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La biotech Core Biogenesis lève 10 millions d'euros et abandonne le marché de la viande artificielle

Levée de fonds La start-up française Core Biogenesis boucle une série A de 10 millions d'euros pour industrialiser sa production de facteurs de croissances, des molécules clé pour fabriquer des thérapies cellulaires. Après s'être intéressée à la viande artificielle, elle se concentre désormais sur le traitement contre le cancer et les maladies neurodégénératives. 
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La biotech Core Biogenesis lève 10 millions d'euros et abandonne le marché de la viande artificielle
La biotech Core Biogenesis lève 10 millions d'euros et abandonne le marché de la viande artificielle © Core Biogenesis

La start-up Core Biogenesis annonce ce 29 mars une levée de 10 millions d'euros menée par XAnge et Blue Horizon Ventures. Entrepreneur First, Thia Ventures et plusieurs Business Angels y ont également participé.

La bioproduction de facteurs de croissance
Créée en mai 2020 à Strasbourg, elle est spécialisée dans "la bioproduction de facteurs de croissance" qui sont "des molécules clés pour fabriquer des thérapies cellulaires", détaille Alexandre Reeber, co-fondateur de l'entreprise, à L'Usine Digitale. Elles consistent à greffer des cellules afin de restaurer la fonction d'un tissu ou d'un organe. "Elles ont un énorme potentiel pour le traitement de certaines maladies, du cancer aux maladies neurodégénératives", ajoute-t-il.

Or, les coûts de production des facteurs de croissance sont très élevés. "Elles coûtent deux millions d'euros par gramme en moyenne", explique le co-fondateur. Grâce à sa technologie de production à grande échelle, Core Biogenesis promet de diviser leur coût par 10. "Nous espérons aller jusqu'à 100 fois moins cher sur les prochaines années", confie-t-il.

La technologie de fabrication repose sur l'utilisation de la Camelina sativa (lin sauvage), une plante de la famille des Brassicaceae cultivée en Europe pour la production d'huile végétale et l'alimentation des animaux d'élevage. "C'est une combinaison de trois gènes de résistant qui, atténués, permettent de multiplier par 25 le facteur de rendement", schématise Alexandre Reeber.

Le marché de la clean meat abandonné
A l'origine, la jeune pousse ciblait deux marchés : la santé et la viande artificielle. Le second a finalement été abandonné. "En tant que start-up, nous devions nous concentrer sur une seule application, se justifie le co-fondateur. Même au sein de la thérapie cellulaire, nous avons fait des choix." Au-delà d'une appétence plus importante de l'équipe pour le secteur des soins, le marché de la clean meat n'est pas assez mature, indique-t-il. Ajoutons que des mastodontes du secteur sont en train de se former et que des entreprises traditionnelles de l'agroalimentaire s'y penchent également, comme Nestlé

L'entreprise ambitionne de commercialiser ses molécules début 2023 à l'industrie pharmaceutique. Ce qui nécessite de passer leur production d'une échelle de laboratoire à une échelle industrielle grâce à la construction d'une usine située à Strasbourg. Elle va également recruter une dizaine de profils scientifiques et techniques sur les 6 prochains mois, portant à 30 son nombre de collaborateurs.

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