collectivités locales disposent de plusieurs salles informatiques. "Cela fait plusieurs milliers de datacenters peu optimaux, qui coûtent cher et qui consomment trop d’énergie", estime-t-il.


Moteur de transformation de l'Etat

Des pays comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Norvège ou l’Australie ont choisi de migrer massivement vers le cloud pour améliorer les services rendus aux citoyens et réaliser d’importantes économies. Sans parler de l’Estonie, le petit Etat balte qui a fait du cloud le socle de son engagement numérique considéré comme le plus poussé au monde.

"En France, il n’y a quasiment rien au niveau de l’Etat, regrette Alban Schmutz. C’est dommageable, car le cloud est un moteur essentiel de transformation de l’Etat et d’optimisation des budgets publics. Il y a non seulement d’importantes économies à réaliser mais aussi de nouvelles rentrées fiscales engendrées par le développement de l’industrie du cloud et l’amélioration de la compétitivité des entreprises qui l’utilisent." Selon une étude du cabinet EY, le cloud pourrait aider l’Etat à générer 12 milliards d’euros d’économie en 5 ans.
 

Pas de volonté politique

Lors de l’évènement Viva Technology, en juin 2017, le président de la République Emmanuel Macron a promis la numérisation de 100% des procédures de l’Etat d’ici 2022. "Le cloud est la solution la plus efficace et la plus sûre pour concrétiser cet objectif, assure Alban Schmutz. La France peut se mettre au niveau des Etats-Unis et même aller plus loin, en devenant le premier Etat de taille significative à aller sur cloud. Pour cela, il faut qu’il passe 80% de ses charges de traitement et stockage de données dans le cloud d’ici 2022. Cette dynamique est importante pour entrainer le reste de l’Europe. Les mesures que nous proposons sont largement soutenues par Bercy et la DGE. Ce qui manque encore, c’est une vraie volonté politique. C’est ce que nous demandons à travers ce livre blanc".

L’une des mesures phares de la feuille de route réside dans l’instauration de la règle du "cloud first". "Cette règle existe aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Norvège ou encore en Australie, explique Alban Schmutz. Les acheteurs publics sont obligés d’envisager d’abord le cloud. Et s’ils sont contraints de faire autrement, ils doivent le justifier. En France, c’est aujourd’hui l’inverse. L’administration doit justifier son choix du cloud. Il est important d’inverser la charge de la preuve."

 

Des mesures déjà actées

Alban Schmutz se montre optimiste. "Notre rapport arrive au bon moment, remarque-t-il. L’Etat a déjà engagé une réflexion sur la refonte de son système d’information. Les premières conclusions sont attendues au début de 2018. Certaines mesures que nous proposons sont déjà actées par le gouvernement. Elles devraient passer dans le train législatif actuel. Ce que nous demandons c’est d’accélérer les choses."

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