"La faillite de MtGox est la meilleure chose qui pouvait arriver au bitcoin", selon Eric Larchevêque

Au coeur de l'actualité avec la faillite de plusieurs plates-formes d'échange, le bitcoin reste une technologie floue et une monnaie virtuelle synonyme d'insécurité. Eric Larchevêque, fondateur de la start-up Epic Dream (Prixing, Flink...), croit en ce moyen de paiement révolutionnaire. Avec l'inauguration de la Maison du bitcoin à Paris, il voit déjà ses multiples applications dans l'économie du partage, avec des opportunités sans précédent pour les start-up françaises.

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L’Usine Nouvelle - Comment analysez-vous les défaillances en chaîne de plusieurs plates-formes d’échange de bitcoins, et notamment celle de la principale plate-forme MtGox ?

Eric Larchevêque - Je dis "enfin" ! La faillite de MtGox est la meilleure chose qui pouvait arriver au bitcoin. C’était un mal nécessaire, anticipé depuis plusieurs mois par la communauté bitcoin. Les investisseurs ont été attirés par le profit et la spéculation offerte par ce service et le fait qu’il rémunérait mieux que d’autres. Avec sa faillite, une nouvelle époque s’ouvre où les services autour du bitcoin vont enfin être gérés par des entreprises agréées. Il faut que l’écosystème bitcoin se professionnalise et regagne sa crédibilité.

Dans quelques semaines, vous allez inaugurer la Maison du Bitcoin, à Paris. Quel est l’objectif d’une telle initiative ?

Le projet est totalement privé et a un double objectif : faire de l’évangélisation et de l’information sur le bitcoin auprès du grand public, et se positionner comme un incubateur de start-up pour accélérer le développement d’un écosystème professionnel autour du bitcoin. Il va s’agir d’un endroit pour accompagner les porteurs de projets, délivrer des conseils sur la gestion des wallets (portefeuilles électroniques), la sécurisation des bitcoins.

Qu’est-ce que représente le bitcoin pour vous, et, surtout, faut-il le réguler comme les autres monnaies ?

Le bitcoin ne m’intéresse pas qu'en tant que monnaie. La technologie derrière a, selon moi, la possibilité d’engendrer une révolution industrielle aussi importante qu’Internet en 1994-1995 en permettant le développement de nouveaux services innovants. En tant que moyen de paiement, il peut permettre de résoudre le problème de la confiance en supprimant les intermédiaires que sont les banques, les notaires etc. Avec le bitcoin, la confiance est décentralisée, chacun est sa propre banque et peut contractualiser avec un tiers sans intermédiaire. Il peut ainsi trouver une application intéressante dans l’économie du partage (appartement, voiture, bureau, ndlr), qui séduit de plus en plus de start-up aujourd’hui.

Sur le plan réglementaire, il est nécessaire de dessiner un cadre législatif clair sur le bitcoin, sans taxer les échanges, mais surtout de l’homogénéiser à l’échelle européenne. Les récents positionnements de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne sont positifs, car en soutien au développement des technologies bitcoin.

Propos recueillis par Elodie Vallerey

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