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La MIF automatise le contrôle de conformité des justificatifs des contrats d’assurance-vie

Étude de cas La Mutuelle d’Ivry-la-Fraternelle (MIF) cherchait à optimiser la vérification de l’identité de ses clients, un processus nécessaire en autre dans la lutte contre le blanchiment de capitaux. Pour cela, elle s’est dotée d'un outil conçu par Ariadnext, société rennaise spécialisée dans les solutions d’identité numérique.
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La MIF automatise le contrôle de conformité des justificatifs des contrats d’assurance-vie
La MIF automatise le contrôle de conformité des justificatifs des contrats d’assurance-vie © MIF x Ariadnext

La Mutuelle d’Ivry-la-Fraternelle (MIF) est engagée depuis plusieurs années dans un plan de réduction de ses frais généraux. Pour atteindre son objectif, elle a mis en place un certains nombres de leviers afin d’optimiser ses processus métier à travers notamment l’automatisation de son système d’information.

La mutuelle, qui est spécialisée dans la souscription d’assurance-vie, a choisi d’automatiser les contrôles de conformité des documents et pièces nécessaires à ses opérations courantes. "La réglementation nous impose de connaître nos clients", précise Philippe Lefeuvre, responsable système d’information.

Le règlement européen de LCB-FT et les obligations de KYC (Know Your Customer) visent en effet à lutter contre le blanchiment des capitaux. Et la transformation souhaitée par l’entreprise répondait à cet autre enjeu : prévenir la fraude, liée au blanchiment d’argent à l’usurpation d’identité, voire au financement du terrorisme et le risque réglementaire. Or connaître les clients, c’est être en mesure de vérifier leur identité. Or jusqu’en 2017, les pièces justificatives traitées lors de ces opérations ne faisaient l’objet d’une procédure de vérification qu’en cas de soupçon de fraude. Le contrôle est manuel.

La vérification automatisée, première étape du traitement des pièces
Pour ce faire, la MIF s’allie en 2018 les services d’Ariadnext, société fondée en 2010 à Rennes par deux anciens employés de SFR. Spécialisée dans la vérification d’identité et la création d’identité numérique, la société bretonne a mis au point un outil baptisé IDCheck.io, qui analyse la conformité de toutes les pièces justificatives. "Dans la grande majorité des fraudes, il y a une falsification des documents", explique en introduction Guillaume Despagne, dirigeant et cofondateur.

Au départ, la start-up est positionnée sur la simplification du parcours client via la digitalisation de l’entrée en relation. Autrement dit : comment simplifier l’étape consistant pour un client à scanner des documents demandés avant de s’engager. La proposition de valeur intéresse progressivement les organismes financiers, à la recherche de solutions, notamment dans le cadre de la mise en œuvre de la 5e Directive anti-blanchiment.

IDCheck.io est donc un outil basé sur des technologies d’intelligence artificielle qui permet de traiter de façon automatisée un document sur des serveurs hébergés en France, ce qui permet d'être complètement en ligne avec le RGPD. La solution qui utilise la reconnaissance optique de caractères (OCR) lit les informations et vérifie que le document est intègre en une douzaine de secondes. Des contrôles croisés (par exemple pour vérifier que le nom du document d’identité est le même que celui des autres pièces justificatives). Cette phase de vérification automatisée constitue ainsi la première étape du traitement des pièces nécessaires à tous les processus métier (adhésion, versement, rachat) et elle concerne également les formulaires papiers afin de traiter l’ensemble des assurances souscrites.


Une qualité du contrôle accru
IDCheck.io permet également de pré-remplir à partir de l’analyse textuelle et visuelle un formulaire en ligne. Pour toute pièce traitée, elle génère un rapport de conformité qui permet à la MIF de donner une réponse immédiate au client et de traiter sans délai tout problème de lisibilité ou de validité. "C’est une relation en temps réel avec le souscripteur, poursuit Guillaume Despagne. Si un document n’est pas conforme, comme une carte d’identité dont la date de validité a expiré, l’utilisateur en est informé en quelques secondes".

Par ailleurs, un utilisateur en cours de souscription qui n’aurait pas un scan de son passeport sur son disque dur peut prendre une photo et l’importer directement dans le formulaire, sans rupture dans le parcours en ligne. Une optimisation des processus "qui a un impact direct sur l’expérience client", pour Philippe Lefeuvre. Ce contrôle systématique permet ainsi de réduire les délais de traitement mais surtout d’augmenter la qualité du contrôle. Auparavant, celui-ci était manuel et plutôt sommaire dans le sens où l’œil humain ne peut détecter une falsification de document.

35 millions de documents analysés en 2020
La solution est mise à disposition via des API. L’implémentation de la solution et sa connexion aux applicatifs métiers ont pu être réalisées dans des délais extrêmement courts. Après bientôt trois ans de collaboration, la MIF envisage ainsi d’étendre le périmètre d’IDCheck.io aux contrôles liés aux rachats d’assurance-vie, qui nécessitent parfois de nouveaux justificatifs.

Parmi les pistes d’amélioration à venir, des outils de capture plus perfectionnés. "Des outils intégrés dans les frontaux sont à l’étude pour guider l’utilisateur dans la captation des éléments", précise Sébastien Lamour, Sales Executive Bank et Finance chez Ariadnext. Flou, confusion entre deux lettres, qualité de la capture photo… Les algorithmes ne parviennent pas à identifier environ 10% des documents. Ces 10% ont amener Ariadnext à développer un traitement manuel par des opérateurs humains, dans un centre dédié en Roumanie.

Ariadnext, qui emploie une centaine de personnes, travaille avec plus de 200 clients en Europe et adresse des secteurs comme les opérateurs télécoms, les organismes de crédit à la consommation, l’économie du partage, les services de police et de gendarmerie et enfin des acteurs des jeux en ligne. La société, qui se rémunère sur le nombre de transactions réalisées, est rentable et revendique 35 millions de documents analysés en 2020, en croissance de 50% chaque année.

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