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La dématérialisation des factures : un levier de performance sous-estimé pour les PME-TPE

Dans ses relations avec les entreprises, le ministère de l'Economie et des Finances pousse avec la même constance à la dématérialisation des échanges, qu'il s'agisse d'impôt, de TVA ou de comptabilité : place au numérique ! A la clé, des économies de traitement, des rentrées de fonds plus rapides et des contrôles facilités par croisement de données.

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La dématérialisation des factures : un levier de performance sous-estimé pour les PME-TPE
La dématérialisation des factures : un levier de performance sous-estimé pour les PME-TPE © DR

En 2050, le fait ne sera plus relevé car le papier sera devenu marginal dans les échanges entre les citoyens et l'administration. Mais en 2013, il en va autrement. Au grand émoi du citoyen, le traditionnel avis d'imposition que l'on trouve en rentrant de vacances semblait avoir déserté bon nombre de boîtes aux lettres début septembre. Grève de la Poste ? Pause fiscale ?

Rien de tout cela. Bercy, dans sa marche forcée vers la dématérialisation des échanges avec les contribuables a lancé une nouvelle fonctionnalité dans le cadre de la télédéclaration, qui lui permet d'envoyer automatiquement un avis d'impôt numérisé via Internet.

Fin du papier. Il fallait décocher une case pour recevoir un courrier postal. Les avis attendaient donc sagement les contribuables sur leur compte personnel en ligne. Cette petite partie de cache-cache montre bien que nombre des 13,5 millions de foyers fiscaux sont à mi-chemin en matière de dématérialisation et que les mentalités doivent encore évoluer.

Moins de 10 % des factures échangées en France entre entreprises envoyées électroniquement

Ce qui est vrai des particuliers l'est tout autant pour les entrepreneurs. Dans ses relations avec les entreprises, Bercy pousse avec la même constance à la dématérialisation des échanges, qu'il s'agisse d'impôt, de TVA ou de comptabilité : place au numérique ! A la clé, des économies de traitement, des rentrées de fonds plus rapides et... des contrôles facilités par croisement de données.

Pourtant, malgré cette puissante incitation, les entreprises n'ont guère évolué dans leur manière d'échanger entre elles. Moins de 10% des deux milliards de factures échangées en France entre entreprises sont envoyées électroniquement. Pourquoi une évolution aussi lente pour un document de base telle que la facture ?

Tout d’abord parce que la dématérialisation est liée à l’équipement des entreprises en progiciel de gestion, et à la capacité du système informatique à s'interfacer avec des plateformes d'échange en ligne. Mais surtout, parce qu’en modifiant les procédures de saisie, de stockage ou d’échange, la dématérialisation modifie les habitudes. Or, il faut du temps pour faire évoluer les mentalités. Dans les entreprises, ces repères sont les habitudes d'exécution de tâches parfois ancrées depuis plusieurs décennies. Le papier a pour lui l'ancienneté et une apparente simplicité. L'informatique de gestion n’est, elle, entrée qu’il y a trente ans dans les PME et de nombreuses entreprises ne sont actuellement équipées que du minimum nécessaire.

28 % des PME évoluant dans le BtoB émettent déjà des factures électroniques

Pourtant, la dématérialisation propose des solutions efficaces et rapides pour améliorer la performance des PME et des TPE. Par exemple, en améliorant la traçabilité, la facture électronique permet d’optimiser la relation client-fournisseur et le respect des délais de
paiement, ce qui a un effet direct sur la trésorerie. La maîtrise de cette information lui permet d’offrir une meilleure visibilité à son banquier et de négocier des taux de financement de créance dans des conditions plus favorables.

Or, actuellement, 28% des PME évoluant dans le BtoB émettent déjà des factures électroniques, 83% utilisent un PDF et 5% l’EDI (selon le baromètre "Les PME et la facture électronique" établi par Sage en 2013). C’est encourageant et je suis donc persuadé que le contexte actuel va favoriser son développement. Mais comment l’accélérer ? La facturation électronique ne bénéficie pas d'un standard imposé ni d'un format de document unique, comme c'est le cas pour les déclarations fiscales, sociales ou pour la mise en place du SEPA. Il faut donc que les différents opérateurs du marché s’entendent, à travers des accords d’interopérabilité, pour que les factures envoyées sous un format soient lisibles par un autre système.

La dématérialisation, un argument pour aider les PME à résister aux crises

Nous sommes donc face à un marché qui présente des effets de seuil, en deçà duquel l'entreprise ne s’équipe pas. Il revient aux donneurs d’ordre de le faire baisser. L'obligation de télédéclarer vers l'administration, la directive européenne de 2010 sur la facture
électronique et tout récemment le lancement de la charte d'interopérabilité pour que les factures soient lisibles et intégrables quel que soit le système, sont autant d'actions qui font sensiblement baisser le seuil critique et rendent la dématérialisation plus rapidement
profitable pour l'entrepreneur. Mais encore faut-il que l’action soit collective.

L’accélération de la dématérialisation est sans doute un argument décisif pour aider les PME à résister aux crises. Cette réserve de productivité est encore trop peu exploitée. A nous, acteurs économiques, éditeurs de solutions, donneurs d’ordre et Administration de leur offrir un cadre favorable à l’amélioration de leur gestion et à leur croissance.

Antoine Henry, directeur général de Sage en France

 
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