Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

La Chine interdit Cisco, Citrix et McAfee pour ses services souverains

Depuis les révélations du programme de cyberespionnage de la NSA, la Chine tente de se libérer des équipements numériques étrangers dans ses services souverains, avec l’objectif de les remplacer par des alternatives locales d’ici 2020. Une politique qui affecte des acteurs américains comme Cisco, Citrix ou encore IBM.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

La Chine interdit Cisco, Citrix et McAfee pour ses services souverains
La Chine interdit Cisco, Citrix et McAfee pour ses services souverains © Wikimedia Commons

La Chine durcit sa politique d’achat d’équipements numériques étrangers. Le gouvernement vient de réduire d’un tiers la liste des équipements autorisés dans ses services souverains, comme les banques, les entreprises publiques, les administrations, la défense ou encore les agences gouvernementales. Certaines entreprises américaines en sont carrément exclues. C’est le cas de Cisco Systems. En 2012, l’équipementier des réseaux avait 60 produits dans la liste d’agrément. Désormais, il n’en a plus aucun. Même situation pour Citrix, fournisseur de solutions de virtualisation de serveurs et postes de travail, ou encore de McAfee, éditeur de logiciels de sécurité informatique.

100 % d’alternatives locales à partir de 2020

C’est la conséquence du programme Prism de cyberespionnage de la NSA, l’agence nationale américaine de sécurité. Depuis la révélation du scandale par le lanceur d’alerte Edward Snowden en 2013, les entreprises américaines du numérique sont en difficultés sur le marché chinois. Sur le troisième trimestre 2013, IBM a vu ses ventes de matériels plonger de 40 % en Chine. Si la baisse a ensuite ralenti, elle reste importante : -20 % pour l’ensemble de ses revenus dans le pays au quatrième trimestre 2014.

Et les perspectives s’annoncent encore plus moroses pour les entreprises yankees puisque le gouvernement chinois veut supprimer complètement les équipements étrangers de ses services souverains d’ici 2020 au profit d’alternatives locales.

Mais pour IBM, pas question de renoncer à l’énorme eldorado chinois. D’autant qu’il fait face à une érosion sans fin de ses revenus depuis trois ans. En 2014, son chiffre d’affaires a reculé de 6 % à 92,8 milliards de dollars. Ses revenus en Chine ne sont pas connus. Mais l’Empire du Milieu constitue son principal débouché en Asie-Pacifique, qui représente environ 22 % de son chiffre d’affaires global.

Aussi visé, IBM lance une opération de charme

Pour la PDG Ginni Rometty, il devient urgent de réparer les dégâts causés par les agissements de la NSA. Elle a profité de sa présence au China Development Forum, qui s’est tenu à Pékin du 21 au 23 mars 2015, pour se livrer à une opération de charme envers les autorités chinoises. Objectif ? Regagner leur confiance en présentant son groupe, non plus comme un fournisseur de matériels, logiciels et services, mais comme un partenaire dans leur projet d’atteindre l’indépendance technologique dans le numérique. Et en signe de bonne volonté, elle se tient ouverte au partage de ses secrets et technologies avec les acteurs locaux.

Contrairement à Cisco ou Citrix, IBM dispose de nombreux atouts en Chine. À commencer par son partenariat privilégié avec Lenovo, le premier constructeur informatique chinois, à qui il a vendu ses PC puis récemment ses serveurs X86. Big Blue travaille également avec Suzhou PowerCore Technology Co, qu’il aide à fabriquer une version de son processeur Power8 pour supercalculateurs et serveurs à hautes performances. Il collabore aussi avec le constructeur de serveurs Inspur dans les bases de données au risque de cannibaliser ses propres serveurs. Autant de cartes qui jouent en sa faveur mais qui ne pourront que limiter la casse.

Ridha Loukil

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale