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"La filière du véhicule autonome, c’est nous !", affirme le PDG de Valeo

Invité de L’Usine Nouvelle lors d’une matinée Automobile business club, Jacques Aschenbroich, le PDG de Valeo, a détaillé sa vision du véhicule autonome.
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La filière du véhicule autonome, c’est nous !, affirme le PDG de Valeo
"La filière du véhicule autonome, c’est nous !", affirme le PDG de Valeo © Pascal Guittet

Valeo, chef de file du véhicule autonome. C’est ainsi que s’est positionné Jacques Aschenbroich, le PDG de Valeo (12,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires), l’invité de L’Usine Nouvelle lors d’une matinée Automobile business club ce jeudi 2 avril à Paris pour exposer sa vision du véhicule autonome. "Le marché du véhicule autonome progresse de 15 % par an, et nous de 25 %. La filière du véhicule autonome, c’est nous ! Nous sommes devant les grands équipementiers que sont Bosch et Continental. Nous progressons plus vite qu’eux et nous nous associons aux meilleurs opérateurs mondiaux", a expliqué le patron de l’équipementier automobile, qui vise 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires d’ici à 2020.

L’équipementier, qui revendique ainsi une place de numéro un mondial des dispositifs d’aide à la conduite, s’est également développé depuis une quinzaine d’années dans les capteurs à ultrasons, et il est présent depuis 2007 dans les caméras de recul (le groupe compte en produire 50 millions dans les cinq prochaines années), ainsi que dans les radars. A son fournisseur de radars scanners, les Lidar, dont le PDG revendique l’exclusivité, il lance : "Préparez-vous à en produire beaucoup !".

Une centrale inertielle pour les voitures

Pour Jacques Aschenbroich, le véhicule autonome est une longue marche de technologies qui vont s’ajouter les unes aux autres : "Tous nos clients ont déjà en série des éléments de niveaux d’aide à la conduite : des capteurs de vitesse, des changements de phares automatiques, des assistants d’aide au parking... De nouvelles fonctions vont arriver par le haut-de-gamme, notamment chez les constructeurs allemands. Quant à la voiture totalement autonome, je ne sais pas vraiment d’où elle arrivera…"

Le patron de Valeo a également évoqué son partenariat avec l’équipementier aéronautique Safran : "Nous avions la conviction que nous pouvions introduire dans l’automobile les technologies de l’aéronautique, et Safran avait la même idée d’introduire des technologies de l’automobile dans l’aéronautique. Pour chaque idée, nous mettons des équipes ensemble, nous développons des concepts, et ce qui est auto c’est pour nous, ce qui est aéro, c’est pour Safran". Les deux partenaires travaillent sur des dispositifs de vision de nuit ou en condition atmosphérique difficiles. Valeo travaille également à l’application d’une centrale inertielle pour l’automobile dérivée de l’aéronautique, et qui permettrait de s’affranchir du GPS. Les deux industriels ont dévoilé un prototype la semaine dernière à Paris. 

Deux révolutions technologiques

Jacques Aschenbroich s’est également montré confiant sur l’évolution actuelle des technologies : "Il y a un changement fabuleux de l’image de l’industrie automobile", affirme-t-il. Il y a six ou sept ans, elle était considérée comme anachronique. Le rapport sur l’innovation d’Anne Lauvergeon (le rapport de la commission "Innovation 2030", ndlr) est d’un silence étourdissant sur l’auto alors qu’en matière de R&D, les évolutions sur la réduction des émissions et de nouvelles motorisations, ainsi que celles dans l’assistance et le véhicule autonome sont deux révolutions majeures qui placent l’automobile au cœur de travaux de recherche en chimie, sur les matériaux, les logiciels, l’électronique… Une explosion des recherches que nous n’avons pas connue depuis des décennies.

Patrick Déniel, avec Emmanuelle Delsol

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