Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

L'Italie condamne le service de livraison Foodinho (Glovo) à une amende de 2,6 millions d'euros

Vu ailleurs L'autorité italienne en charge de la protection de la vie privée condamne le service de livraison Foodinho, qui est détenu par Glovo, à une amende de 2,6 millions d'euros. Foodinho est condamné pour ne pas avoir expliqué ses algorithmes de gestion automatique des commandes, ne pas s'être assuré que l'évaluation automatique des performances des livreurs était correcte et ne pas avoir proposé de solution de contestation des mesures prises par les algorithmes à l'encontre des livreurs.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

L'Italie condamne le service de livraison Foodinho (Glovo) à une amende de 2,6 millions d'euros
L'Italie condamne le service de livraison Foodinho (Glovo) à une amende de 2,6 millions d'euros © Glovo - Gabrielle CÃzard

Un service de livraison de repas à domicile condamné à une amende de 2,6 millions d'euros en raison de son système de gestion des livreurs par algorithmes. L'autorité italienne en charge de la protection des données a condamné Foodinho, qui est détenue par l'espagnol Glovo, à cette amende et lui ordonne de revoir ses algorithmes afin d'éviter les discriminations puisqu'elle a constaté des infractions à la vie privée et au droit du travail, comme le rapporte Reuters.

Dans sanctions automatiques incontestables
Le gendarme italien a mené une enquête sur la gestion de ses 19 000 livreurs italiens par Foodinho ainsi que par d'autres plateformes de livraison. Il assure que Foodinho n'a pas correctement expliqué son système de gestion automatique des commandes aux travailleurs et a échoué à s'assurer que le résultat du processus automatique pour évaluer les performances des livreurs était correct. Foodinho n'a également pas fourni de processus permettant aux livreurs de contester les décisions prises par les algorithmes, dont l'exclusion de livreurs qui ne peuvent plus prendre en charge de commande.

Foodinho dispose de 150 jours pour faire les changements demandés. Le gendarme a ajouté que l'autorité espagnole de protection des données va regarder du côté de Glovo, qui possède Foodinho, pour voir si la plateforme de livraison qui est présente dans de nombreux pays contrevient ou pas au droit du travail et au respect de la vie privé. Glovo revendique 10 millions d'utilisateurs répartis dans une vingtaine de pays.

Un tribunal espagnol a statué l'année dernière que les travailleurs de Glovo étaient des employés et non des indépendants. Plus récemment, le gouvernement espagnol a signé un accord avec les partenaires sociaux afin d'introduire une présomption de salariat dans le code du travail. Cet accord prévoit que les syndicats soient informés des règles régissant les algorithmes utilisés par les plateformes et pouvant avoir un impact sur les conditions de travail. Une façon d'avoir un regard sur les sanctions émises par les applications en raison de délais de livraison trop longs ou d'un nombre de refus de course jugé trop élevé.


Un changement au niveau européen ?
Cette condamnation du gendarme italien survient alors qu'un débat est actuellement mené au niveau de l'Union européenne sur une éventuelle régulation des travailleurs indépendants exerçants via les plateformes du numérique. Une consultation publique est ouverte par la Commission européenne qui cherche à recueillir différents avis.

Les syndicats assurent que les algorithmes de gestion sur les plateformes internationales érodent les salaires et les droits des travailleurs, détaille Reuters. Et ce alors que la pandémie de Covid-19 et les mesures de confinement ont augmenté la demande pour de tels travailleurs occasionnels exerçant sur les plateformes de livraison.

Au Royaume-Uni, Uber a accordé le statut de "travailleur" aux chauffeurs exerçant sur sa plateforme. Ce statut hybride du droit britannique, différent de celui de salarié doté d'un contrat de travail, leur permet de bénéficier de certains avantages sociaux comme le salaire minimum, les congés payés et la pension de retraite.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.