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"La data, ce n’est pas notre sujet, nous sommes dans le pilotage des objets connectés", affirme le patron de Delta Dore

Delta Dore dévoile l’acquisition d’une start-up lilloise de la domotique, Lifedomus, réalisée en fin d’année dernière. Marcel Torrents, président du directoire de l’ETI bretonne spécialiste du pilotage des équipements, explique à L’Usine Digitale ce qui a motivé cette acquisition à plus de 10 millions d’euros. Il détaille sa stratégie pour surfer sur la vague des objets connectés.
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La data, ce n’est pas notre sujet, nous sommes dans le pilotage des objets connectés, affirme le patron de Delta Dore
"La data, ce n’est pas notre sujet, nous sommes dans le pilotage des objets connectés", affirme le patron de Delta Dore © Delta Dore

L'Usine Digitale - Qu’est-ce qui vous a incité à acquérir la start-up Lifedomus ?

Marcel Torrents - Lifedomus a développé un outil de pilotage des équipements de la maison, axé sur le son et l’image, très intéressant car très différencié. D’une part, le logiciel de Lifedomus est le champion de l’interopérabilité : il a la capacité de gérer 230 protocoles de communication. C’est un point clé pour mettre le maximum d’équipements de la maison en interaction et créer de la valeur d’usage. D’autre part, l’interface mise au point par Lifedomus est particulièrement innovante. Elle est fondée sur la réalité augmentée. On ne trouve pas d’équivalent sur le marché.

Comment l’avez-vous intégrée à Delta Dore ?

Nous avons intégré Lifedomus en 2014. Nous avons doublé ses effectifs, à une petite quinzaine de personnes, en renforçant les parties techniques et commerciales. Nous bâtissons une quatrième "business unit" autour de Lifedomus et de sa spécialité : le son et l’image haut-de-gamme. Nous comptons dessus pour accélérer notre développement à l’international, qui pèse déjà 25% de notre chiffre d’affaires, car les standards du Home Cinema sont mondiaux. Lifedomus nous ouvre par ailleurs un nouveau canal de distribution : les intégrateurs son et image, qui ont en général besoin d’un complément de domotique pour gérer la lumière et les ouvrants afin de maîtriser l’ambiance d’une pièce de Home Cinéma.

Les technologies de Lifedomus vont-elles irriguer vos autres activités ?

Nous allons intégrer les technologies de Lifedomus dans nos solutions. En particulier, la gestion multi-protocoles va nous permettre d’avoir les solutions domotiques les plus ouvertes du marché. On continue de protéger notre écosystème fondé sur notre technologie propriétaire de communication issue de 28 ans d’expérience dans le pilotage à distance des équipements. En parallèle, nous nous ouvrons toujours plus sur tous les objets connectés de la maison.

Comment tirez-vous partie de la déferlante des objets connectés ?

Cette vague nous est très favorable. Les start-up et les géants de l’informatique et des télécoms qui s’intéressent à la domotique touchent le grand public et révèlent ce marché. Il est en train de grandir et nous utilisons notre savoir-faire historique pour en profiter. Prenez les micromodules, ces petits appareils à ajouter à un interrupteur pour le rendre communicant. Nous n’en fabriquions pas il y a cinq ans, nous en vendons aujourd’hui pour plusieurs millions d’euros. Nous nous sommes aussi lancés dans les box domotiques. Dans cinq ans, ces équipements devraient aussi peser sur nos ventes.

Votre stratégie est-elle modifiée par l’accélération du numérique ?

Nous nous adaptons à l’accélération du numérique mais nous restons sur notre ligne. Notre stratégie, c’est d’être dans le pilotage de tous les objets connectés de la maison. Nous ne cédons pas aux sirènes de la data. Je sais bien que je suis à contre-courant, mais la data, ce n’est pas notre sujet. D’une part par réalisme : en tant qu’ETI, nous n’avons pas les moyens d’exploiter les données. D’autre part, notre philosophie est de laisser les données à la maison. Nous ne voulons pas collecter les données à l’insu des utilisateurs. Nous pensons qu’il faut laisser la valeur des data à celui qui les génère. Nous sommes une ETI qui apporte de la valeur d’usage, des services, par le pilotage des objets.

Propos recueillis par Manuel Moragues

 
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