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La Nouvelle République lâche IBM pour passer au cloud public d’Amazon Web Services

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Cas d'école Depuis 2014, le groupe de presse régionale NRCO mène une démarche agressive de migration vers le cloud public. D’ici fin 2017, toutes ses applications seront passées sur Amazon Web Services aux dépens d’IBM qui fournissait jusqu’ici l’infrastructure informatique de l'entreprise.

La Nouvelle République lâche IBM pour passer au cloud public d’Amazon Web Services
La Nouvelle République du Centre-Ouest a bien changé depuis 1949. © Comixtrip

Encore un client historique perdu par IBM : La Nouvelle République du Centre-Ouest (NRCO). Le groupe de presse régionale, qui publie notamment les quotidiens La Nouvelle République, Centre Presse et La République du Centre, a choisi de lâcher Big Blue pour rejoindre le cloud public d’Amazon Web Services. D’ici fin 2017, la migration aura touché toutes les applications, et il ne restera alors plus rien de l’infrastructure informatique interne fournie par IBM.

 

2 datacenters à fermer en 2017

NRCO, qui emploie 1000 personnes, dont 200 journalistes, et affiche un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros en 2015, s’appuyait jusqu’ici sur deux datacenters en propre situés à Tours. Ils sont équipés par Cisco pour les réseaux, IBM pour les serveurs, Microsoft pour les logiciels ou encore Orange pour l’interconnexion des 32 agences du groupe. Le plan de migration vers le cloud prévoit leur fermeture à la fin de 2017.

 

"C’était la grande artillerie, décrit Hugues Gendre, le directeur du système d’information. Tout était fait par IBM pour assurer la meilleure disponibilité possible. Le problème c’est qu’on ne maitrisait pas cette infrastructure, et cela coutait cher. On passait notre temps à gérer l’infrastructure alors que notre rôle est d’accompagner les métiers et de concentrer nos ressources sur le contenu, la publicité et la logistique, plutôt que sur le matériel."

 

Migration du système de gestion SAP

C’est pourquoi un plan agressif de migration vers le cloud public a été lancé à l’été 2014. NRCO aurait pu faire le choix de la continuité en optant pour une migration vers SoftLayer, le cloud public d’infrastructure d’IBM. Au lieu de cela, il a choisi la rupture en allant plutôt chez Amazon Web Services, dont le cloud public a été jugé plus simple, plus performant et plus économique.

 

Et pour démarrer la migration, NRCO n’a pas commencé par le plus simple. Au contraire, il a démarré en mars 2016 par le plus dur : le système de gestion SAP dédié aux médias. "C’est une application métier critique, utilisée par 200 personnes pour gèrer les factures et le chiffre d’affaires, note le DSI. Elle tournait sur des bases de données d’Oracle et des serveurs Power d’IBM sous le système d’exploitation AIX. Le défi a été de l’adapter pour qu’elle puisse tourner sur des serveurs virtuels sous Linux d’Amazon Web Services." Cette adaptation a été menée avec l’aide de N3XT, un intégrateur spécialisé dans l’univers applicatif de SAP.

 

Gain de performances d'un facteur 3 à 5

Selon Hugues Gendre, en passant au cloud, cette application a bénéficié d’un gain de performances d’un facteur 3 à 5. "Son utilisation se traduit par 1600 tâches tournant quotidiennement, explique-t-il. Auparavant, elles mettaient entre 6 et 8 heures pour s’exécuter. Maintenant, elles mettent moins de 2 heures en utilisant des capacités de stockage, réseaux et calcul chez Amazon Web Services, qui nous auraient coûté trop cher en interne. On n’est plus obligé d’arrêter le système SAP pendant 2 heures la nuit pour procéder à une sauvegarde des données à froid. La sauvegarde s’effectue maintenant à chaud et le système devient disponible tout le temps."

 

La deuxième application critique à prendre le chemin du cloud est le système d’information éditorial, qui gère 13 éditions quotidiennes. La migration pose ici un défi de sécurité. Car, ce système est utilisé non pas en local comme pour le système de gestion SAP, mais aussi à distance par les 32 agences et en situation de mobilité. Le coûteux réseau étendu fourni par Orange pour interconnecter ces utilisateurs est remplacé par de simples connexions internet. Et pour assurer la sécurité, la solution d’Amazon Web Services dans ce domaine a été renforcée par un dispositif de Fortinet. La bascule sur le cloud a commencé en mai 2016 et devrait s’achever en septembre 2016. Avec à la clé, une économie de 400 000 euros par an sur les coûts de réseau, hors amortissement, et 200 000 euros en tenant compte de l’investissement et du coût de maintenance.

 

Bilan économique neutre

La prochaine étage est de migrer le portail web aux 50 millions de pages vues par mois. Pour tenir compte des fluctuations importantes du trafic, il est hébergé en partie en interne et pour le reste chez trois prestataires dont Oceanet et OVH. Il est en pleine refonte avant sa migration chez Amazon Web Services d'ici fin 2016. "Nous pourrons ainsi bénéficier de l’adaptation dynamique de capacité aux variations du trafic, explique Hugues Gendre. Nous voulons aussi en récupérer la gestion et la maitrise confiées aux hébergeurs externes." Avec en prime, une économie de 30% sur les frais d’hébergement. Il restera ensuite à NRCO de transférer la centaine de petites applications dans les datacenters d’Amazon Web Services à Dublin, en Irlande, pour achever la migration.

 

Quel est le bilan économique ? "Certes, les services d’Amazon Web Services coûtent cher, confie Hugues Gendre. Mais ce coût est largement compensé par les économies sur le réseau et la maintenance de matériel. Au final, le cloud nous revient au même prix qu’avant pour des services impeccables. Libérée des contraintes de gestion des matériels, l’équipe informatique peut maintenant se consacrer au soutien des métiers."

 

Microsoft, l'autre perdant

IBM n’est pas la seule victime de cette migration vers le cloud public. Microsoft l'est aussi. Sa solution de messagerie Exchange a laissé la place à Google Apps for Work, le service de communication et collaboration en ligne du géant d’internet. La bascule a commencé à l’été 2014 et vient tout juste de s’achever. Ce cas témoigne des difficultées des vétérans de l'informatique face à la vague du cloud.

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