Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

La Bourse aux Livres transforme avec succès le marché du livre d’occasion

10 mois après son lancement, La Bourse aux Livres vient de franchir le cap des 130 000 livres vendus. Derrière cette plateforme, trois anciens étudiants qui ont voulu digitaliser un secteur peu structuré, dans un contexte marqué par l’essor du marché de seconde main. Les précisions d’Alexandre Taillandier, cofondateur et dirigeant.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

La Bourse aux Livres transforme avec succès le marché du livre d’occasion
La Bourse aux Livres transforme avec succès le marché du livre d’occasion © La Bourse aux Livres

Lancée en janvier 2020, La Bourse aux Livres est une application permettant de revendre des livres d’occasion. Fonctionnant à la manière d’un dépôt-vente en ligne, la société propose, au travers d’une application mobile, d'estimer la valeur d’un livre et de le lui confier à pour qu’elle les vende.

"Notre objectif est de devenir l’acteur français de référence du livre d’occasion, afin de permettre au plus grand nombre de revaloriser un maximum de livres", explique en préambule Alexandre Taillandier, cofondateur avec Tom Castano et Dorian Lovera, et qui dirige la start-up.

Une véritable plateforme e-commerce
Les trois entrepreneurs se sont rencontrés à Lille au cours de leurs études. "Nous avons constaté que le système de bourses aux livres, très répandues, était en même temps très désorganisé, avec des vendeurs et des acheteurs sans véritable tiers de confiance ou d’interlocuteurs qui ne disposaient pas des bons outils", poursuit-il. Le premier projet est donc centré sur un système de revalorisation des livres universitaires, avant de changer d’échelle devant un autre constat : la revente de livres sur Internet concerne en réalité quasiment tout le monde.

L’application, gratuite, est ainsi inspirée du système de bourse aux livres traditionnelle. L’utilisateur doit scanner le code barre des livres dont il souhaite se débarrasser. La solution réalise une estimation du gain en temps réel sur le bénéfice net (après calcul des coûts de logistique et du prélèvement de la commission), si le livre est vendu par ce moyen, et non pas du prix de vente. "C’est un système prédictif qui estime dans le temps la volatilité des prix et les tendances selon les catégories", détaille Alexandre Taillandier.

L’utilisateur reçoit un bordereau et doit déposer le pli dans un point relais avant d’être acheminé dans un entrepôt où il est stocké pour une durée d’un an. La Bourse aux Livres réceptionne le livre, le vérifie et le stocke. "C’est une expertise de vendre sur Internet, cela prend du temps. Nous proposons donc de fournir cette expertise d’e-commerçant.

Une revalorisation du marché des livres d'occasion
Dans 85% des cas, le livre est vendu. LBaL prend en charge l’expédition vers le nouveau propriétaire et verse le fruit de la vente sur le compte de l’ancien propriétaire. Passé ce délai, le propriétaire a le choix de le donner à l’association Bibliothèque-sans-Frontières ou de les récupérer à son domicile pour la somme forfaitaire de 4 euros.

La start-up se rémunère via une commission sur les ventes de livres. Ceux-ci sont revendus 3 à 5 fois moins cher que le neuf, et l’offre est majoritairement de bonne qualité, avec 67% des livres proposés sont sans défaut, dans un état proche du neuf. "Notre but est de revaloriser un maximum de livres pour faire de l'occasion une norme", poursuit Alexandre Taillandier.

Derrière l’application, simple d’utilisation et très intuitive, une "infrastructure très robuste, et conçue en interne", souligne Alexandre Taillandier. La start-up développe ses propres actifs technologiques en matière de machine learning et de prédiction des prix, d’infrastructure de distribution multicanale et de parcours utilisateur.

En juillet, LBaL a ainsi lancé une boutique en ligne et elle a fait le choix d’utiliser aussi les plateformes de vente classiques comme Fnac, Cdiscount, Amazon ou encore eBay, afin de maximiser les chances de revente. Un parti-pris qui réduit quelque peu son image de marque, rarement mise en avant sur les grandes plateformes, mais qui permet de toucher une audience de plusieurs millions de clients. Par ailleurs, les vendeurs peuvent déposer leurs colis dans quatre magasins Fnac parisiens. Elle travaille également avec des bibliothèques d’entreprises et des collectivités.

Un million d'euros de CA en un an
Le cap des 100 000 livres revendus, franchi mi-décembre, est déjà obsolète. A date, 130 000 livres ont été vendus. Au départ entreposés dans un garage de Saint-Denis, les livres sont désormais stockés via un partenaire à Pantin (93). Le lancement est un succès dans un contexte où le marché de seconde main n’a jamais été autant plébiscité par les consommateurs. "142 millions de livres sont envoyés au pilon chaque année", rappelle la société.

La société explique enregistrer une croissance mensuelle à deux chiffres, qui s’est accélérée d’abord avec le confinement, propice à des grands rangements, puis avec la période des fêtes, où certains en profitent pour revendre leurs cadeaux. Par ailleurs, dans un contexte de fermeture de librairies pendant plusieurs semaines, les ventes en ligne du secteur se sont envolées.

La Bourse aux Livres compte entre 700 et 1200 nouveaux téléchargements quotidiens et revendique 75 000 visiteurs mensuels pour un total de 125 000 téléchargements. L’application, disponible sur iOS et Android, a permis de collecter 205 000 livres.

Autofinancée, la start-up a réalisé un million d’euros de chiffre d’affaires pour sa première année d’existence. Elle recrute activement, en particulier un lead développeur senior, expérimenté sur des infrastructures comprenant de nombreux flux de données en NodeJS (Typescript).

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media