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L’innolab de BMW encourage l’innovation au coeur de la chaîne de montage

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Reportage L’Innolab de l’usine de montage BMW à Neutraubling s’appuie sur le savoir-faire des employés et de stagiaires pour motiver l’innovation en interne et attirer les jeunes talents. Reportage en Bavière.

L’innolab de BMW encourage l’innovation au coeur de la chaîne de montage
L'exosquelette de BMW a vu le jour au sein de son Innolab. © BMW

Dans la chaîne de montage de BMW à Neutraubling, près de Ratisbonne en Bavière, tout est propre, net comme dans une cuisine high tech. Tous les quelques mètres, une pancarte rappelle les consignes de sécurité et de qualité. Près de la chaîne où passent les BMW X2 ou X1 en cours de finition, "pas question de garder son alliance ou quoi que ce soit qui pourrait rayer les carrosseries", insiste Andreas Sauer, directeur de la communication de l’usine.

 

A un bout de la chaîne, un peu à l’écart mais bien visible dans des bureaux vitrés, une équipe travaille à améliorer encore le déroulement des opérations. Créé en avril 2017, l’Innolab de l’usine de montage BMW travaille "à trouver des solutions non pour améliorer les véhicules eux-mêmes mais pour résoudre les problèmes concrets de la chaîne de montage", commente Fabian Grad, chef de projet du laboratoire d’innovation. Son objectif : réduire le taux d’erreur mais aussi la pénibilité.

 

Une démarche bottom up

"Nous numérisons la chaîne en partant de la base, des besoins et des procédures. Nous ne voulons pas digitaliser pour digitaliser, parce que c’est la mode, mais pour répondre à une demande", ajoute-t-il. Au centre de l'Innolab donc : une démarche bottom up. "L’idée de départ était de rassembler les propositions des quelques 4 000 personnes qui travaillent sur la chaîne", raconte Fabian Grad, "et nous, nous avons les équipes nécessaires pour les développer : IT, designer, mécatronique, communication etc."

 

Développer en interne

Une trentaine d’idées ont été apportées à l’Innolab depuis son lancement. Quelques-unes ont déjà vu le jour. Certaines portent sur l’ergonomie comme des exosquelettes pour soutenir les jambes en position semi-pliée. Comme Audi, BMW travaille avec la start-up suisse Noonee sur un prototype de "chaise sans chaise". Le groupe a également travaillé sur un exosquelette soutenant les bras des employés travaillant sous les véhicules.

 

Un autre projet porte sur la maintenance, via des capteurs permettant de détecter les surchauffes ou les vibrations sur un portique. Le projet a été apporté et développé en interne par les électriciens et mécaniciens chargés de la maintenance. C’est eux, "avec leurs 30 ans d’expérience sur ces installations, qui savent le mieux ce qu’il faut contrôler pour éviter une panne", commente Damir Bajrami, également chef de projet Innolab.

 

Motiver les troupes

Les idées doivent remonter la hiérarchie et les étapes de validation en maximum trois mois. "Il faut ensuite de quelque mois à quelques années pour développer un projet", note Fabian Grad.  Selon une logique de réseaux, les idées sont partagées avec les autres laboratoires du groupe au siège central à Munich, à Leipzig, Berlin ou Dingolfin et ailleurs dans le monde. "Chaque branche du département IT jouera un rôle important dans le processus de digitalisation", soulignait le président du groupe, Klaus Straub, lorsqu’il avait présenté en mars 2016 les objectifs de numérisation et d’innovation de BMW, « Strategy NUMBER ONE > Next » .

 

A Neutraubling, l’un des objectifs est d’encourager l’innovation en interne. Sur les 17 membres de l'Innolab, cinq s’occupent de la communication. Leurs vidéos sont diffusées dans les salles de repos "mais sans le son pour ne pas assommer l’employé qui vient de finir ses 8 heures sur la chaîne et veut juste lire son journal en paix", remarque Fabian Grad. "L’objectif est de donner envie de faire, avec si possible une gamification du processus", ajoute-t-il. L’une des principales innovations du laboratoire est une sorte de Google map disponible sur le réseau interne de BMW et qui permet de situer sur la chaîne les différentes idées et leurs auteurs. Un succès à voir ses 7500 « followers ».

 

Attirer les talents

Ici, la hiérarchie très dominante dans un groupe automobile centenaire saute. "Nous sommes à égalité entre les permanents et les stagiaires qui constituent près de la moitié du staff du laboratoire", insiste Damir Bajrami. A l'Innolab, "ce n’est pas le contremaître avec 30 ans de métier qui donne les directives mais les jeunes qui savent mieux programmer ou se servir d’un iPhone que nous".

Même si l’austère Innolab est loin des open-spaces avec baby-foot et canapés des start-up numériques, ses ambitions implicites sautent vite aux yeux : attirer les jeunes talents. Avec pas moins de sept poids lourds de l’industrie allemande dans la région, de Siemens à Krones, la concurrence est rude.

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