Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

La Cour des comptes plaide pour une accélération de la dématérialisation des prescriptions médicales

Dans un nouveau rapport sur le financement de la sécurité sociale, la Cour des comptes recommande d'étendre le champ de l'obligation de dématérialisation des prescriptions de tous actes, biens et produits de santé. L'objectif est d'affiner les connaissances sur la posologie des médicaments, la durée des traitements et des arrêts afin de réduire les dépenses et les risques de fraudes.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

La Cour des comptes plaide pour une accélération de la dématérialisation des prescriptions médicales
La Cour des comptes plaide pour une accélération de la dématérialisation des prescriptions médicales © Derek Pinson/Unsplash

La France accuse d'un retard de 5 à 10 ans par rapport à la plupart de ses voisins européens dans la dématérialisation des prescriptions médicales, alerte la Cour des comptes dans son rapport sur l’application des lois de financement de la sécurité sociale publié début octobre 2021.

Réduit les dépenses et la fraude
Il est donc temps d'accélérer les choses car la dématérialisation des prescriptions médicales améliore la prise en charge sanitaire des patients, réduit les dépenses de santé et le risque d'erreurs et de fraudes au détriment de l'Assurance maladie, d'après la Cour des comptes. 

La bonne nouvelle est que le législateur s'est déjà emparé du sujet. Ainsi, à la fin 2021, il est attendu des médecins qu'ils dématérialisent l'ensemble des prescriptions d'arrêts de travail et d'ici fin 2024, des autres prescriptions exécutées en ville. Sont concernés les examens par un médecin spécialiste, les actes d’auxiliaires médicaux et de biologie médicale, ainsi que les prescriptions de médicaments et de dispositifs médicaux. Ces changement s'inscrivent dans le programme "le virage du numérique en santé", l'un des volets du plan gouvernemental "Ma Santé 2022", présenté à l'automne 2018. 


Ces prescriptions dématérialisées vont alimenter le dossier médical partagé (DMP) ainsi que le dossier pharmaceutique du patient (DP). La consultation par les médecins de ces dispositifs avant de nouvelles prescriptions favorisera la cohérence du parcours de soin et la réduction des risques d'interactions médicamenteuses. A noter que les deux dossiers doivent être intégrés dès 2022 dans "Mon espace santé", un espace numérique individuel permettant à chaque administré de stocker et de partager ses données de santé. 

Un trésor de données
Comme le note la Cour des comptes, la dématérialisation des prescriptions fournira de précieuses données à l'Assurance maladie dont elle ne dispose pas à ce jour. Concernant les médicaments, cela permet de récupérer des informations sur la posologie et la durée des traitements. S'agissant des arrêts de travail, l'Assurance maladie pourra mieux appréhender les motifs. 

La mise en oeuvre pratique de la dématérialisation est encore trop floue, regrette la Cour des comptes. Ainsi, un calendrier de mise en oeuvre de la dématérialisation de chaque type de prescription "serait utile pour orienter et informer les différents acteurs sur les échéances à venir". 

Sur les échéances déjà fixées, l'autorité française est plutôt pessimiste. La dématérialisation des arrêts de travail doit être totale d'ici fin 2021. Ce qui est loin d'être le cas actuellement. Pour les autres prescriptions, l'échéance de fin 2024 pourrait encore être atteinte mais "sur un mode dégradé". 

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.