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La Cour européenne des droits de l'homme cible d'une cyberattaque à la suite d'une décision condamnant la Turquie

Des hackers s'en sont pris au site web de la Cour de justice des droits de l'homme, le rendant indisponible pendant plusieurs heures. La juridiction strasbourgeoise, gardienne des libertés au niveau européenne, accuse la Turquie d'être derrière cet incident. En effet, Ankara a été condamné quelques heures auparavant pour la détention arbitraire de Selahattin Demirtas, un opposant politique au régime en place.
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La Cour européenne des droits de l'homme cible d'une cyberattaque à la suite d'une décision condamnant la Turquie
La Cour européenne des droits de l'homme cible d'une cyberattaque à la suite d'une décision condamnant la Turquie © Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères

La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), chargée de veiller au respect de la Convention européenne des droits de l'homme, a été victime d'une cyberattaque "de grande ampleur". Durant plusieurs heures, son site web a été temporairement indisponible. Depuis, les choses semblent être revenues à la normale.

Une condamnation à l'origine de l'incident
La juridiction du Conseil de l'Europe, située à Strasbourg, suggère que cet incident de sécurité est lié à l'arrêt solennel rendu le mardi 22 décembre condamnant la Turquie. Dans sa décision, les juges ont constaté "plusieurs violations" à la Convention, notamment le droit à la "liberté d'expression" et la "liberté et à la sûreté". 

Etait visée la détention depuis 2016 du leader pro-kurde, et ancien candidat à la présidentielle turque, Selahattin Demirtas. Sa libération immédiate a été exigée par les juges européens.

La détention arbitraire d'un pro-kurde
Il s'agissait donc d'une affaire particulièrement délicate. Pour rappel, Selahattin Demirtas est détenu depuis son arrestation en novembre 2016 quelques mois après la tentative de coup d'Etat, commanditée par le "Conseil de la paix dans le pays", une faction des Forces armées turques. Accusé de terrorisme par Ankara, il risque jusqu'à 142 ans de prison s'il est reconnu coupable lors de son procès, qui n'a pas encore eu lieu.

L'actuel président Recep Tayyip Erdogan a d'ailleurs violemment condamné le verdict de la Cour. "C'est une décision entièrement politique. (...) Demander la libération de celui qui est responsable de la mort de 39 de nos concitoyens relève d'une politique de deux poids deux mesures, c'est de l'hypocrisie", a-t-il déclaré.

Un incident inquiétant
Si les accusations à l'encontre de la Turquie s'avèrent vraies, cette attaque informatique pourrait être inquiétante. Elle montre le haut degré de réactivité des hackers turcs, mais également le faible niveau de sécurité du site de cette juridiction, qui tranche pourtant régulièrement des affaires délicates.

Il y a quelques mois, des pirates s'en sont pris au Tribunal de Paris via l'envoi de faux emails à plusieurs avocats et magistrats dont certains étaient associés à des affaires très sensibles. La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), le chef de file du renseignement français, mène actuellement une enquête.

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