Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

"L’innovation sera le moteur de la transition vers une société zéro carbone, perçue comme contraignante", Christel Heydemann (Schneider Electric France)

Entretien Après l’ouverture de sa première "usine du futur" en 2018, Schneider Electric accélère sur le front de la transformation numérique. L’entreprise a récemment annoncé un logiciel de réalité augmentée pour aider ses techniciens, et propose une offre qui se veut complète pour accompagner ses clients. Pour L’Usine Digitale, Christel Heydemann, présidente directrice générale de sa division française, revient sur la stratégie du groupe en la matière... dont l'un des objectifs est de participer à l'avènement d'une société sans carbone.
mis à jour le 10 septembre 2019 à 18H00
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

L’innovation sera le moteur de la transition vers une société zéro carbone, perçue comme contraignante, Christel Heydemann (Schneider Electric France)
Christel Heydemann est à la tête de Schneider Electric France depuis 2017. © Olivier Ezratty pour Schneider Electric

L’Usine Digitale : Schneider Electric accélère sur la transformation numérique de ses sites industriels. Vous avez annoncé que 100 usines seront mises à niveau d’ici à 2020. Quels étaient les objectifs de l’expérimentation menée au Vaudreuil (27) ?

Christel Heydemann : Nous souhaitions faire de cette usine, âgée de quarante ans, une vitrine de l'industrie 4.0, avec la mise en œuvre de nos solutions EcoStruxure. Et le résultat est là ! Nous avons par exemple amélioré de 7 points la performance des équipements de production et réduit de 80 % le temps rouge des opérations de maintenance. L'autre objectif de ce projet pilote consistait à déterminer une manière d’implémenter toutes sortes de capteurs pour moderniser les infrastructures sans pour autant perturber la production ou changer les machines. Notre site du Vaudreuil a accueilli quelque 4 000 visiteurs en un an, majoritairement des clients qui veulent s’inspirer de ce que nous avons fait ou que nous intégrions nos solutions chez eux.

 

Il n’est pas toujours simple d’adapter de tels projets de digitalisation à l’échelle de chaque entreprise. Nous avons cherché à développer une solution complète et transposable partout dans le monde. Nos équipes de conseil peuvent aujourd’hui fournir des projets clé en main ou former des PME issues du secteur industriel. Le Vaudreuil est certes une vitrine du savoir-faire de Schneider Electric en la matière, mais c’est surtout un avantage compétitif. C’est pourquoi je confirme que 100 autres sites du groupe seront mis à niveau d’ici à l’année prochaine. Cela représentera à ce moment-là les deux tiers de nos usines. A ce propos, un nouveau site sera inauguré à Evreux (27) le 4 novembre prochain.

 

Le 19 août dernier, vous annonciez le déploiement du logiciel EcoStruxure Augmented Operator Advisor à destination des techniciens. Quelles sont les différentes solutions mises en place ?

C. H. : En France, l’investissement total en matière de maintenance industrielle se chiffre à 22 milliards d’euros par an. C’est logique : à l’heure actuelle, on estime que les techniciens peuvent passer près de 50 % de leur temps à rechercher les informations nécessaires à leur intervention. Partant du constat que le digital simplifie ces diverses opérations, nous avons développé l’offre EcoStruxure. Il s’agit d’un ensemble de logiciels pour mieux gérer ses activités. La solution, cloud agnostic, s’adapte aux envies et aux besoins de nos clients, bien que nous ayons un partenariat privilégié avec Microsoft.

 

Augmented Operator Advisor est une solution de réalité augmentée. Concrètement, un opérateur filme le champ d’opération avec une tablette et l’application se charge de présenter de manière dynamique les informations adéquates à la situation. Cela permet notamment de détecter toute anomalie en temps réel. EcoStruxure permet également de gérer la consommation et la qualité de l’électricité dans un bâtiment donné [notamment pour éviter les surtensions, N.D.L.R.]. La suite logicielle de notre filiale Aveva comporte un volet comprenant un manufacturing execution software (MES). Nous avons par ailleurs mis au point des "micro data centers" qui permettent d’héberger localement des données. C’est une réponse aux problématiques de cybersécurité à l’heure de l’edge computing, bien sûr, mais aussi une manière de réduire ses coûts puisqu’il n’y a plus besoin d’hébergeur externe.

 

 

Pour mettre sur pied une offre complète pour la maintenance prédictive, nous avons conçu une box dédiée à l’IoT. Divers capteurs – pression, température, présence, entre autres – de notre fabrication peuvent être embarqués. Je ne peux pas donner de nom, mais un grand industriel français vient d’en acheter un millier pour équiper ses infrastructures. Schneider a, par ailleurs, commencé à implémenter des cobots [robots collaboratifs, N.D.L.R.] pour prendre en charge les tâches pénibles dans ses usines. Nous disposons également de véhicules autoguidés, chargés de déplacer des palettes par exemple.

 

Comment abordez-vous la suite de la transformation numérique de Schneider Electric ? Quelle est votre stratégie à moyen-terme, et au travers de quelles solutions celle-ci se traduira-t-elle ?

C. H. : Notre stratégie en matière de numérique tient sur deux jambes. La première consiste à rendre, en interne, l’ensemble de nos processus métiers et opérationnels [marketing ou e-commerce, par exemple, N.D.L.R.] plus efficaces. La deuxième, devenir un acteur reconnu dans l’accompagnement d’entreprises vers une gestion intelligente des bâtiments... mais aussi des data centers, qui sont à eux seuls la véritable définition d’une usine numérique ! Tout cela dans le cadre d’une démarche visant à atteindre l’objectif que s’est fixé la France d’atteindre une société sans carbone d’ici à 2050. L’innovation sera l'un des moteurs de cette transition, parfois perçue comme contraignante.

 

C’est cette vision qui guide nos axes de développement. Dans l’idée d’en faire une vitrine de notre expertise, notre siège de Rueil-Malmaison (92) a été équipé avec des capteurs de température, de pression ou encore de présence pour réduire notre consommation électrique globale. Nous avons également apposé des panneaux solaires sur les toitures. Et c’est ce que vous nous voulons dupliquer sur d’autres projets. C’était d’ailleurs le sens du projet smart city IssyGrid, auquel nous avons participé. Par ailleurs, nous n’entendons pas passer à côté de la 5G. Nous avons signé un partenariat avec Orange en avril pour imaginer des cas d’usage divers. L’intérêt pour l’industrie est majeur. Là encore, il s’agira d’une technologie qui permettra de connecter les usages pour un gain de temps et de flexibilité.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale