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L'Institut Curie et Swiss Life veulent prédire l'efficacité de l'immunothérapie contre le cancer grâce à l'IA

L'Institut Curie, spécialisé dans le traitement du cancer, et l'assureur Swiss Life lancent un appel à projet pour créer un outil capable de prédire l'efficacité de l'immunothérapie dans les cancers du poumon. Connaître la probabilité de guérir permettrait aux équipes médicales de choisir la meilleure stratégie de soin. La proposition des participants devra impérativement utiliser l'intelligence artificielle et "être innovante".    
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L'Institut Curie et Swiss Life veulent prédire l'efficacité de l'immunothérapie contre le cancer grâce à l'IA
L'Institut Curie et Swiss Life veulent prédire l'efficacité de l'immunothérapie contre le cancer grâce à l'IA © Unsplash/National Cancer Institute

Le traitement du cancer évolue régulièrement grâce au développement de nouveaux traitements, mais chaque patient répond différemment aux thérapies. C'est en partant de ce constat que l'assureur Swiss Life et l'Institut Curie, fondation spécialisée dans le cancer, se sont associés pour lancer un appel à projet le 22 janvier 2020. Les participants devront présenter un outil capable de prédire l'efficacité de l'immunothérapie à partir d'analyse d'images des patients atteints de cancers du poumon. La proposition devra impérativement utiliser l'intelligence artificielle (IA) et "être innovante".

 

60 000 euros de dotation

S'adressant aux start-up et aux chercheurs, le challenge "AI4Curie" est ouvert jusqu'en avril 2020. Le lauréat sera sélectionné en juin et se verra doter d'une enveloppe de 60 000 euros. Une phase de test se déroulera ensuite de septembre à décembre 2020 dans les locaux de l'Institut Curie.

 

"Nous avons choisis le cancer du poumon car c'est une maladie fréquente et grave où il y a beaucoup d'innovation thérapeutique", explique Nicolas Girard, chef de service à l'Institut Curie spécialisé en pneumologie et membre du jury, contacté par L'Usine Digitale. Parmi ces innovations, il y a l'immunothérapie, qui, au lieu de s'attaquer aux cellules cancéreuses, aide le système immunitaire à les reconnaître et à les détruire.

 

Choisir la meilleure stratégie de soin

Mais comme pour tout traitement, les patients sont inégalement réceptifs. "Si une personne a 30% de chance de répondre à l'immunothérapie, on va quand même y avoir recours mais en surveillant régulièrement l'avancement", précise Nicolas Girard. En bref, connaître la probabilité de guérir grâce à cette approche thérapeutique permettrait à l'équipe médicale de sélectionner la meilleure stratégie de soin. 

 

Nicolas Girard a déjà une idée de la solution : récolter des images de biopsies du poumon et entraîner un algorithme à repérer les anomalies. Après avoir digéré de grandes quantités de données, le système sera capable de dire si telle ou telle structure de tumeur va être réceptive ou non à l'immunothérapie. Le plus gros défi pour les participants au projet est donc de mettre sur pied cet algorithme.

 

De nouvelles approches grâce à l'IA

L'utilisation de techniques d'intelligence artificielle a ouvert de nouvelles perspectives dans la guérison des cancers. La start-up française Owkin a récemment présenté une solution, baptisé "MesoNet" capable de prédire l'évolution du mésothéliome, un type de cancer touchant la paroi du poumon et lié à l'exposition à l'amiante. Publiés dans la revue Nature le 7 octobre 2019, les travaux ont consisté à entraîner un réseau de neurones avec près de 3000 images de biopsie de la plèvre faites sur des patients atteint de mésothéliome.

 

D'autres acteurs misent plutôt sur la télémédecine pour prédire le cancer du poumon. C'est le cas de l'entreprise française Sivan Innovation, qui a mis au point le logiciel de télésurveillance "Moovcare". Le fonctionnement est très simple : chaque lundi, le patient répond à douze questions sur sa condition physique (douleurs, essoufflements…). "Un algorithme permet ainsi de mesurer l’évolution des symptômes. Si une anomalie est détectée, une alerte est envoyée au médecin référent, qui peut alors adapter le suivi", expliquait le Dr Fabrice Denis, à l’origine de la solution. Et Moovcare a fait ses preuves : les utilisateurs souffrant d'un cancer du poumon vivraient en moyenne 7,6 mois de plus que les patients bénéficiant d'un suivi classique. Depuis juillet 2019, le logiciel est remboursé par l'Assurance maladie.

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