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La fintech toulousaine Morning en difficulté

La Fintech toulousaine Morning, qui vient tout juste de franchir une nouvelle étape de son développement avec le lancement de sa propre carte de paiement Mastercard, est freinée en plein élan. L'autorité de régulation bancaire vient de suspendre ses activités.
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La fintech toulousaine Morning en difficulté
La fintech toulousaine Morning en difficulté © Morning

Un vrai coup dur pour la start-up toulousaine Morning. La société, qui ambitionne ni plus ni moins de "réinventer" la banque, est stoppée net dans son développement. L’ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution), l'autorité de régulation bancaire, vient de suspendre ses activités. En cause, une non conformité du compte de cantonnement (compte bloqué pour répondre aux obligations de garanties) imposé par l'ACPR. Mais surtout, l'incertitude qui plane sur l'équilibre financier de la société.
 

Un différend avec la MAIF ?

Pour Eric Charpentier, fondateur et président de Morning, ce point technique ne serait pas le cœur du problème. Le patron de la start-up met en cause un différend avec son actionnaire principal, la MAIF, qui détient à ce jour 38% du capital. La fintech est actuellement en pleine levée de fonds. Elle prévoit une introduction en bourse pour 2017, mais d'ici là, comptait sur ses actionnaires historiques pour faire une nouvelle mise au pot. Dans ce contexte de fragilité financière, une procédure ad hoc a également été initiée auprès du tribunal de commerce. Pour Eric Charpentier, l'objectif de la MAIF serait de lui faire accepter l'entrée d'une banque au capital de la société. Pas question ! Dans un communiqué, le président de la startup s'explique : "Notre investisseur principal, la MAIF, nous annonce qu’il conditionne son action d’accompagnement du projet à l’entrée d’un nouvel investisseur. Dans un délai aussi court, la MAIF nous oriente clairement vers l’introduction d’une banque historique au capital. Ce qui reviendrait à tuer le projet d’indépendance de Morning...".

De son côté, la MAIF est très claire. "Nous sommes toujours extrêmement mobilisés pour trouver une solution qui assure la pérennité de l'entreprise", assure Nicolas Siegler, directeur général adjoint de la MAIF, avant de préciser : "Nous avons déjà accompagné la start-up à hauteur de 4 millions d'euros, mais dans le cadre d'une nouvelle levée de fonds, nous ne souhaitons pas rester le premier actionnaire de l'entreprise. Cette levée de fonds nécessite l'entrée d'un nouvel investisseur significatif. Nous avons d'ailleurs des contacts avec des investisseurs potentiels".
 

La présidente de Région joue la conciliation


Reste que le temps presse. "Nous avons des investisseurs prêts à nous soutenir, mais il faut nous donner un peu de temps pour leur permettre de nous rejoindre", avance pour sa part Eric Charpentier (photo ci-contre). Et du temps, il n'en a plus trop. A court de trésorerie et sans activité, la société semble aller droit vers le dépôt de bilan. Dans ce contexte de blocage entre le jeune dirigeant et son actionnaire, la présidente du conseil régional d'Occitanie, Carole Delga, a décidé de jouer la médiation. Une réunion de crise a été programmée à la préfecture de Région, en présence du commissaire au redressement productif, pour la fin de cette semaine, vendredi 16 décembre 2016.

Créée en 2013, Morning, installée à Saint-Elix-le-Château, à 50 km au sud de Toulouse, a développé une plate-forme sécurisée permettant d’effectuer, sans frais ou commission, des paiements de personne à personne, qu’il s’agisse de rembourser un ami, créer une cagnotte collective, payer un bien ou régler un service. La mise en place ce mois-ci d'une carte de paiement Mastercard ouvrait une nouvelle étape de son développement. Avec déjà 50 emplois créés et l'ambition de doubler cet effectif dans les prochains mois, Morning tablait pour 2017 sur un chiffre d'affaires de 6 millions d'euros. A condition de trouver très vite une solution de sortie de crise. A suivre.

 
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