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[Tribune] L'industrie du conseil devra se réinventer pour l'ère digitale

Tribune La digitalisation, l’augmentation du nombre de profils freelance et la nécessité, pour les entreprises, d’être de plus en plus agiles, bouleversent l’organisation du travail telle qu’on la connaît aujourd’hui. Face à ces enjeux, les cabinets de conseil peinent à réaliser leur transformation. Ils n’ont pourtant plus le choix : il doivent s’adapter pour conserver leur marché face aux plateformes qui facilitent la mise en relation entre clients et consultants indépendants. Si ces dernières ont de l’avance sur ce point, la grande force des cabinets reste justement leur maîtrise de l’activité de conseil, à condition de capitaliser dessus… Telle est l'analyse d'Olivier Fernandes, CEO et fondateur de Colibee. 

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L'industrie du conseil devra se réinventer pour l'ère digitale
[Tribune] L'industrie du conseil devra se réinventer pour l'ère digitale © Fotolia

Au cours des vingt dernières années, trois phénomènes endogènes ont jalonné le monde du conseil et  l’ont poussé (et le poussent encore !) à se réinventer. Tout d’abord la mutation des modes de travail combinée à l’essor de l’entrepreneuriat dans les esprits, phénomène qui a fait émerger de nombreux freelances, aussi bien expérimentés que juniors. Ils ne rêvent plus désormais d’une carrière tracée dans un cabinet de conseil et de ses contraintes : ces derniers voient ainsi une partie de leurs ressources leur échapper.

 

Des missions avec un ROI plus rapides

Deuxième phénomène, celui des attentes des entreprises, qui ont fortement évolué : longtemps habituées à faire appel aux cabinets de conseil pour leur confier des projets longs et coûteux, elles lancent désormais des projets au ROI plus rapide, gérés par des équipes internes et resserrées – par ailleurs souvent constituées d’anciens consultants qu’elles ont recrutés. Elles recherchent alors, à l’extérieur, l’expertise qui leur manque. Ainsi à l’offre de plus en plus importante des indépendants, correspond une demande tout aussi forte des clients. Néanmoins, si les entreprises préfèrent avoir recours aux consultants freelances, elles ne savent pas toujours comment adresser ce vaste marché.

 

Enfin, la mutation digitale de notre économie, qui agit comme un catalyseur des deux premiers phénomènes et, in fine, accélère la mutation du secteur du conseil en faisant émerger des concurrents « 100% digital » : les plateformes. De plus en plus nombreuses, elles facilitent la mise en relation entre entreprises et consultants indépendants. En parallèle, de nouvelles habitudes sont apparues chez les clients, qui attendent à présent davantage d’agilité et de vitesse. Ainsi aux gros projets constitués d’équipes pléthoriques, les clients préfèrent désormais les "Pizza Teams" , de l’expertise et de l’innovation ; cela réclame de nouvelles méthodes et de nouveaux profils qui sont, malheureusement pour les acteurs historiques du conseil, davantage attirés par les startups ou l’indépendance. Les cabinets de conseil n’ont donc plus d’autre choix que d’adapter leur business model, pour survivre à cette révolution.

 

À l’image de ce qui s’est produit avec l’arrivée d’acteurs comme Airbnb, Blablacar, Netflix, Uber…, de grandes entreprises ont déjà perdu la bataille du net et ont vu leurs clients se détourner d’eux au profit de concurrents issus de nulle part mais plus agiles qu’elles. "Dans ce nouveau monde, ce n’est pas le gros poisson qui mange le petit ; c’est le plus rapide qui mange le plus lent" , les Big Four et autres cabinets renommés devraient méditer cette citation.

 

 

Conseil 2.0 : des cabinets traditionnels aux plateformes de conseil

Dans ce nouveau monde, la structure des organisations des entreprises mute. Les hiérarchies s’aplatissent, les contrôles et les process s’allègent et permettent alors de faire circuler plus rapidement l’or noir digital à savoir l’information. Les organisations pyramidales laissent ainsi la place, petit à petit, à des organisations horizontales, plus souples, au sein desquelles les experts, parfois externes à l’entreprise, se rassemblent en une équipe resserrée le temps d’un projet. Ce sont ces modèles d’organisations agiles, s’appuyant sur un écosystème et des expertises extérieures, qui permettront aux entreprises les ayant adoptés, d’innover plus vite et de pouvoir dominer leur marché.

 

Néanmoins si les plateformes 100% digitales facilitent le rapprochement entre consultants indépendants et entreprises, elles ne répondent que partiellement à ce besoin stratégique de constituer un écosystème stable, interopérable et dont l’ADN est complémentaire et compatible avec celui de l’entreprise. En effet, la simple mise en contact qu’elles proposent ne suffit pas.

 

 

Créer un écosystème

Tout d’abord parce qu’une simple mise en relation ne garantit pas le succès d’une mission. Au-delà d’un rapprochement plus ou moins sophistiqué entre compétences recherchées et celles déclarées par le freelance – compétences qui restent tout de même à vérifier – certains éléments tels que : l’adéquation entre les réelles attentes de l’entreprise, le potentiel, la motivation, la personnalité de l’expert recherché, sont également à prendre en compte afin de garantir le succès de la mission confiée. Ensuite, s’il s’agit de constituer un écosystème, les entreprises doivent disposer d’une interface  combinant à la fois les dimensions RH et achats, toutes deux spécialisées dans les prestations de conseil. La dimension achats pour traiter rapidement les besoins formulés par les entreprises en demande de ressources et gérer l’administratif spécifique au statut d’indépendant ; la dimension RH, afin de constituer et animer l’écosystème des consultants indépendants et s’assurer du bon déroulé des missions ainsi que de la bonne adéquation entre compétences, aptitudes, motivation et missions confiées.

 

On constate donc que le rapport de force s’est aujourd’hui, comme dans bien d’autres secteurs, inversé. Le pouvoir est désormais dans les mains des clients et des consultants, et non plus dans celles des cabinets de conseil, auparavant incontournables. Ce nouveau paradigme auquel les cabinets de conseil sont confrontés laissera une grande place aux plateformes qui allieront digital et expertise, et qui, au-delà de la simple mise en relation, auront bien intégré dans leur modèle les spécificités de ce nouveau marché : des plateformes de conseil offrant des services à forte valeur ajoutée à la fois aux clients et aux consultants.

 

 

Olivier Fernandes, CEO et fondateur de Colibee

 

Les avis d'experts sont publiés sous la seule responsabilité de leurs auteurs et n'engagent en rien la rédaction de L'Usine Nouvelle. 

 
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