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La division véhicule autonome d'Uber reste au point mort malgré les milliards investis

Vu ailleurs Alors qu'Uber a consacré 2,5 milliards de dollars aux véhicules autonomes, l'entité qui leur est dédiée est l'arrêt. L'entreprise de VTC n'a pas fait de progrès significatifs depuis des années, selon un manager de cette division qui a alerté le CEO, Dara Khosrowshahi. 
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La division véhicule autonome d'Uber reste au point mort malgré les milliards investis
La division véhicule autonome d'Uber reste au point mort malgré les milliards investis © Reuters

"Comment Uber a gaspillé 2,5 milliards de dollars dans les véhicules autonomes", s'interroge The Information. Le média américain a dévoilé lundi 28 septembre 2020 un email envoyé par un manager de la division en charge de ces recherches, et qui s'inquiète du peu d'avancées réalisées par l'entreprise de VTC dans ce domaine.

Aucun progrès significatifs
"La voiture ne conduit pas bien" et "lutte sur des routes et des manœuvres simples", explique-t-il dans un email envoyé il y a près de trois semaines au CEO Dara Khosrowshahi.

Pourtant, cela fait 5 ans que l'entreprise de VTC travaille sur cette technologie de conduite autonome et débourse des sommes considérables puisque la recherche dans ce domaine est très coûteuse. Mais les résultats ne sont pas là et les développements d'Uber semblent être à l'arrêt.

Connue sous le nom d'Advanced Technologies Group, cette entité a "tout simplement échoué à progresser et réaliser des progrès significatifs depuis si longtemps qu'il faut en parler avant qu'une catastrophe n'arrive", alerte le manager. Ce dernier a émis officiellement une idée répandue chez Uber selon laquelle la division véhicule autonome est vouée à perdre cette course puisque ses rivaux ont fait bien plus de progrès, poursuit The Information.

Deux philosophies s'opposent
L'entreprise de VTC n'a ainsi pas utilisé son prototype pour transporter ses employés entre ses deux bureaux de Pittsburg, qui sont espacés d'1,5 km l'un de l'autre. Raison invoquée : l'automatisation de cette route pour un usage interne n'aiderait pas à développer un logiciel destiné à être utilisé pour un plus large éventail de routes. Autre preuve de cet échec : en 2019, les véhicules autonomes d'Uber recensaient une incident (secousse, freinage intempestif, etc.) tous les 800 mètres environ alors que l'entreprise souhaitait avoir un incident au maximum tous les 16 kilomètres.

Deux philosophies s'opposeraient au sein des équipes. Les collaborateurs issus du monde de l'aéronautique et du spatial, dont la sécurité est la priorité, contre les ingénieurs qui estiment que la recherche n'avance pas assez vite. Certains aimeraient même revenir au mode de fonctionnement d'avant l'accident mortel de mars 2018, qui a conduit l'entreprise à stopper brutalement tous ses essais sur routes ouvertes.

Uber prudent depuis l'accident mortel
Sous le coup d'une enquête de la National Transport Safety Board (NTSB) qui cherchait à établir les causes l'accident mortel, Uber a été critiqué à plusieurs reprises. La NTSB lui reprochant son laxisme et sa "culture inadéquate de la sécurité". Des points sur lesquels l'entreprise a essayé de s'améliorer tout en tentant de redorer son image auprès du grand public.

Avant de reprendre des essais sur route, Uber a amplement communiqué sur la façon dont se déroulent de telles expérimentations et la nécessité de cartographier les zones concernées et collecter des informations sur la façon dont conduisent les habitants. L'entreprise qui a repéré des routes pour faire circuler ses véhicules autonomes à Pittsburgh, Washington DC ou encore San Francisco. Elle a obtenu certaines autorisations, mais les essais ne semblent pas avancer.

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