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La CFE-CGC de la métallurgie sonne le tocsin du numérique

La fédération CFE-CGC de la métallurgie tenait son 43e congrès toute la semaine à Poitiers. Avec un thème qui a bousculé ses militants : l’inéluctable numérisation de l’industrie.
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La CFE-CGC de la métallurgie sonne le tocsin du numérique
Gabriel Artero, président, depuis 2006, de la Métallurgie CFE-CGC. © Philippe Schaff

Les propos ont dérangé et suscité de vives réactions... Pour son 43e congrès, la fédération de la métallurgie CFE-CGC n’a pas hésité à bousculer ses troupes. Le thème principal du congrès du syndicat semblait pourtant consensuel : "Notre industrie a de l’avenir". Evident pour tous les participants, mais quel avenir ? Les points de vue des représentants patronaux, d’un économiste, ou d’experts, invités à s’exprimer en clôture de quatre jours de rencontres au palais des congrès du Futuroscope, n’ont pas tous été appréciés.

 

La numérisation de l’économie, l’inéluctable arrivée des robots dans les usines, le fait qu’ils vont remplacer les hommes et détruire de l'emploi, projections chiffrées à l’appui, "ça ne fait pas plaisir à entendre, c’est sûr", commente un participant. "Mais il faut y aller, sinon ce sera pire", poursuit Philippe, 55 ans, qui travaille pour un équipementier aéronautique d’Ile-de-France et pour qui "il ne faut pas avoir peur de cette destruction créatrice, on va perdre des emplois mais en recréer d’autres. "C’est le patron de Poclain Hydraulics, Laurent Bataille, qui a cité la fameuse théorie de Schumpeter sur la destruction créatrice. "Pour un syndicaliste, c’est assez désagréable à entendre, commente Bruno Azière, délégué syndical Renault. Mais c’est comme ça qu’à la fin, on obtiendra un solde net positif en termes d’emploi."

 

Les syndicats aussi doivent revoir leur modèle

 

Les propos de Geoffroy Roux de Bézieux à L’Usine Digitale, critiquant le manque d’engagement des syndicats en faveur du numérique, se sont invités dans les débats. Gabriel Artero, largement réélu à la tête de la fédé des métallos CFE-CGC avec 94,5% des voix, a appelé les participants à dédier leurs tweets au vice-président du Medef. Ses oreilles (numériques) ont dû siffler pendant quelques jours...

"Il est vrai que tous les adhérents CFE-CGC de la métallurgie ne sont pas prêts à prendre ce virage, qui leur fait peur", reconnaît pourtant Jean-Claude, salarié d’un équipementier de l’automobile. Une syndicaliste senior l’a demandé au moment des questions-réponses : "Qu’a-t-on prévu pour ne pas exclure les seniors de cette révolution numérique ? Qui va les aider ?" Dans la fédération métallurgie de la CFE-CGC, les cadres représentent 55% des adhérents, les techniciens et agents de maîtrise, 45%.

 

"Les syndicats aussi doivent accepter de détruire leur modèle pour en reconstruire un nouveau, ajoute Bruno Azière. Les jeunes veulent du collaboratif plutôt que du collectif. Pour des syndicalistes qui ont toujours défendu les approches collectives, c’est dur." Mais le renouvellement de la base militante, tous y pensent, ici. La moyenne d’âge est effectivement relativement élevée, dans les rangs. Les syndicats de la métallurgie, comme leur branche, ont besoin d’une relève.

 

Xavier Le Coq, délégué national à l’industrie pour la CFE-CGC, assume la tonalité prise par les débats : "C’est le rôle d’un congrès d’alerter les adhérents sur les bouleversements à venir. Chacun doit en être conscient quand il négocie dans son entreprise."

 

L'industrie prépare sa reconquête de la tête de la confédération

 

Le jeune économiste Robin Rivaton, en affirmant que la France était le pays où l’on travaillait le moins, chiffres de l’OCDE à l’appui, a soulevé une bronca générale. Avant de nuancer ses propos, en reconnaissant que les cadres, eux, travaillaient beaucoup. "Il n’y avait pas de quoi s’énerver, il suffit de regarder les statistiques de près, de les analyser, pour pouvoir les nuancer", tempère Philippe.

 

Présente jeudi 11 juin, Carole Couvert, présidente de la CFE-CGC, a été poliment reçue. Sans plus. Parce que dans les travées, on ne parle pas que numérisation de l’économie. Dans moins d’un an, en juin 2016, la présidence de la confédération sera remise en jeu. L’élection de Carole Couvert en 2013 avait été suivie d’une éviction de toutes les fédérations industrielles du bureau national, et avait suscité la colère de Gabriel Artero. Depuis, l’idée d’une fusion, ou au moins d’un rapprochement, entre les différentes fédérations industrielles fait son chemin. Et la fédération de la métallurgie a l’intention de se faire entendre dans l’année qui vient pour être plus présente que jamais dans un an.

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* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

1 commentaire

TAUPIN
13/06/2015 13h04 - TAUPIN

CFE-CGC Aéronautique Espace Défense et Secrétaire Générale CFE-CGC de l'Union Départementale du Cher : Oui, je suis la Senior qui a été agacée par les propos de Robin Rivaton, et je fatigue à voir autour de moi, nombre de personnes lâchées sur le carreau, angoissées,( burn out), se sentant dépassés sous prétexte qu'ils ne twittent pas, ne jouent pas à Sandacrush pendant les réunions. Révoltée de voir ceux qui sont connectés aux autres mais pas à vous, et laissent l'essentiel parce qu'ils pensent que le NUMERIQUE VA REFLECHIR POUR EUX ! Oui, Gabriel a eu raison d'avoir le courage d'aborder des sujets, de nous secouer, de nous interpeller. Mais, militants sur le terrain CFE-CGC, C’est tous les jours que nous devons réconforter, aider, accompagner des salariés qui décrochent ! Et NOUS devons dénoncer la solution trouvée pour mettre fin aux situations de décrochage : le licenciement pour inaptitude ! Inaptitude, un mot qui fait peur, INAPTITUDE !

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