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L'Etat prépare une blockchain pour les fréquences libres

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L'Agence nationale des fréquences développe en partenariat avec Blockchain Partner un registre distribué pour optimiser la répartition des fréquences libres et permettre une meilleure collaboration entre les acteurs. Une première expérimentation doit avoir lieu à Station F dans le courant de l'été.

L'Etat prépare une blockchain pour les fréquences libres
Le registre distribué, développé par l'ANFR et la start-up Blockchain Partner, sera d'abord testé au sein de Station F. © Station F

L'Agence nationale des fréquences (ANFR) et la start-up Blockchain Partner annoncent, ce mercredi 18 avril, un partenariat pour déployer une blockchain afin d'optimiser l'utilisation des fréquences libres, de plus en plus sollicitées par les usages du Wi-Fi et le développement de l'Internet des objets.

 

éViter une dégradation du signal 

Le travail de l'ANFR consiste à découper le spectre des ondes radio en un certain nombre de plages et d'attribuer ces plages. En résumé, sa mission consiste à couper le gâteau des fréquences et ensuite à les répartir entre les utilisateurs. Seulement, une partie de ce gâteau correspond à des fréquences libres, qui échappent au rôle d'affectation de l'ANFR. "Historiquement ces bandes libres étaient utilisées par peu d'acteurs. Aujourd'hui elles le sont pour le Wi-Fi, la RFID, les réseaux d'Internet des Objets comme LoRa... La multiplication des utilisateurs Wi-Fi et IoT fait que dans un endroit où il y a une forte concentration des usages cela pourrait brouiller la qualité de la réception. Sans outil pour savoir qui utilise quelle bande de fréquence libre et où, la qualité du service peut se retrouver dégradée", expose Antoine Yeretzian, cofondateur et directeur commercial de Blockchain Partner. "On pourrait même imaginer que certaines entreprises aient à l'avenir des pratiques commerciales douteuses qui consistent à utiliser tout un spectre de fréquences pour empêcher les autres acteurs de les utiliser", avance-t-il.

 

Le projet mené par l'ANFR et la start-up Blockchain Partner consiste donc à proposer aux acteurs un outil d'auto-organisation et de collaboration. "C'est une façon pour l'Etat de permettre à tous de travailler sur ces fréquences sans contrainte", commente Antoine Yeretzian. Concrètement l'outil permettra d'enregistrer l'utilisation de ces fréquences libres sur un périmètre géographique donné. Un premier test doit être mené à Station F, zone où l'utilisation du Wi-Fi est particulièrement dense. Une start-up pourra alors demander l'utilisation d'une fréquence sur une période de temps définie mais aussi visualiser quelles autres fréquences sont utilisées.

 

Un registre distribué pour s'auto-organiser 

Ce registre distribué reposera sur trois couches : d'abord le protocole qui permet de déterminer comment les tenants du registre se parlent entre eux. Il s'agira ici d'une blockchain privée, appelée blockchain de consortium. La deuxième couche correspond au niveau applicatif. C'est le smart contract qui permettra de gérer les affectations des fréquences de manière décentralisée. La troisième renvoie quant à elle aux différentes interfaces utilisateurs.

 

Après une première expérimentation à Station F prévue dans le courant de l'été, les porteurs du projet prévoient de rendre opérationnel l'outil d'ici la fin de l'année 2018. Le dispositif devra entre autres être déployé à l'occasion de la coupe du monde de golf, la Ryder Cup 2018, qui se tiendra en France fin septembre. "Une fois qu'on aura un outil qui permet de gérer ces fréquences libres sur un périmètre donné, on pourra imaginer proposer ce dispositif aux différents affectataires (département ministériel, autorité administrative comme l'Arcep, ndlr) qui sont les interlocuteurs de l'ANFR et qui redistribuent des bandes de fréquences pour leurs propres usages ou à des tiers", explique Antoine Yeretzian.

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