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L'Oréal sublime peau et cheveux par le calcul

Le numéro un mondial de la beauté accélère sa recherche en nouvelles molécules et veut percer les mystères des tissus humains.
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L'Oréal sublime peau et cheveux par le calcul
À droite, une vraie mèche de cheveux. À gauche et au centre sa simulation, créée à partir du premier modèle de chevelure dynamique et paramétrable.

Quel est le point commun entre un filtre solaire appliqué sur la peau, capable d’absorber les ultraviolets, et les peintures déposées sur le revêtement d’un avion pour piéger des ondes électromagnétiques ? Les mêmes équations sont utilisées pour appréhender leur complexité et anticiper leur efficacité. Vingt ans après la biologie, le calcul intensif et la modélisation 3 D font aujourd’hui figure de révolution chez L’Oréal. Pour concevoir les innovations de demain, plus question de se laisser guider par les recherches en chimie et physico-chimie. "C’est un changement complet de paradigme, s’enthousiasme Bernard Querleux, senior research associate, responsable du projet calcul intensif au sein de L’Oréal recherche et innovation. Désormais, c’est un calcul qui oriente la synthèse d’un nouvel actif ou la réalisation d’une formule physico-chimique. En multipliant les simulations, nous explorons le jamais vu !"

Équipement high-tech externalisé

Depuis plusieurs années, le numéro un mondial de la beauté fait la part belle au numérique au sein de sa recherche avancée. Pas rentables l’achat d’un supercalculateur ou la constitution d’une équipe d’as du calcul intensif en interne ? L’Oréal signe un partenariat avec le CEA pour bénéficier de l’équipement high-tech et de l’expertise de son centre de calcul recherche et technologie. « En reproduisant sur ordinateur le comportement de la peau et des cheveux, nous pouvons améliorer notre connaissance de ces tissus biologiques complexes et peu étudiés au niveau mondial », explique Bernard Querleux. Le français a pris les devants sur ses principaux concurrents, l’américain Procter & Gamble et l’anglo-néerlandais Unilever, également adeptes de la simulation.

Le comportement de la chevelure, un ensemble de 120 000 à 150 000 cheveux, était jusqu’alors jugé trop complexe pour être modélisé. À partir d’un ensemble de paramètres pertinents, L’Oréal et le CNRS mettent alors au point un modèle statique qui décrit le comportement mécanique d’un cheveu. Puis, le groupe et un laboratoire de l’Inria, spécialisé dans la représentation de scènes complexes comme les champs de blé, planchent sur l’écriture d’équations qui régissent les mouvements du cheveu. En 2006 naît ainsi le premier modèle de chevelure dynamique et paramétrable. "Cela a ouvert un formidable champ d’expérimentation pour nos équipes de recherche dans le développement de nouveaux produits, car nous comprenions comment, en jouant sur un paramètre, l’apparence d’une chevelure pouvait être modifiée", ajoute Bernard Querleux. Une innovation utilisée par le géant de la beauté dans ses gammes de shampooing, pour les rendre plus lissants ou plus coiffants. Mais il faudra patienter quelques années avant de pouvoir s’appliquer le premier produit cosmétique entièrement conçu sur ordinateur.

Gaëlle Fleitour

 
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