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L'Etat présente le service "France Transfert" pour sécuriser les transferts de fichiers entre agents

Les agents de l'Etat peuvent désormais utiliser "France Transfert" pour s'envoyer des fichiers non sensibles (2 Go maximum par fichier). Depuis deux mois, le service a enregistré 10 500 envois et 15 000 téléchargements. 
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L'Etat présente le service France Transfert pour sécuriser les transferts de fichiers entre agents
L'Etat présente le service "France Transfert" pour sécuriser les transferts de fichiers entre agents © Dinum

La Direction interministérielle du numérique (Dinum) a présenté le 12 avril un nouveau service de transfert de fichiers non sensibles, baptisé "France Transfert". Il permet de partager des fichiers, jusqu'à 20 Go (2 Go maximum par fichier), entre agents de l'Etat et avec tous leurs interlocuteurs extérieurs (usagers, partenaires, prestataires...) dans les deux sens. Le seul prérequis est que l'expéditeur ou le(s) destinataire(s) soit un agent de l'Etat. La vérification de ce statut se fait via l'adresse email professionnelle. 

Jusqu'à 100 destinataires
L'outil permet d'envoyer un pli jusqu'à 100 destinataires, avec la possibilité d'importer une liste de contacts, et de personnaliser le transfert via un mot de passe, la durée de conservation, les modalités d'envoi... Un code de confirmation est envoyé à l'adresse email de l'agent de l'Etat ou à l'usager afin l'envoi du fichier. 

Pour des questions de sécurité, les fichiers envoyés sont supprimés après expiration du délai de validité du pli. Par défaut, la durée a été fixée à 30 jours. Il n'y a pas de suppression automatique du pli quand tous les destinataires l'ont téléchargé, précise la Dinum. C'est 3DS Outscale, la filiale cloud de Dassault Systèmes, qui est en charge de l'hébergement des données transférées le temps qu'elles soient téléchargées par leur destinataire. 

 


10 500 envois et 15 000 téléchargements
L'outil a été conçu et est opéré par le ministère de la Culture. Estelle Cheng, responsable produit au sein de la direction du numérique de ce ministère, raconte que "le besoin d'un outil de ce type a émergé du terrain en 2018 [des] directions régionales des affaires culturelles". Un premier prototype a été élaboré dès juillet 2020 et est depuis en test. Ces deux derniers mois, France Transfert a enregistré 10 500 envois et 15 000 téléchargements. De son côté, le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères a décidé d'en faire un outil par défaut pour ses 13 700 agents. 

France Transfert fait partie du "sac à dos numérique de l'agent public" (SNAP), un environnement de travail numérique s'appuyant uniquement sur des solutions françaises et open source. Une façon de concurrencer les solutions proposées par des grandes entreprises américaines qui ont été longtemps plébiscitées par l'administration française. Or, depuis l'invalidation du Privacy Shield qui a relancé le débat de la souveraineté numérique, le recours à de telles solutions est grandement remis en cause.

Se passer des outils américains
C'est ainsi que Nadi Bou Hanna, le directeur de la Dinum, a publié une circulaire en septembre 2021 indique que les agents ne devaient plus utiliser l'offre Microsoft 365 (anciennement Office 365). La Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) a également tapé du poing sur la table. Elle a jugé que les universités devaient se passer "des suites collaboratives pour l'éducation" commercialisées par des sociétés américaines à cause "des transferts de données personnelles vers les Etats-Unis".

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