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La fintech Lendix veut construire une Europe de l'épargne

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Lendix poursuit sa conquête de l'Europe. La fintech va déployer, d'ici fin 2018, sa plate-forme de prêts aux PME en Allemagne et aux Pays-Bas. Deux pays où est déjà active la pépite britannique Funding Circle. 

Lendix, le spécialiste des prêts aux PME, poursuit sa conquête de l'Europe
Les dirigeants de Lendix. De gauche à droite : Olivier Goy, Marc Sebag et Patrick de Nonneville. © Lendix

Après l'Espagne et l'Italie en 2017, Lendix va déployer sa plate-forme de prêts aux PME en Allemagne et aux Pays-Bas d'ici fin 2018. Fondée en 2015 par Olivier Goy, la fintech est parvenue à s'imposer comme le premier acteur du crowdlending en France en attribuant environ 150 millions d'euros de prêts pour le financement de plus de 300 projets.

 

11 000 investisseurs actifs et de nombreux institutionnels

La techno, un puissant actif

L'une des forces de Lendix repose sur sa réactivité. La fintech est aujourd'hui capable de donner un accord de crédit ferme en l'espace de 48h. Il lui fallait 7 jours à ses débuts. Ce gain de temps a été permis grâce aux outils d'automatisation qui permettent de créer un premier filtre et d'orienter le travail des équipes spécialistes du risque. Après le traitement logiciel, 84% des demandes de crédit sont rejetées. Seules 16% passent entre les mains des analystes. "Notre objectif est d'augmenter ce filtrage automatique grâce à l'ajout de nouvelles sources. Nous voulons créer une base de données à l'échelle européenne", avance Patrick de Nonneville. "Les données nous permettent d'aller au-delà des clichés", complète Olivier Goy. D'ici la fin de l'année, Lendix souhaite raccourcir son délai de réponse de 48h à 24h. A terme, la fintech envisage de monétiser son modèle de scoring à travers le développement de services en marque blanche ou en marque grise.

 

Lendix s'adresse aux PME de secteurs d'activité variés qui se financent habituellement grâce au système bancaire classique mais qui, par moments, sont mal servies. Les petites et moyennes entreprises ont recours à la plate-forme en ligne lorsqu'elles doivent saisir rapidement une opportunité et que les banques ne sont pas assez réactives ou lorsqu'elles doivent financer l'achat d'une machine-outil qui ne se trouve pas sur le territoire français. "Nous ne nous mettons pas en concurrence avec les banques, mais en complément. Nous faisons du 'colending'", assure Olivier Goy.

Côté prêteur, Lendix fait appel aux particuliers (30 000 investisseurs inscrits, dont 11 000 actifs) et aux investisseurs institutionnels (CNP, Bpifrance, Groupama, Matmut, Eiffel investment group, European investment fund). Grâce à cette approche, la fintech est capable de proposer des prêts allant de 30 000 à 5 millions d'euros sur des durées de 3 mois à 7 ans à travers quatre types de produits.

Aujourd'hui Lendix entend accélérer sa conquête de l'Europe occidentale. "C'est un marché qui n'a pas encore explosé car le taux de pénétration des plates-formes de crowdlending est encore très faible comparé aux autres marchés", explique Olivier Goy, chiffres à l'appui. En Europe, ce taux de pénétration n'est que de 0,2%, contre 2% au Royaume-Uni, 2,7% aux Etats-Unis et 21,4% en Chine.

 

Pouvoir prêter à une PME espagnole depuis son smartphone

Lendix en chiffres

  • 150 millions d'euros prêtés
  • 370 projets financés sur près de 64 000 projets reçus
  • 11 000 prêteurs actifs
  • Montant moyen prêté par projet : 103 euros
  • 75 collaborateurs, une centaine prévue pour la fin 2018
  • 19 millions d'euros levés en capital risque
  • Trois fonds d'investissement constitués pour un montant total de 316 millions d'euros

 

"Notre objectif est de participer à l'éclosion de ce marché en Europe. Nous voulons construire une vraie Europe de l'épargne en permettant aux investisseurs de prêter, depuis leur smartphone, à des PME qui ne se trouvent pas dans leur pays", expose l'entrepreneur. Cette dimension transfrontalière s'illustre d'ores et déjà : plus de 1000 prêteurs français ont participé au financement du premier projet espagnol proposé par Lendix.

Pour construire cette plate-forme européenne, la fintech parisienne est convaincue de l'importance d'une présence sur le terrain. Parmi ses 75 employés, 45 sont situés à Paris, 15 à Milan et 15 à Madrid. Les recrutements des CEO pour l'Allemagne et les Pays-Bas sont actuellement en cours et d'ici la fin de l'année Lendix devrait compter une centaine de collaborateurs. "Nous avons la technologie, le savoir-faire en termes de risque, la capacité d'acquérir et de traiter les données, les prêteurs. Ce qu'il nous faut désormais, c'est construire les équipes locales et s'adapter à la règlementation du pays", explique Patrick de Nonneville, directeur général de Lendix.

 

Se frotter au géant Funding Circle

En Allemagne, la question de la réglementation reste justement épineuse. "L'Allemagne constitue le plus grand marché européen mais c'est aussi là où la réglementation est la plus averse en matière de crowdfunding. Au début, les investisseurs particuliers ne pourront pas prêter sur notre plate-forme", commente Patrick de Nonneville. Situation opposée aux Pays-Bas où la réglementation est transparente mais le marché bien plus petit. Dans les deux cas, en revanche, Lendix devra faire face au poids lourd du secteur : la pépite britannique Funding Circle. Active aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne et aux Pays-Bas, la fintech a déjà prêté plus de 4 milliards d'euros à des PME depuis sa création en 2010. Plus nous sommes nombreux sur un marché, plus l'évangélisation est facile, répond la start-up parisienne. 

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