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L'hôpital Foch mise sur l'intelligence artificielle pour créer des radiologues augmentés

Trop d'examens et pas assez de radiologues. Voici la situation française actuelle dans les établissements de soin. Pour l'hôpital Foch, la solution se trouve dans l'IA. Grâce à un partenariat avec l'Allemand Siemens Healthineers, les radiologues de cet établissement ont désormais recours à un logiciel capable de détecter automatiquement les différents organes du thorax et les signes d'une maladie en un seul clic.  
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L'hôpital Foch mise sur l'intelligence artificielle pour créer des radiologues augmentés
L'hôpital Foch mise sur l'intelligence artificielle pour créer des radiologues augmentés © Siemens Healthineers

Depuis fin décembre 2019, l'hôpital Foch (Suresnes) utilise en routine un nouveau logiciel capable d'identifier automatiquement les différents organes du thorax et les modifications de tissus susceptibles de constituer les signes d'une maladie. Présenté officiellement le 22 janvier 2020, "AI-Rad Companion Chest CT" aide les radiologues à poser un diagnostic plus rapidement à partir d'un scanner thoracique.

 

Ce dispositif est le fruit d'une collaboration entre l'hôpital Foch et Siemens Healthineers. Les deux entités avaient signé un accord de 12 ans en janvier 2019 pour améliorer la performance du plateau d'imagerie médicale de l'établissement de soin.

 

Créer des "radiologues augmentés"

"Il y a de moins en moins de radiologues et de plus en plus d'examens. Le recours à l'intelligence artificielle permet d'améliorer cette situation en créant des 'radiologues augmentées'", explique le Professeur Philippe Grenier, radiologue thoracique et chef du projet Intelligence Artificielle au sein de l'hôpital Foch, contacté par L'Usine Digitale. En effet, le logiciel "AI-Rad Companion Chest CT" peut effectuer automatiquement de nombreuses tâches qui sont très fastidieuses pour un radiologue. Il est aussi capable de détecter une série de signes cliniques auxquels le professionnel pourrait ne même pas penser car il est concentré sur les symptômes que lui a décrit son patient.

 

 

"Après l'acquisition des images du thorax grâce au scanner, les images 3D sont reconstruites et on sélectionne une série de reconstruction. On clique et on l'envoie dans le cloud où le logiciel d'IA va analyser les images. Au bout de 14 à 17 minutes, le radiologue reçoit toutes les informations sur sa station de travail", détaille le professeur Philippe Grenier.

 

"AI-Rad Companion Chest CT" peut effectuer six tâches : segmenter les contours des poumons et calculer le volume des lobes, détecter les nodules pulmonaires qui peuvent être à l'origine d'un cancer, quantifier l'emphysème pulmonaire (maladie des voies aériennes), analyser l'aorte thoracique, détecter les calcifications coronaires pour prédire le risque de maladies cardio-vasculaires et mesurer la hauteur des corps vertébraux. A la fin, il y a une "visualisation synthétique avec les images clés des différentes fonctions et des tableaux de toutes les mesures" que le professionnel va pouvoir intégrer dans le dossier médical du patient.

 

 

Pour les patients âgés de plus de 40 ans

Cet outil n'a pas pour vocation à être utilisé sur tous les patients de l'hôpital Foch. "Ce logiciel prend tout son sens pour les scanners thoraciques en ambulatoires pour les patients de plus de 40 ans car c'est un outil de détection des anomalies qui n'était pas demandé par le clinicien", indique le professeur Philippe Grenier. En effet, en-dessous de cet âge, les risques de développer un cancer du poumon ou d'avoir une maladie cardio-vasculaire sont moindres.

 

A l'avenir, le professeur Philippe Grenier imagine une fonction bien précise pour ce nouveau logiciel : le dépistage des cancers du poumon. "Cet outil va avoir une raison d'être formidable. C'est le jour où on va mettre en place, en France, le dépistage systématique du cancer du poumon par scanner à partir de 50 ans", explique-t-il. En effet, ce logiciel est parfaitement adapté car il capable de détecter automatiquement les nodules pulmonaires dont la forme et le volume peuvent être le premier signer d'une telle maladie.

 

L'hôpital Foch poursuit sa transformation numérique

A côté de ce partenariat qui commence tout juste à porter ses fruits, l'hôpital Foch s'est doté depuis le 1er janvier 2020 de son propre entrepôt de données de santé (EDS). L'objectif est "d'améliorer la recherche de diagnostic plus ou moins rares et les délais d'accès aux soins cliniques". L'établissement hospitalier espère également que cette base de données permettra de créer "un outil de prédiction" de l'état de santé et des éventuelles rechutes des patients transplantés. En effet, cet établissement hospitalier a ouvert sa Chaire universitaire de transplantation en 2018 pour justement répondre à cette problématique.

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