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La fuite de données sur les sous-marins Scorpène de DCNS serait d'origine humaine

Vu ailleurs DCNS est au cœur d'une tourmente provoquée par la fuite de 22 400 documents confidentiels sur ses sous-marins Scorpène, conçus pour l'Inde. Cette fuite, datant de 2011 et qui serait d'origine humaine, créée des remous en Australie et pourrait fragiliser la position du constructeur naval français pour l'obtention de futurs contrats.

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La fuite de données sur les sous-marins Scorpène de DCNS serait d'origine humaine
La fuite de données sur les sous-marins Scorpène de DCNS serait d'origine humaine © DCNS

Le quotidien The Australian révèle dans son édition du 24 août que le constructeur naval français DCNS a été victime d'une fuite massive de documents concernant les sous-marins Scorpène : Elle concerne 22 400 documents au total, couvrant l'intégralité des capacités du bâtiment : capteurs, systèmes de communication, signatures sonore, infrarouge et électromagnétique, systèmes de combat, capacités motrices (vitesse, profondeur de plongée), systèmes de navigation, techniques de furtivité, etc. Tout y est.

 

Une menace pour L'Inde, la Malaisie, le Chili et le Brésil

Ces sous-marins ne sont pas utilisés par la Marine française, ils ont été conçus par DCNS pour l'Inde (six bâtiments ont été commandés pour 3 milliards de dollars, dont le premier a été livré en mai), et des variations sont aussi utilisées par la Malaisie, le Chili et bientôt le Brésil (dès 2018). Si un grand quotidien national australien s'est intéressé à la question, c'est que DCNS a récemment remporté un contrat de 50 milliards de dollars pour équiper la future flotte australienne de 12 sous-marins. Le modèle n'est pas le même – il s'agit du Shortfin Barracuda, variation des Barracuda utilisés par la France – mais l'Australie peut légitimement s'inquiéter d'autres fuites qui la concerneraient directement.

 

En effet, si DCNS a remporté le contrat indien, c'est parce que ses sous-marins disposaient de meilleures capacités furtives que les autres. Or, avec cette fuite, celles-ci sont largement handicapées, car les ennemis potentiels de l'Inde (comme le Pakistan ou la Chine) savent désormais ce qu'ils doivent rechercher. De même, l'Australie a privilégié DCNS car le Shortfin Barracuda a été considéré plus furtif que ses concurrents japonais et allemands, le rendant le plus approprié pour effectuer des missions de surveillance.

 

DCNS pointé du doigt

D'après The Australian, DCNS aurait tenu à rassurer les autorités australiennes en les assurant qu'aucune fuite de données ne sera possible au sein de ce contrat, laissant entendre qu'il n'était pas responsable de la fuite des données. Cependant, le journal affirme avoir tracer la fuite, qui remonterait à 2011, à un ancien officier de la Marine français, qui travaillait à l'époque en tant que consultant pour DCNS. Les documents auraient été apportés en Asie du Sud-Est, possiblement pour aider à la négociation d'une vente, et c'est à ce moment qu'un tiers en aurait pris possession. L'hypothèse est renforcée par le fait que les documents obtenus par The Australian incluent des fichiers séparés concernant la vente de frégates au Chili et celle des Mistral à la Russie.

 

Ces faits sont un rappel cinglant que la principale cause de fuites de données est systématiquement d'origine humaine. Et ses conséquences sont une perte de crédibilité sur la scène internationale, et un affaiblissement des positions des entreprises touchées pour vendre de futurs contrats.

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