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Des algorithmes pour protéger le réseau électrique d’une faille venue de l'IoT

L’an dernier, Princeton a détecté une faille qui permet aux pirates d’exploiter l'énergie utilisée par les appareils connectés pour faire des ravages sur le réseau électrique. La célèbre université américaine a annoncé mardi 24 septembre 2019 qu’une de ses équipes de recherche est parvenue à développer des algorithmes pour le protéger.
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Des algorithmes pour protéger le réseau électrique d’une faille venue de l'IoT
Des algorithmes pour protéger le réseau électrique d’une faille venue de l'IoT © Université de Princeton

C’est une faille d’ampleur, qui aurait, un jour, pu paralyser la société toute entière. Mise au jour par l’université de Princeton (Etats-Unis) en 2018, cette dernière permet aux appareils connectés de perturber le fonctionnement le réseau électrique. Une de ses équipes de recherche a annoncé mardi 24 septembre 2019 avoir développé des algorithmes, décrits dans la revue scientifique de l'IEEE, à même de protéger celui-ci. "La nature cyber-physique du réseau en fait une menace qu’il faut à tout prix éliminer, car une coupure de courant de grande échelle pourrait avoir des conséquences critiques", a précisé l’un des auteurs de l’étude, Prateek Mittal, professeur associé de génie électrique.

 

LES IDENTIFIANTS DE L’IOT MIS EN CAUSE

Les systèmes de contrôle des réseaux électriques par ordinateurs sont devenus la norme. S’ils ont permis à de nombreuses sociétés d’améliorer la gestion de l’énergie, ces derniers ont également créé leur lot de vulnérabilités. Les fournisseurs d’électricité régulent l’activité des générateurs et des lignes à haute-tension en fonction des prévisions réalisées par l’ordinateur en termes de consommation.

 

Cela permettrait à des personnes malintentionnées de recourir aux objets connectés pour créer une demande artificielle en énergie, anormalement supérieure au niveau attendu par les opérateurs. "Une telle attaque, coordonnée, implique que les criminels n’auraient même pas besoin de connaissances en matière d’infrastructures, par exemple", soulignent les chercheurs. En cause : le fait que l’IoT a largement recours à des pseudonymes et mots de passe déterminés par défaut.

 

La réponse de l’équipe de Princeton consiste à optimiser la gestion des pics de consommation. "Un des algorithmes permet d’ajuster automatiquement l’énergie sortant des installations. Un autre peut servir pour rétablir le courant de manière plus rapide après une panne", illustre l’auteur principal de l’étude et associé de recherche postdoctorale, Saleh Soltan, qui rappelle qu’en 2016 "le botnet Mirai avait, par exemple, exploité un demi-million d’objets connectés pour bloquer temporairement l’accès à des sites tels que Twitter et Netflix"

 

Un surplus de 9% d’électricité

L’université entend mener des essais en lien avec des fournisseurs d’électricité, tandis que les autorités américaines veulent légiférer sur la question des infrastructures. La solution de Princeton augmenterait le coût de production d’environ 6%. Mais le dispositif permettrait parallèlement de sécuriser une installation qui recevrait subitement un surplus de 9% d’électricité.

 

Selon les chercheurs, contrôler quelque 600 000 appareils dotés d’une grande puissance électrique pourrait donner la "capacité de manipuler environ 3 000 mégawatts en un instant" – soit l’équivalent de la production d’une centrale nucléaire. D’où leur proposition de gérer les excès de consommation au plus près de la source… et éviter des épisodes de coupure générale, qu’ont eu l’occasion de connaître le Nord-Est des Etats-Unis en 2003 comme l’Argentine et l’Uruguay début 2019.

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